La combinaison d'une bonne récolte en 2025 et d'une demande plus faible de produits à base de pommes de terre sur les marchés d'exportation signifie que les transformateurs de pommes de terre aux États-Unis et au Canada passeront à nouveau des contrats avec moins de producteurs cette année. Ces derniers doivent également s'attendre à une légère baisse des prix.
L'an dernier, aux États-Unis, la superficie cultivée en pommes de terre a diminué de 7 900 hectares pour s'établir à 366 600 hectares. Il s'agit de la plus faible superficie depuis 2010. Au Canada, en revanche, la superficie a augmenté de 3 890 hectares pour atteindre 160 200 hectares. C'est un record pour le pays, où l'expansion des installations de transformation des pommes de terre a entraîné une hausse de la demande.
Deuxième plus petite récolte
Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, mais les surfaces cultivées devraient diminuer cette année dans les deux pays, principalement en raison d'une baisse de la demande de pommes de terre par les transformateurs. Une bonne récolte l'automne dernier a permis d'obtenir une quantité importante de pommes de terre, avec des rendements à l'hectare légèrement supérieurs à la moyenne américaine. Du fait de cette réduction des surfaces cultivées, le volume total de pommes de terre récoltées a atteint son deuxième niveau le plus bas jamais enregistré, soit 2,2 % de moins qu'en 2024. Cependant, le Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA) a revu ses prévisions à la hausse en début d'année, pour atteindre 19,04 millions de tonnes. Cela représente une augmentation de 36 000 tonnes par rapport aux estimations de novembre.
Au Canada, la situation est tout à fait inverse. L'augmentation des superficies cultivées a entraîné une récolte de pommes de terre plus faible, en raison d'une baisse du rendement par hectare. Cette situation est due à la sécheresse persistante de l'été dernier.
Une rentabilité sous pression
Les producteurs de pommes de terre des deux pays subissent une baisse de leurs revenus, à l'instar de leurs homologues européens. Aux États-Unis, l'indice des revenus des producteurs (GRI), qui mesure les gains issus de la production de pommes de terre, a été divisé par deux cette saison dans l'Idaho, principal État producteur. Dans l'État de Washington, deuxième plus grand producteur, les prix ont également chuté de près de 55 %.
La situation actuelle est comparable à celle de 2010, année où les prix étaient également soumis à une forte pression. Les réductions massives des surfaces cultivées à l'époque avaient entraîné une diminution de près de 14 000 hectares, atteignant un niveau historiquement bas. Les experts anticipent un recul similaire cette année, quoique probablement moins marqué. Ils prévoient une baisse d'environ 3 % des surfaces cultivées, soit 11 000 hectares. La culture de la pomme de terre aux États-Unis atteindrait ainsi son plus bas niveau jamais enregistré.
Les prix du blé, de l'orge, du maïs, du soja et de la luzerne, entre autres cultures, sont légèrement inférieurs à ceux de l'an dernier. Les risques étant moindres qu'avec les pommes de terre, les agriculteurs disposent d'une alternative.