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Analyse Mercosur

L'accord avec le Mercosur a été adopté, voici les conséquences sur le marché

Samedi 08h00 - Redactie Boerenbusiness - Commentaires 24

Après 25 ans de négociations, un accord de libre-échange semble enfin se concrétiser entre les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) et l'Union européenne. Le vote a eu lieu hier, après qu'une décision en décembre ait été retardée par les objections de plusieurs États membres. Que prévoit cet accord ? Quels engagements et ajustements ont été récemment apportés ?

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Des pays comme la France, l'Irlande, l'Italie, la Hongrie et la Roumanie craignaient les conséquences pour l'agriculture et la viabilité rurale et ont donc voté contre. Pour que l'accord soit approuvé, au moins 15 des 27 États membres devaient en approuver les termes. Finalement, 21 États membres ont voté contre. Le vote de l'Italie était particulièrement important, car au moins 65 % des citoyens de l'UE devaient être représentés favorablement dans la décision. Alors que l'Italie était encore dans le camp du « non » en décembre en raison de ses doutes quant aux conséquences pour le secteur agricole, le gouvernement italien, dirigé par le Premier ministre Meloni, a maintenant changé d'avis.

Crainte pour le bœuf et la volaille, le maïs et le sucre
Les représentants des secteurs agricoles des pays ayant voté contre l'accord craignent une concurrence accrue et déloyale, notamment pour les agriculteurs. Par exemple, le quota de viande bovine sera augmenté de 99 000 tonnes (poids d'abattage) à un tarif douanier réduit de 7,5 %. Ce quota s'ajoute au quota actuel de 68 000 tonnes (poids d'abattage équivalent) qui pourra bientôt être importé dans l'UE à un tarif douanier de 0 % (contre 20 % actuellement).

Pour la viande de volaille, le volume supplémentaire est de 180 000 tonnes, bénéficiant d'un droit de douane de 0 %. Ce volume s'ajoute aux 407 000 tonnes (poids carcasse équivalent) déjà importées. Concernant le sucre, le volume actuel importable à tarif réduit est d'environ 314 000 tonnes. Ce droit de douane sera supprimé pour les 180 000 premières tonnes importées du Brésil, qui pourront bientôt entrer dans l'UE en franchise de droits. Par ailleurs, un nouveau quota supplémentaire de 10 000 tonnes, exempté de droits de douane, sera créé pour le Paraguay.

ratio production/quota

Chiffres en millions de tonnes en 2024

Volume de production

(source : Eurostat)

taux final du quota (des taux différents s'appliquent toujours au sein du quota).

bœuf

6,6

0,158

viande de volaille

13,9

0,588

Sucre (24/25)

16,0

0,324 (dont 0,19 à 0 %)

Volumes en relation avec la production
La Commission européenne indique que les volumes concernés sont relativement faibles par rapport aux volumes de production réels des produits en question. Cela devrait limiter l'impact sur le marché. Cependant, selon des représentants de différents secteurs et pays, des volumes supplémentaires, en période de tensions sur les prix, peuvent accentuer ces tensions et réduire les marges. Par exemple, l'industrie sucrière est confrontée depuis des années à une baisse de la consommation, et les surfaces cultivées diminuent. Ces représentants soulignent également les normes de production élevées exigées des agriculteurs de l'Union européenne. Les produits importés doivent satisfaire au moins aux mêmes exigences, et les garanties doivent être irréprochables, conformément aux négociations. 

Bien que les acteurs de la filière avicole protestent contre cet accord depuis des années, d'autres voix s'élèvent en aval de la chaîne. Par exemple, certains affirment que l'UE dépend entièrement des importations pour satisfaire la demande de filets de poulet. De plus, les prix ont été très élevés ces dernières années, ce qui, au final, ne sert pas les intérêts du consommateur. Un approvisionnement supplémentaire pourrait en réalité atténuer la pression sur ce secteur. Le secteur laitier se félicite également de cette perspective et entrevoit un potentiel d'augmentation des exportations vers l'Europe du Sud. 

Engagements pour le feu vert
Pour obtenir le feu vert à l'accord, la Commission européenne a pris cette semaine des engagements supplémentaires auprès du ministre italien de l'Agriculture, M. Lollobrigida, afin de s'assurer du soutien de son pays. À partir de 2028, un budget supplémentaire conséquent de 45 milliards d'euros sera alloué au soutien de l'agriculture européenne. Un fonds de 6 milliards d'euros a également été prévu pour faire face à d'éventuelles baisses de prix et perturbations dans certains secteurs, ce qui devrait limiter la volatilité des marchés.

Un mécanisme de régulation sera mis en place pour pallier cette situation. Il pourra être appliqué en cas de forte augmentation du volume des importations de certains produits agricoles (hausse supérieure à 8 %) ou de baisse des prix (baisse supérieure à 8 %) par rapport aux moyennes triennales, a annoncé mercredi le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič. Le Mercosur n'a pas encore reçu le feu vert définitif ; le Parlement européen peut encore en retarder ou bloquer la mise en œuvre. Cela semble toutefois peu probable, compte tenu du soutien actuel des États membres. 

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