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Actualités Succession d'entreprise

Reporter la succession comporte des risques majeurs

3 December 2025 - John Ramaker - Commentaires 20

Le vieillissement du secteur agricole, la flambée des prix fonciers et la stagnation des politiques publiques engendrent des difficultés croissantes pour la transmission des exploitations. Cette situation menace non seulement la survie des exploitations individuelles, mais aussi celle du système agroalimentaire néerlandais dans son ensemble.

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Les prochaines années seront cruciales. Sans cadres clairs et un meilleur accès à la terre et au financement, un exode silencieux d'entrepreneurs menace, avec des conséquences majeures pour la production alimentaire, le paysage et la qualité de vie en milieu rural.

Risques liés au report de la succession :

  1. perte de valeur lors de la vente
  2. perte de connaissances et d'expertise
  3. diminution de la capacité de production
  4. pression sur la sécurité alimentaire
  5. La vitalité rurale menacée

L'agriculture néerlandaise est confrontée à un défi structurel : un nombre croissant d'entrepreneurs souhaitent prendre leur retraite, mais aucun successeur n'est désigné. Une nouvelle étude d'ABN Amro révèle que deux entrepreneurs sur trois prévoient de céder leur entreprise d'ici dix ans.

La situation est particulièrement préoccupante dans l'agriculture : 21,5 % des entrepreneurs agricoles ont aujourd'hui 65 ans ou plus, soit le pourcentage le plus élevé de tous les secteurs. Parallèlement, une grande partie de ceux qui cessent leur activité n'ont pas de plan de succession concret. La banque alerte sur le fait que cela compromet la continuité de la production alimentaire et la vitalité des zones rurales.

Liens familiaux forts
L'agriculture est traditionnellement un secteur où les liens familiaux sont forts, et les chiffres le confirment : dans 90 % des cas où les agriculteurs ont un plan de succession, un membre de la famille est impliqué. Pourtant, la succession n'est plus une évidence. Le secteur vieillit rapidement – ​​seulement 10 % des agriculteurs ont moins de 40 ans, tandis que 60 % ont 55 ans et plus – et de nombreux jeunes renoncent à un avenir dans l'exploitation familiale en raison de politiques incertaines, de coûts élevés et d'un manque de perspectives.

La barrière émotionnelle joue également un rôle important. Les agriculteurs ont plus de mal à céder le contrôle de leur entreprise que les entrepreneurs d'autres secteurs. La moitié des entrepreneurs agricoles citent explicitement ce facteur comme l'un des principaux obstacles à la transmission de leur activité, d'autant plus que l'entreprise, la famille et le domicile ne font souvent qu'un.

Les résultats positifs de ces dernières années masquent des problèmes structurels. Le prix exorbitant des terres rend la reprise d'une exploitation agricole quasi inabordable pour les jeunes agriculteurs. Les transmissions ne sont souvent possibles que par le biais de montages tels que le bail emphytéotique, les prêts subordonnés, ou grâce à des initiatives comme Aardpeer et Land van Ons, qui visent à faciliter l'accès à la terre. Sans incitations fiscales comme le BOR (chambres d'hôtes) et le DSR (programme d'agriculture de transition), la succession devient tout simplement impossible pour de nombreuses familles.

Réduction de l'élevage
ABN Amro prévoit un recul du volume d'activité dans le secteur agricole en 2026 et 2027. Ce recul s'explique notamment par la diminution du cheptel, les réglementations restrictives et la hausse des coûts. Ces facteurs rendent également la transition moins attractive pour les jeunes entrepreneurs.

La production laitière a connu un net rebond en 2025 après une précédente baisse, mais selon ABN Amro, cette embellie sera de courte durée. La banque prévoit un repli du secteur à partir de 2026 en raison d'une nouvelle diminution du cheptel et d'une réglementation accrue. Le principal obstacle réside dans l'obligation, entrée en vigueur en 2032, d'épandre le fumier sur les terres des exploitations laitières ou à proximité immédiate.

Pour les repreneurs, cela signifie qu'ils doivent non seulement financer l'exploitation, mais aussi acquérir des hectares supplémentaires, à des prix fonciers historiquement élevés. Parallèlement, la délivrance des permis est quasiment au point mort dans de nombreuses régions. La conjugaison des coûts, de l'incertitude et des pressions politiques amène de nombreux jeunes éleveurs à douter de leur avenir.

Ces problèmes ne sont pas propres aux Pays-Bas. La Commission européenne a récemment présenté une stratégie visant à doubler le nombre de jeunes agriculteurs dans l'UE pour atteindre 24 % d'ici 2040. L'UE considère les jeunes agriculteurs comme essentiels à la sécurité alimentaire et à la viabilité des zones rurales. Aux Pays-Bas, cependant, ce rajeunissement est encore loin d'être atteint. Avec seulement 10 % de jeunes agriculteurs, notre pays figure parmi les derniers du classement.

Commencez à planifier à temps
La banque souligne l'importance d'une planification anticipée. Ceci permet non seulement d'éviter les pièges fiscaux et juridiques, mais aussi de faciliter une transition en douceur. Un tel processus par étapes offre davantage d'options aux financiers et aux successeurs, et renforce la confiance des employés et des clients.

« Nombre d’entrepreneurs ne réalisent pas à temps la complexité de la transmission d’entreprise », explique Gerarda Westerhuis, économiste du secteur des loisirs et du commerce de détail chez ABN Amro. « Il serait judicieux pour les entrepreneurs d’envisager différents scénarios. »

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