« Les lumières sont déjà sur le sapin de Noël », répond un acheteur du secteur des frites. Autrement dit, il ne faut pas s'attendre à trouver des pommes de terre florissantes sur le marché pour le moment. La situation reste morose. Inutile d'aller faire un tour en supermarché pour se faire une idée : les pommes de terre y sont loin d'être parfaites.
Les acheteurs du secteur de la frite sont actuellement inactifs. Ils se contentent d'acheminer quelques voitures ici et là pour relancer la production. C'est tout ce qu'il faut, d'autant plus que la production sera interrompue après la fin de la semaine prochaine.
Pour l'instant, les acheteurs néerlandais n'ont pas à se soucier des contrats d'approvisionnement en pommes de terre de la récolte 2026. Cela se fera en janvier, précisent-ils. Cette année, il y a largement le temps de profiter de vacances au ski pendant les fêtes de Noël.
Donc, rien ne se passe ? Ce n’est pas tout à fait vrai. La semaine dernière, la société française RNM a publié sa première cotation pour la Fontane de la saison. Cette cotation, de surcroît, s’élève à 30 € la tonne, soit nettement plus que les cotations pratiquées pour cette variété dans les pays voisins. Une explication fait état de plusieurs achats de produits triés de plus de 50 millimètres.
La situation est identique à celle d'ailleurs.
D'après les acheteurs, la situation en France est identique à celle du reste du monde. On constate une surproduction de pommes de terre, notamment en France. Malgré une forte augmentation des surfaces cultivées cette année, d'importantes quantités restent invendues. Ce phénomène demeure inchangé.
Néanmoins, l'indice de la pomme de terre sur le marché à terme de Leipzig a évolué. Le règlement indicatif au comptant a progressé de 20 centimes cette semaine pour atteindre 2,70 € les 100 kilos. Et ce, malgré une légère baisse des prix en Allemagne et aux Pays-Bas. Dans ces pays, l'évolution des prix en France a soudainement influencé l'indice européen des prix de la pomme de terre (IPP) cette semaine.
La contribution de la France à l'indice a augmenté cette semaine de 1,50 € pour atteindre 3,30 € les 100 kilos. La France se retrouve ainsi soudainement avec le prix le plus élevé d'Europe du Nord-Ouest. Aux Pays-Bas et en Allemagne, les prix oscillent autour de 3 € les 100 kilos cette semaine. La Belgique se situe en dernière position avec seulement 1,68 € les 100 kilos, loin derrière les autres pays.
Belgapom inchangé
Belgapom maintient le prix du fromage Fontanes franco à 1,50 € les 100 kilos ce vendredi 12 décembre. Ce prix extrêmement bas est appliqué pour la neuvième semaine consécutive par le comité belge de cotation du commerce et de la transformation. Aucune autre variation ne semble prévue avant le Nouvel An.
Reka-Rheinland ne fait guère mieux. Fontane reste également à 1,50 € les 100 kilos. Innovator a brièvement été coté à 4 € les 100 kilos en Allemagne, mais n'a pas dépassé les 3 € les 100 kilos ces dernières semaines. Agria demeure en tête avec 7 € les 100 kilos.
La qualité des produits en supermarché est déplorable.
Pour l'instant, inutile d'aller au supermarché pour trouver de bonnes pommes de terre. Dans les enseignes comme Plus et DekaMarkt, la qualité est déplorable. Sur les rayons, le vert domine, au détriment du jaune et parfois du rouge.
Les chaînes de supermarchés et les entreprises d'emballage incitent les consommateurs à privilégier le riz et les pâtes avec ces produits de piètre qualité. Ce n'est certainement pas leur intention. Ces entreprises peuvent encore dégager une marge confortable avec les pommes de terre, à condition toutefois de proposer un produit de qualité.
Surtout en cette saison où la qualité est mise en avant depuis le début de l'année. On trouve des pommes de terre de bonne qualité à des prix dérisoires, et elles devraient occuper une place de choix dans les rayons, à la place de ces hideux tubercules verts. Même les pommes de terre fourragères, pourtant abondantes, destinées à l'alimentation du bétail, sont plus appétissantes.
Avec une telle abondance de pommes de terre cette année, les conditionneurs et les supermarchés devraient saisir cette opportunité pour stimuler la consommation. Or, les produits actuellement disponibles en magasin ne font que détourner les consommateurs des pommes de terre.
Les entreprises d'emballage dont les codes figurent sur ces paquets devraient prendre des mesures. Vous voulez de bonnes pommes de terre dans votre assiette à Noël, n'est-ce pas ? Ou alors, ce sera des pâtes ?