L'élevage porcin est souvent confronté à une surproduction de porcs après les fêtes. Il s'agit d'un surplus d'animaux sur un marché plus calme. Le secteur de l'oignon, quant à lui, connaît déjà une surproduction juste avant Noël cette année.
C'est un revers majeur, qui survient à un moment particulièrement mal choisi. Alors que les achats de Noël battent leur plein, les ventes se sont effondrées. Certaines destinations d'Afrique de l'Ouest sont temporairement incapables de gérer l'afflux massif d'oignons et reportent leurs nouveaux achats.
Ces évolutions ont un impact direct sur l'ensemble du marché. Les prix de vente sont soudainement sous pression, alors que jusqu'à récemment, les vendeurs s'attendaient à une hausse régulière des prix jusqu'à Noël. Au lieu d'une augmentation du prix des balles à 26 ou 27 centimes le kilo, on observe une chute brutale aux alentours de 22 centimes le kilo.
Conséquences de l'achat
Le ralentissement des ventes affecte également les achats. Il y a quelques semaines, les trieurs et emballeurs avaient déjà acquis des quantités importantes, anticipant une hausse des ventes avant Noël. La stagnation des exportations compromet sérieusement ces perspectives. Par conséquent, les achats sont temporairement suspendus dans l'attente d'une évolution du marché de l'exportation.
D'un autre côté, certains producteurs sont impatients de conclure des affaires avant Noël. Sur un marché où la demande s'amenuise, cela engendre une pression supplémentaire sur les prix. Si l'offre a été rapidement absorbée ces dernières semaines, les achats sont désormais quasiment au point mort. Le prix de 20 centimes le kilo livré en décembre n'était plus acceptable, car de nombreux producteurs souhaitaient écouler leurs stocks. À présent, face à la stagnation des ventes, 18 centimes s'avèrent trop élevés et le marché chute aux alentours de 16 à 17 centimes le kilo.
Il reste à voir si le calme reviendra après cette chute des prix et si le marché pourra se redresser rapidement. Avec un prix de la balle à 22 centimes, la reprise n'est pas immédiate. Il faut d'abord que les marchés excédentaires du Sénégal, de la Côte d'Ivoire et du Mali écoulent leurs surplus, et ensuite, il reste à voir dans quelle mesure les clients seront disposés à acheter les quantités prévues.
Ne réduisez pas brutalement les exportations à zéro.
En revanche, les exportations ne sont pas tombées à zéro du jour au lendemain. Les exportateurs et les trieurs estiment qu'elles devraient retomber aux alentours de 30 000 tonnes cette semaine. Certains prévoient un volume légèrement inférieur, tandis que d'autres anticipent un volume légèrement supérieur. Après des semaines à plus de 40 000 tonnes, il s'agit d'une baisse significative.
Ce revers incite également les entreprises à une prudence accrue quant à leurs achats pour le début de l'année prochaine. En effet, on s'attend à ce que le Sénégal ferme effectivement sa frontière aux importations d'oignons le 1er janvier. Néanmoins, certaines entreprises estiment qu'une quantité importante d'oignons pourra encore être expédiée vers ce pays d'Afrique de l'Ouest en janvier. Ceci s'explique en partie par le début précoce du Ramadan, à la mi-février. Pendant et immédiatement après le Ramadan, la consommation d'oignons augmente, or la production locale ne suffit pas encore à satisfaire cette demande.
Espoir de ventes en Pologne
Par ailleurs, on espère que la Pologne apportera un soutien supplémentaire au marché. Jusqu'à présent, les ventes d'oignons de qualité inférieure à ce pays restent très limitées. Bien que la demande existe, les prix proposés sont bien trop bas pour permettre des ventes significatives. Actuellement, les Polonais recherchent principalement des oignons à racines nues. Ils ne sont disposés à payer que 3 à 4 centimes le kilo pour ces derniers. De plus, à ce prix, ils souhaitent des oignons de grande taille et peu lourds.
Les prix bas empêchent actuellement les entreprises néerlandaises d'approvisionner la Pologne en grandes quantités. L'an dernier, la filière oignonière polonaise s'était solidement implantée sur le marché néerlandais, en y exportant d'importants volumes. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les chiffres officiels font état d'une récolte plus faible en Pologne (-7 %), ce qui est incohérent avec les prix très bas pratiqués sur place. De plus, les entreprises polonaises affirment avoir récolté une quantité importante d'oignons. En conclusion, les entreprises néerlandaises constatent un intérêt accru de la part de la Pologne, mais ne sont pas encore disposées à payer des prix plus élevés.
lire ici l'explication de DCA Market Intelligence sur les nouvelles cotations.