L'arrêt de la production et un surplus de plants de pommes de terre illustrent l'impact des difficultés de vente sur la chaîne d'approvisionnement. Le fabricant de frites Clarebout suspend sa production pendant une semaine et demie à Nieuwkerke. Pour en savoir plus sur les conséquences de cette crise sur le marché des plants de pommes de terre et la transformation des pommes de terre, consultez notre article.
Belgapom, l'association belge des négociants et transformateurs de pommes de terre, annonce aujourd'hui l'absence de cotation en raison du manque de transactions. Cette annonce fait suite à la fermeture par Clarebout de son usine principale de Nieuwkerke. fermeture pendant une semaine et demieDe plus, Lutosa (McCain) a annulé un quart de travail de fin de semaine en raison d'une production plus faible.
Aux Pays-Bas, les usines de frites ont également connu des arrêts plus fréquents et plus longs cette saison, la production ayant largement dépassé les capacités de vente. Les fabricants ont parfois racheté des contrats, disposant de stocks plus que suffisants pour les ajustements apportés aux lignes de production.
Un arrêt temporaire de la production est en vigueur depuis mercredi sur le site de Nieuwkerke, confirme Raphaël Tassart, porte-parole du groupe Clarebout. Selon le planning, cette interruption durera une semaine et demie. « Il s'agit d'un ajustement opérationnel à court terme dû aux récentes fluctuations du marché et aux tensions sur la chaîne d'approvisionnement. »
Tassart souligne que cette mesure n'a aucune incidence sur le fonctionnement de la succursale de Nieuwkerke. Le personnel de production a été mis en congé technique pour une semaine et demie ; les employés de bureau ne sont pas concernés. Selon lui, les clients peuvent compter sur la continuité des ventes.
Aucune autre mesure prévue
Le fabricant de frites souhaite reprendre sa production normale au plus vite. Cette mesure concerne uniquement l'usine de Nieuwkerke. Tassart précise qu'il s'agit d'une procédure standard de suivi continu de l'évolution du marché sur tous les sites. « Nous n'avons pas prévu de mesures similaires ailleurs. »
Les salariés concernés relèvent du dispositif belge de chômage partiel. « C’est la preuve que les salariés subissent aussi les pertes lorsqu’une entreprise ou un secteur est en difficulté. Dans ce contexte, notre demande (fin de l’année dernière) à l’ancien propriétaire de partager une part plus importante des bénéfices avec les salariés n’avait rien d’inhabituel », rétorque le syndicaliste Decock.
Le syndicat ACV indique que les transformateurs de pommes de terre rencontrent des difficultés en raison de la concurrence accrue des pays asiatiques et de la hausse des prix de l'énergie. « Nous espérons naturellement que le secteur pourra se redresser quelque peu et que le chômage temporaire pourra être évité autant que possible. »
« Oui, je ne peux pas en dire beaucoup », répond Christophe Vermeulen, PDG de Belgapom. « C’est symptomatique des turbulences actuelles sur le marché international et de la position défensive dans laquelle se trouve le secteur européen de la transformation », ajoute-t-il. « Nous devons traverser cette période difficile et travailler sans relâche à une restructuration. Nous restons un secteur solide, mais il faut du temps pour que la situation revienne à la normale. »
Excédent de pommes de terre de semence
Le ralentissement du secteur des frites affecte également la culture des plants de pommes de terre. En 2024, une grave pénurie de plants a tiré la sonnette d'alarme. Aujourd'hui, les camions transportant des plants de pommes de terre empruntent un autre itinéraire : au lieu d'être destinés à la culture de la pomme de terre, ces plants sont éliminés par l'alimentation animale ou par méthanisation.
Par ailleurs, il n'y a pas que les variétés de pommes de terre destinées à la transformation pour lesquelles il faut trouver un débouché alternatif. Les Spuntas sont également données à l'alimentation animale. Et ce, malgré un début de saison à plus de 70 € les 100 kilos. Cependant, l'attentisme des acheteurs a entraîné une chute des prix à environ 15 € les 100 kilos en janvier.
Malgré les efforts récents déployés pour accroître significativement la production de plants de pommes de terre destinés à la friture, ce marché rencontre également des difficultés cette année. Les pommes de terre destinées à être vendues hors contrats pluriannuels sont proposées à bas prix.
Par exemple, la variété Agrias se négocie encore cette semaine entre 25 et 28 € les 100 kilos, selon un négociant. À la bourse régionale de Middenmeer, le prix de cette variété a même baissé de 5 € cette semaine, pour s'établir entre 15 et 20 € les 100 kilos. Même les variétés en situation de monopole ne sont pas épargnées par la baisse de la demande de plants de pommes de terre après une année de bonnes récoltes. Ainsi, une partie des plants de grosses pommes de terre Fontane et Challenger est destinée à la méthanisation.
Parmi les principales variétés, une exception notable est l'Innovator. Cette variété est en voie de disparition, selon les producteurs. Plusieurs acheteurs souhaitent transformer davantage de pommes de terre de cette variété afin de mieux se démarquer avec des frites haut de gamme qu'avec des frites classiques.