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Brouillard intérimaire et enfants politiques

4 Juillet 2025 - Klaas van der Horst

Depuis la chute du gouvernement Schoof – même si tous les sujets controversés n'ont pas été déclarés controversés et qu'il faudra encore du temps avant que de nouvelles politiques puissent réellement être mises en œuvre – un étrange brouillard de résignation plane sur la politique. Certains politiciens tentent encore de mettre au monde un « bébé » politique, tandis qu'ailleurs, les discussions se poursuivent discrètement dans l'espoir d'un nouvel accord partiel.

Il semble peu probable que des changements majeurs se produisent dans les mois à venir sur des dossiers tels que l'azote et le fumier, mais des surprises ne sont jamais exclues. Quoi qu'il en soit, la ministre sortante du LVVN, Femke Wiersma, devra déposer une nouvelle demande de dérogation à Bruxelles. C'est du moins son intention, et le ministère de l'Agriculture l'espère.

La semaine politique a débuté avec le lancement du plan agricole du député NSC Harm Holman. Dans un grand journal national, il a pu expliquer ses objectifs. Il s'agit essentiellement de la mise en valeur de son plan pour l'agriculture basée sur les terres, avec des « normes d'implantation » fixes pour les éleveurs, complétées par un zonage pour les différents types d'agriculture.

Génération précédente
Ce plan rappelle un peu le plat réchauffé proposé bien plus tôt, notamment par l'ancien ministre de l'Agriculture Cees Veerman. Il n'est donc ni très surprenant, ni vraiment rafraîchissant. Il reflète la pensée d'une génération précédente, celle de personnes ayant grandi avec les idées d'une agriculture planifiée, des chiffres clés fixes et des diagrammes clairs. On le retrouve également dans la directive européenne sur les nitrates, actuellement en cours de révision. L'un de ses éléments fondamentaux est une norme maximale d'azote de 170 kilos par hectare, provenant uniquement des effluents d'élevage, pour chaque hectare de terres agricoles européennes, de la Laponie à Malte et Chypre. On en a déjà parlé, mais une telle idée n'aurait pu être imaginée qu'il y a quarante ans, derrière un bureau.

Pas de « diversité »
C'est clair du point de vue bureaucratique, mais cela ne prend pas en compte la diversité des régions, des sols, des climats, des entrepreneurs et des types d'activités commerciales, ni les évolutions technologiques. Parfois, plus de 170 kilos sont possibles, parfois moins. Si les entreprises agricoles, compte tenu des spécificités locales, respectent les limites environnementales, elles doivent également bénéficier de la flexibilité nécessaire, comme c'est le cas dans de nombreux domaines aujourd'hui.

Se pourrait-il que les gens qui ont toutes sortes d’opinions sur l’agriculture, mais qui n’ont pas suivi les innovations qui ont eu lieu, soient restés coincés dans leur propre pensée et leurs propres idées ?

Quoi qu'il en soit, le plan que Holman a relooké est de retour, accompagné de son projet de loi d'initiative parlementaire, et pourrait aller encore plus loin, en fonction de ceux qui voudront continuer à le soutenir après les élections d'octobre.

Échauffements pour et dans le comité Schoof
Plus tard dans la semaine, la commission Schoof (officiellement le MCEN) s'est réunie à nouveau. Sans le PVV, elle n'est plus soutenue que par trois partis et est donc moins solide. Juste à temps pour cela, un échauffement a eu lieu à la Chambre basse, sous la forme de une enquête Par CE Delft et SEO Economic Research, mandatés par les ministères de l'Agriculture, de l'Économie et des Finances : jusqu'à 14 milliards d'euros de dommages annuels à la nature et à la santé dus à l'impasse azotée. Cette étude est riche en enseignements, notamment sur le fait que CE Delft excelle à exagérer tous les montants liés à la nature. Par exemple, grâce à un manuel de compensation pour la gestion de la nature, ils garantissent également que les organismes et partenaires de gestion des terres ne manquent de rien pour les activités spécifiées par hectare. Cette étude a néanmoins constitué un argument de poids pour certaines parties aux négociations. Cependant, elles n'ont pas pu se détendre longtemps, car un différend a éclaté peu après l'ouverture de la consultation et le marteau a été brandi. En effet, le président du LTO, Ger Koopmans, a laissé entendre que le LTO avait déjà conclu un accord avec le ministère de la LVVN, ce que les autres parties n'ont pas accepté. C'est du moins ce qu'indiquent les rapports. La probabilité qu'une nouvelle consultation ait lieu avant les vacances d'été est assez faible.

Moins d'émissions, plus de concentration
Pour l'agriculture, la transition d'une politique de consignes à une politique d'émissions est envisagée. Le gouvernement s'y attendait déjà, sur la base de l'accord de coalition, et une majorité des partis la soutiennent. Il est possible d'y parvenir, mais les conséquences d'une telle transition doivent également être prises en compte. Wouter de Heij, expert en azote, explique cela avec brio. son site webHeureusement, il a le sens des affaires et sait que ce qui provient du fumier et ne se retrouve pas dans l'air y reste. La réduction des émissions accroît la pression ailleurs. Il faut donc utiliser une autre méthode pour stocker davantage de fumier. La solution bien connue, mais souvent peu souhaitable chez les écologistes, consiste à autoriser davantage d'azote provenant du fumier animal sur les terres et à réduire l'utilisation de l'azote extrait par des énergies externes (pétrole et gaz). C'est encore le cas à Bruxelles. Là encore, les avocats et autres groupes d'intérêt bloquent la circularité. À court terme, la réduction des émissions se traduit donc par des coûts d'élimination plus élevés, voire par une réduction du nombre d'animaux.

État de nature
Il est frappant de constater que, si le MCEN s'exprime avec force sur le problème de l'azote, il consacre à peine un mot à la base du problème : l'état de la nature. Il est sans doute désormais bien connu que la série d'analyses des objectifs naturels (AND), menée sous le précédent gouvernement Rutte, ainsi que la série de rapports sur la nature de 2017, n'ont guère été testées sur le terrain, avec des observations, des mesures et des comptages concrets et clairs. Les preuves sont suffisantes, mais où en est le débat ?

Porcs et vaches laitières
Le ministre Wiersma a également transmis à la Chambre des communes plusieurs synthèses sur la production d'engrais. Par exemple, un rapport sur la politique du fumier en 2024 et il y avait un rapport trimestriel sur l'excrétion de phosphate et d'azote Une prévision pour cette année a été envoyée. La dernière partie est fournie par le ministre avec une explication quelque peu étrange, qui ne correspond pas tout à fait aux chiffres fournis. Ceux-ci montrent que le secteur porcin, en particulier, semble dépasser largement les plafonds, sans doute grâce aux bons prix de la viande ces derniers mois, tandis que le secteur laitier dépassera le plafond de phosphate, mais finira également bien en dessous du plafond d'azote. Le ministre semble ignorer ce dernier point et choisit de mettre une nouvelle fois en garde le secteur laitier en particulier.

Il faut toutefois prendre ce dernier point au sérieux, car cette industrie a encore beaucoup à espérer, quel que soit le résultat des consultations avec le secteur (avec le G7 ou avec le LTO et le ministre seul) et au sein du MCEN.

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Klaas van der Horst

Spécialiste du marché des produits laitiers chez DCA Market Intelligence, il étudie l'actualité et les tendances du marché et interprète les évolutions.

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