Le groupe féculier Avebe s'est engagé auprès des producteurs à collecter toutes les pommes de terre enregistrées. Pour les pommes de terre dites « C », l'entreprise verse 1 € la tonne, hors critères de performance tels que la teneur en amidon, la qualité et le poids à vide.
Royal Avebe prolonge d'environ trois semaines la production de ses deux usines de Ter Apelkanaal et Gasselternijveen durant cette campagne. Celle-ci se terminera donc dans la seconde moitié de mars au lieu de février. La date exacte n'est pas encore connue ; elle dépendra de l'avancement des opérations. L'entreprise ne peut pas maintenir l'exploitation de ces usines plus longtemps, car cela compromettrait la maintenance nécessaire avant la prochaine campagne.
La campagne prolongée s'explique par l'abondante récolte de pommes de terre de cette année. Un démarrage précoce et des conditions de culture favorables ont permis d'obtenir des rendements élevés aux Pays-Bas. Le PDG, David Fousert, fait état de rendements exceptionnels cette année, certains producteurs récoltant jusqu'à 12 à 13 tonnes d'amidon par hectare.
Auparavant, la règle était de deux parts par hectare. « Avec les rendements de cette année, cette règle empirique n'est plus valable », explique Fousert. Les membres d'Avebe ont une obligation ou un droit de livraison de 3,8 à 5 tonnes d'amidon par part. S'ils souhaitent livrer davantage de pommes de terre, ils doivent en informer le transformateur.
Chaque année, une enquête d'automne est menée. Les producteurs peuvent y indiquer la quantité de pommes de terre qu'ils souhaitent fournir durant cette campagne. Pour les quantités supérieures à 5 tonnes d'amidon par part, l'accord d'Avebe est requis. L'entreprise, qui dispose d'une bonne utilisation des pommes de terre cette année, a donc accepté toutes les demandes.
Prix de base 110 € la tonne
Cette année, Avebe propose un prix de base de 110 € la tonne pour les pommes de terre de catégorie A. Ce prix s'applique aux pommes de terre dont la livraison est déjà prévue au printemps, avant la campagne. Les producteurs doivent ensuite indiquer la quantité d'amidon qu'ils prévoient de fournir ; celle-ci se situe entre 3,8 et 5 tonnes par part.
En fonction de leur inscription au printemps, les producteurs sont autorisés à compléter leur approvisionnement en amidon jusqu'à un maximum de 5 tonnes. Il s'agit de pommes de terre de catégorie B. Le prix de base de ces pommes de terre pour cette campagne est fixé à 30 € la tonne, hors prime de performance, mais incluant une cotisation de 5 €.
Avebe apportera des modifications à ce sujet l'année prochaine. Le seuil minimal de souscription par action passera de 3,8 à 4 tonnes d'amidon. Cette décision vise à réduire les variations d'approvisionnement en matières premières, l'entreprise ayant tout intérêt à maintenir un approvisionnement aussi stable que possible.
La prime de livraison intégrale (lorsque les 5 tonnes d'amidon sont livrées) sera également portée à 10 € la tonne. Il sera donc moins avantageux pour les producteurs de fournir moins de 5 tonnes d'amidon par part. Les producteurs de pommes de terre à double usage modulent parfois leur approvisionnement en fonction des revenus générés par d'autres circuits de distribution. Avebe, en revanche, vise un approvisionnement constant en pommes de terre.
Bien que le producteur d'amidon puisse tirer profit des pommes de terre enregistrées, le groupe n'envisage pas d'émettre de nouvelles parts. Ces dernières années, environ 10 000 parts ont été cédées à la coopérative. Les producteurs ont payé 681 € par part. Ils ont opté pour ce tarif car les pommes de terre destinées aux frites, en particulier, offraient un meilleur rendement.
Grâce aux excellents résultats de l'entreprise spécialisée dans l'amidon, qui ont entraîné une hausse significative des dividendes et une diminution du nombre d'actions en circulation, la valeur du titre Avebe a progressé. Récemment, le cours de l'action est repassé au-dessus de zéro. « C'est une bonne nouvelle. C'est agréable de voir une action prendre de la valeur », observe Fousert.
Bataille pour les hectares
Bien que la bataille pour les terres arables ait pris une tournure radicalement différente l'an dernier, la situation est restée globalement inchangée pour Avebe. Les agriculteurs sont confrontés à la faiblesse des prix des céréales et du sucre, ainsi qu'à un marché de la pomme de terre atone. Fousert explique : « Nous ne faisons pas exception à la règle. Nous mettons tout en œuvre pour garantir la meilleure rémunération possible aux producteurs d'Avebe. Chaque année, nous devons mériter notre place dans le plan de culture. Cela n'a pas changé pour nous. »
Selon le PDG de Royal Avebe, l'entreprise de féculerie est également affectée par la faiblesse du dollar et les droits d'importation aux États-Unis, un marché clé pour elle. Malgré les incertitudes du marché, il constate actuellement une demande stable pour les produits du producteur. L'objectif est de maximiser les ventes sur le segment haut de gamme.
La stratégie d'Avebe repose également sur ce principe : consolider ses bases et accélérer ses ventes sur les marchés à forte valeur ajoutée. Des succès significatifs sont enregistrés dans ce domaine. Par exemple, l'amidon de pomme de terre d'Avebe (PerfectaGEL) divise par deux le temps de séchage des gelées végétales (bonbons gélifiés), ce qui permet de réaliser d'importantes économies d'énergie. L'utilisation d'amidon (PerfectaMAR) améliore également la tenue de la structure lors du chauffage dans la transformation du poisson.
Résoudre les problèmes des clients
Grâce à l'amidon, Avebe contribue à résoudre les problèmes de ses clients. L'entreprise perçoit un fort potentiel de valorisation de l'amidon. Ceci contraste avec la vente de produits en vrac comme l'amidon natif, qui subit également une forte concurrence de la part du maïs et du tapioca.
Dans le segment d'entrée de gamme, la forte demande exerce une pression à la baisse sur les prix. Il reste à voir dans quelle mesure cette pression pourra être compensée par des prix compétitifs dans les segments supérieurs. « Heureusement, la demande est stable. Il est encore trop tôt – nous n'en sommes qu'à quatre mois de cette campagne – pour dire si l'abondance de l'offre sur le marché entraîne une baisse généralisée des prix. »