Le secteur de la pomme de terre présente un tableau contrasté en raison de la diversité des choix de superficies cultivées et des stratégies contractuelles. Une contraction du marché demeure incertaine, tandis que l'offre et la demande cherchent à s'équilibrer. Pour en savoir plus sur l'évolution des superficies cultivées en pommes de terre, consultez notre article.
Dans le sud du pays et en Drenthe, des rumeurs circulent selon lesquelles plusieurs grands producteurs de pommes de terre réduisent drastiquement leurs surfaces cultivées. Dans certains cas, cela concerne des centaines d'hectares. Au final, ça représente un sacré impact. Un grand nombre de petites exploitations ont également décidé de réduire leurs surfaces cultivées.
Néanmoins, de nombreuses entreprises réduisent peu ou pas leurs surfaces cultivées. Elles ont investi massivement et souhaitent maintenir la culture sur leurs exploitations faute d'alternatives. De plus, les plants de pommes de terre sont peu coûteux et, ces dernières années, des efforts accrus ont été déployés pour leur propre production. Ces fortes disparités entre entreprises rendent particulièrement difficile l'évaluation précise de l'ampleur réelle de la réduction des surfaces cultivées.
Plus de céréales semées
Les signaux envoyés par les agriculteurs et les fournisseurs indiquent une augmentation des semis de blé et d'orge de printemps cette année. De plus, on s'attend à ce que les éleveurs qui ont cessé leur activité pour se consacrer à la culture de pommes de terre l'an dernier se tournent vers le maïs cette année. Face à la diminution du cheptel, le choix de variétés à double usage est fréquent, permettant ainsi la production potentielle de maïs en poudre.
Les transformateurs de pommes de terre ont considérablement réduit leur part de marché, initialement fixée par des prix fixes. Toutefois, cela ne signifie pas nécessairement que la superficie cultivée a fortement diminué. Cette réduction est principalement due à la fixation de prix fixes pour une quantité de pommes de terre inférieure à la quantité achetée par hectare.
Réductions contractuelles dans les contrats à prix fixe
Si un producteur peut désormais garantir 25 tonnes par hectare à prix fixe au lieu de 30, cela représente une réduction de 17 % sur le contrat à prix fixe. Cela ne signifie pas pour autant que le producteur récoltera moins de pommes de terre sur ces hectares. Le rendement dépendra principalement de la saison de culture.
Le début de la saison 2026 est certes un peu plus tardif que l'an dernier, mais pas suffisamment pour que l'on puisse s'attendre à une baisse significative des récoltes. La sécheresse actuelle ne devrait pas entraîner d'importantes précipitations dans l'immédiat. La croissance en août et septembre sera néanmoins le principal facteur déterminant du rendement.
La question demeure donc de savoir si la réduction des surfaces cultivées est suffisante pour atteindre la réduction de superficie souhaitée. Et il est difficile d'y répondre pour le moment. Les premières statistiques françaises ne sont guère encourageantes. L'agence statistique Agreste, rattachée au ministère français de l'Agriculture, prévoit provisoirement une baisse de 5,2 % pour atteindre 182 151 hectares de pommes de terre de consommation (hors pommes de terre primeur).
Contraction souhaitée de 15 pour cent
Il s'agit d'un repli, mais bien moindre que celui espéré. Pour un meilleur équilibre du marché, une contraction d'environ 15 % serait souhaitable. L'estimation initiale en France reste très éloignée de ce seuil.
Cependant, le signal en provenance de France peut également être interprété positivement. Il y a un an, dans une première estimation, Agreste tablait encore sur un recul de 1,4 %. Or, il s'est avéré par la suite que les surfaces cultivées avaient en réalité fortement progressé : de 12 %, soit une augmentation de 20 760 hectares pour atteindre une superficie record de 192 099 hectares. Si les chiffres sont ajustés dans les mêmes proportions cette année, le repli souhaité pourrait encore se concrétiser.
Cependant, cette probabilité reste faible. Certains transformateurs anticipent une contraction supérieure à 5 % en France. Une baisse plus importante est également prévue dans l'ensemble de l'UE-4. Toutefois, il est peu probable qu'elle dépasse 10 %. L'augmentation de l'offre nationale de semences et les prix très bas des aliments pour animaux achetés confortent l'idée que la contraction dans l'UE-4 ne devrait pas excéder 5 %.