La contraction des surfaces cultivées en pommes de terre en France est moins marquée que prévu, malgré les pressions du marché dues aux excédents dans le secteur des frites. Les disparités régionales d'offre expliquent en partie cette situation. Pour en savoir plus sur l'évolution des surfaces cultivées en pommes de terre en France, consultez notre article.
Plusieurs acteurs de la filière pomme de terre ont plaidé pour une forte réduction des volumes en Europe du Nord-Ouest l'hiver dernier. La forte croissance des deux dernières années, conjuguée aux difficultés de vente dans le secteur des frites, a engendré un important excédent de pommes de terre destinées à la friture cette saison. Afin de rééquilibrer le marché, une réduction d'environ 15 % ou plus a été préconisée par différents acteurs.
La culture de la pomme de terre a connu une forte augmentation ces deux dernières années, notamment en France. En 2023, la superficie consacrée à la pomme de terre de consommation s'élevait à 154 000 hectares. Deux ans plus tard, elle atteignait 192 000 hectares, soit une augmentation de 38 000 hectares, ou un quart.
Première indication
Malgré les appels à une réduction drastique, la superficie cultivée semble diminuer moins fortement que prévu. Il est toutefois important de rappeler qu'il s'agit d'une première indication. L'année dernière, en avril, Agreste prévoyait une contraction de 1,4 %, alors qu'en réalité, la superficie cultivée a finalement augmenté de 20 000 hectares, soit 12,1 %.
D'après les estimations d'Agreste, la culture de la pomme de terre dans les deux principales régions productrices du nord-ouest, le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, ne recule que de 3 %. À l'extrême nord de la France, on prévoit une superficie de 61 000 hectares consacrée à la pomme de terre de consommation. En Picardie, ce chiffre s'élève à 53 600 hectares.
Agreste prévoit un recul plus marqué des surfaces cultivées en pommes de terre de consommation en Bretagne, et plus particulièrement dans les départements du Centre et de la Haute-Normandie. Une contraction d'environ 15 % est projetée dans ces régions. Au Centre, les surfaces devraient atteindre environ 14 000 hectares, et en Haute-Normandie, 12 000 hectares.
La culture de la pomme de terre féculente continue de décliner
D'après les premières estimations, la culture de la pomme de terre féculente continue de diminuer. Dans l'immédiat, Agreste vise une réduction de 3,9 % des surfaces cultivées, les ramenant à 10 377 hectares. Il y a quatre ans, cette surface s'élevait à 20 877 hectares. Ces dernières années, la culture de la pomme de terre de transformation a supplanté celle de la pomme de terre féculente.
Dans certaines régions de Haute-Normandie, la culture de la pomme de terre féculière est en pleine expansion. Une croissance de 14 % y est prévue, portant la superficie cultivée à près de 1 000 hectares. Cela ramènerait la production dans cette zone au niveau de 2022.
La pomme de terre féculière est principalement cultivée dans le nord-ouest de la France. En Picardie, une baisse de 5 % est attendue, pour atteindre 8 127 hectares. La culture est également en recul dans des proportions similaires dans le Pas-de-Calais.
Moins de betteraves à sucre
La culture de la betterave sucrière est également en recul en France. Selon les estimations d'Agreste, elle atteint une superficie de 379 124 hectares, soit 4,6 % de moins que l'an dernier et 5 % de moins que la moyenne quinquennale.