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La taxe russe sur les engrais stimule la production de l'UE

11 November 2025 - Jan Willem Veldman

L'Union européenne (UE) a instauré cet été une taxe sur les engrais russes, craignant que d'importants volumes d'importations ne s'opposent à la production nationale. Depuis l'entrée en vigueur de cette taxe, les importations d'urée ont fortement diminué. La question qui se pose désormais est de savoir quelles seront les conséquences pour les producteurs européens d'engrais et la demande future de gaz.

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Une taxe européenne sur les engrais russes, conjuguée à la pleine mise en œuvre du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) dès l'année prochaine, pourrait stimuler significativement la production d'ammoniac et d'urée en Europe. La grande question demeure cependant : quel sera l'impact de cette hausse de la production d'engrais sur la demande de gaz ? Selon une analyse du cabinet d'études de marché ICIS, le secteur chimique pourrait atteindre un point critique cet hiver, ce qui pourrait influencer la consommation de gaz.

La production européenne gagne du terrain grâce à la pression des prélèvements de l'UE.
La mesure de l'UE consiste en une taxe de 6,5 %, complétée par une taxe fixe de 40 € par tonne pour les engrais azotés et de 45 € par tonne pour les engrais phosphatés. Ces taxes augmenteront progressivement jusqu'à un maximum de 430 € par tonne en 2028. Parallèlement, la taxe d'accise sur les émissions de carbone (CBAM) s'appliquera aux importations à forte intensité de carbone en provenance de pays tiers dès l'année prochaine, soutenant ainsi davantage les producteurs européens.

Depuis l'instauration du droit de douane, les importations d'urée en provenance de Russie ont chuté d'environ deux tiers, pour s'établir à un peu plus de 100 000 tonnes en juillet et août 2025, contre un niveau record en juin dernier. Ce droit de douane ne s'applique pas à l'ammoniac, matière première de l'urée, des phosphates et des engrais azotés. Les importateurs avaient diversifié leurs importations en misant sur les produits russes, ce qui explique le recul observé en juillet. Cette mesure permet aux producteurs européens d'accroître leur production. Les usines de Roumanie et de Lituanie ont repris ou augmenté leur production, notamment en raison de la baisse des prix du gaz en Europe.

Il est prévu que les producteurs locaux aux Pays-Bas, en Allemagne et dans d'autres pays de l'UE puissent exploiter pleinement leurs capacités, notamment grâce au CBAM. Depuis 2022, les engrais russes inondent le marché européen, en raison des coûts de production élevés consécutifs à la crise énergétique. En 2024, par exemple, la Russie a fourni 30 % des importations européennes d'urée et d'engrais azotés (4,4 millions de tonnes, soit 1,5 milliard d'euros), une hausse par rapport à 2023. Les importations russes étaient moins chères que la production en Europe, où les prix du gaz étaient élevés.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’agriculteur ?
Pour le marché des engrais, cela signifie que l'Europe redeviendra plus dépendante de la production nationale, avec des prix plus proches du coût de revient européen. Les engrais russes, moins chers, disparaîtront en grande partie, ce qui entraînera probablement une légère hausse du prix moyen en Europe. L'approvisionnement semble donc assuré, mais à un prix plus élevé, ce que les agriculteurs constateront lors de leurs achats dans les saisons à venir.

Impact sur la demande de gaz
La production d'engrais est fortement consommatrice de gaz. Le recul de cette production suite à la crise énergétique de 2022 a entraîné une baisse significative de la demande de gaz du secteur chimique, de plus de 20 % par rapport à la moyenne de long terme. D'ici octobre 2025, la production européenne fonctionnera à 75 % à 80 % de sa capacité, mais le secteur reste confronté à des coûts élevés du gaz et de l'électricité, ainsi qu'à une surcapacité de la part de la Chine. La reprise de la production pourrait légèrement stimuler la demande de gaz, d'autant plus que l'Europe se prépare à une augmentation de ses importations de GNL. L'agence de marché ICIS prévoit une légère reprise de la demande de gaz industriel en Europe occidentale et centrale, d'environ 1 %, cet hiver (2025/26), mais celle-ci restera légèrement inférieure à la moyenne quinquennale.

Le secteur chimique reste structurellement inférieur à son niveau de 2022, la production de produits chimiques de base n'atteignant que 70 % de ce niveau au deuxième trimestre 2025. Cependant, ICIS prévoit que le secteur connaîtra un tournant cet hiver, passant d'une contraction de 1 % en 2025 à une croissance de 1 % en 2026. Cette reprise est cruciale pour la légère augmentation attendue de la demande de gaz en 2026.

La taxe européenne devrait inciter les exportations russes à se tourner vers d'autres marchés, comme les États-Unis, l'Inde, la Chine et le Brésil. La Russie dispose des infrastructures nécessaires. Le terminal russe de TOAZ peut exporter jusqu'à 5 millions de tonnes d'ammoniac et d'urée par an. Les exportations russes vers l'Inde ont progressé de 20 % début 2025, représentant 33 % des importations totales du pays.

Nouveaux droits de douane et seuils d'importation
Les droits de douane de l'UE comprennent une taxe additionnelle sur les engrais azotés et phosphatés, qui s'ajoute au taux existant de 6,5 %. De 2026 à 2028, ce taux passera de 315 € à 430 € la tonne. Par ailleurs, la taxe la plus élevée sera appliquée immédiatement si le total des importations dépasse certains seuils : 2,7 millions de tonnes en 2025/26, 1,8 million de tonnes en 2026/27 et 0,9 million de tonnes en 2027/28.

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