La fin de l'année 2025 approche et l'évolution du marché des engrais après le Nouvel An reste incertaine. Ce marché est sous pression en raison des incertitudes liées au mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF). Les facteurs d'émission exacts n'étant pas encore connus, les importateurs ignorent le nombre de quotas de CO₂ qu'ils devront acheter avant janvier. Cette incertitude maintient les prix à un niveau élevé, malgré la stabilité, voire la baisse, des prix du gaz.
Principales conclusions :
Les facteurs d'émission, qui déterminent le nombre de quotas de CO2 à acheter, ne sont pas encore connus. De plus, on ignore pour l'instant si ces quotas seront déterminés pays par pays ou si une norme unique et uniforme sera appliquée. Par conséquent, les importateurs ne savent pas encore précisément combien de quotas de CO2 ils devront acheter en janvier pour leurs engrais importés. Cette incertitude paralyse le marché et se traduit directement par une hausse des prix des engrais. Même avec des prix du gaz stables ou en baisse, une diminution des prix des engrais en janvier est actuellement improbable.
Aucune disponibilité de soins aigus pour le moment
Les stocks existants, ou récemment arrivés, sont disponibles, ce qui permet généralement de satisfaire la demande de janvier. Cependant, une offre plus faible est prévue pour février à avril, ce qui pourrait compliquer la planification logistique. Aucune pénurie totale n'a été constatée, mais le calendrier des livraisons pourrait poser problème. Tout problème d'approvisionnement n'est pas dû à un manque de production, mais à l'incertitude qui entoure CBAM.
Perspectives pour le premier trimestre 2026
Le premier trimestre 2026 est incertain. Tant que les facteurs d'émission définitifs du CBAM resteront inconnus, les importateurs demeureront prudents quant aux nouveaux approvisionnements, tandis que les nouvelles priorités concernant l'azote et le phosphate engendrent de l'incertitude chez les agriculteurs. Les prix restent sensibles aux annonces de Bruxelles et les tensions logistiques pourraient s'accentuer vers février et mars. Ce n'est que lorsque la situation de l'offre et de la demande sera clarifiée que le marché des engrais pourra sortir de sa phase d'attentisme actuelle.
Dynamiques internationales
L'évolution de la situation internationale joue également un rôle. En raison des droits de douane américains sur les engrais importés de la plupart des pays, à l'exception de ceux en provenance de Russie, les fournisseurs russes ont considérablement renforcé leur position sur le marché américain, captant environ 35 % des importations américaines d'engrais azotés. Tout assouplissement ou révision de ces droits de douane pourrait rétablir la concurrence, des fournisseurs alternatifs tels que l'Algérie et le Nigeria venant ainsi contester la position de la Russie. Ces évolutions internationales peuvent également avoir un impact indirect sur la disponibilité et les prix en Europe.
Incertitude du côté de la demande
Outre le CBAM, la transition des zones non renouvelables (ZNR) vers les nouvelles zones prioritaires influence également la demande du marché. À partir de 2026, les anciennes ZNR seront remplacées par des zones prioritaires d'azote plus petites et plus spécifiques, ce qui se traduira souvent par une réduction de 10 % à 20 % de la norme d'application d'azote. On estime qu'environ 65 zones seront concernées par la nouvelle réglementation, contre 26 ZNR auparavant. La norme générale d'azote augmentera légèrement pour les sols sableux du nord et de l'ouest. Pour les sols sableux du centre (Overijssel, Gelderland et Utrecht), la norme restera pratiquement inchangée, tandis que pour les sols sableux et loessiques du sud, les normes seront abaissées, notamment pour les cultures sensibles au lessivage. Parallèlement, des zones prioritaires pour le phosphate seront désignées, couvrant un nombre de sites sensiblement équivalent. Ces mesures entreront en vigueur en 2027.