La coopérative de pommes de terre de consommation PotatoNext a informé ses producteurs de ses projets pour l'année prochaine. La coopérative réduit ses surfaces cultivées afin de mieux adapter l'offre au marché de détail. Un nouveau programme de sélection de variétés haut de gamme destinées à l'exportation sera également mis en place.
La coopérative PotatoNext a été fondée en 2023, suite à la fusion des activités de production de pommes de terre de consommation d'Agrico, de Nedato et de Leo de Kock. Elle compte environ 200 producteurs affiliés à travers les Pays-Bas. L'organisation a déjà dû faire face à plusieurs difficultés. Dès la première saison, une pénurie de pommes de terre, consécutive à des plantations exceptionnellement tardives, a contraint l'entreprise à acheter des pommes de terre à prix élevé sur le marché libre. La saison dernière, la situation était inverse : 10 % du volume est resté invendu. Cette saison s'annonce également difficile.
Compétition
Bien que le secteur des pommes de terre destinées aux frites soit le plus touché, celui des pommes de terre de consommation subit également une forte pression en raison des bonnes récoltes en Europe. Des lots sont parfois déversés sur le marché, ce qui pénalise PotatoNext. « Les détaillants font face à une concurrence accrue de la part des négociants en plants de pommes de terre, qui proposent des plants surdimensionnés, d'autres lots, et même des variétés de pommes de terre destinées aux frites non certifiées », écrit l'organisation dans une lettre à ses membres. Cette situation nuit à la qualité des produits proposés en supermarché. qualité en rayon supermarché n'est pas toujours agréable, a-t-on remarqué. Boerenbusiness PotatoNext l'a également constaté récemment. L'organisation se considère comme un défenseur, notamment d'une meilleure application de la certification PlanetProof, qui est également avantageuse pour les producteurs.
Face à cette pression, la coopérative est contrainte de réduire ses surfaces cultivées l'an prochain. Cette réduction concerne les pommes de terre vendues aux détaillants. Cette saison, la superficie totale était légèrement inférieure à 3 200 hectares. Elle sera ramenée à 2 500 hectares l'an prochain, soit une réduction de 22 %. Selon la coopérative, cette mesure permettra une meilleure gestion de la demande auprès des détaillants et des petits conditionneurs, et évitera la concurrence interne entre les variétés à chair ferme.
Pool d'exportation premium
Une nouveauté réside dans la création d'un groupement d'exportation de pommes de terre de qualité supérieure. Sa structure reste à définir, les travaux étant en cours. Ce groupement vise à faciliter la large diffusion de variétés haut de gamme, par opposition aux variétés sélectives réservées aux détaillants. Selon la coopérative, cela se traduira par une réduction significative de la part des pommes de terre à chair ferme, mais par une croissance des autres variétés. Ce groupement pourrait couvrir entre 300 et 650 hectares de pommes de terre. PotatoNext ne précise pas les variétés visées, mais Agria semble être le premier choix. De plus, cette variété donne de bons résultats dans les régions productrices où la coopérative est implantée, même si de nombreux exportateurs néerlandais sont déjà actifs sur ce marché.
La pression sur les ventes de pommes de terre de consommation n'est pas nouvelle. En dix ans, ce segment a diminué de plus de moitié aux Pays-Bas, selon PotatoNext. Fournisseur majeur d'Albert Heijn, l'entreprise bénéficie heureusement d'une clientèle solide et fidèle. Le volume de pommes de terre dans les rayons du supermarché de Zaanse s'est heureusement stabilisé. PotatoNext espère même l'augmenter l'année prochaine. L'entreprise ambitionne également de conclure des accords-cadres avec les petits conditionneurs.
Albert Heijn possède son propre programme de développement durable, « Better For ». PotatoNext collabore également avec PlanetProof. Une solution envisagée consiste à répartir le volume de pommes de terre en plusieurs lots, les pommes de terre destinées à Albert Heijn étant regroupées dans un stock distinct. Cela permettrait d'éviter la mise en place de deux systèmes de certification pour ces producteurs. Autre avantage de ce système d'exportation : la certification n'y est pas obligatoire.
Cultiver pour tous les membres
Grâce à ces mesures, la coopérative espère mieux adapter son offre de pommes de terre aux conditions du marché et générer une plus grande valeur ajoutée. La réduction des surfaces cultivées et des volumes devrait créer une demande, alors que la coopérative a connu deux saisons de surproduction. L'objectif est que tous ses membres actuels cultivent des pommes de terre d'ici 2026, indique la coopérative. Un point positif : les prix des plants de pommes de terre sont généralement légèrement inférieurs à ceux de la saison dernière. En achetant plus tard, la coopérative espère tirer davantage profit de cette situation.