D'après une nouvelle étude de RaboResearch réalisée par Rabobank, les tensions internationales créeront de nouvelles opportunités pour l'agro-industrie brésilienne en 2026. Les exportateurs de soja et de protéines animales, notamment, devraient bénéficier de l'évolution des flux commerciaux, tandis que le secteur céréalier brésilien reste sous pression en raison des taux d'intérêt élevés et de l'endettement des années précédentes.
Selon Rabobank, les droits d'importation, les quotas et les mesures antidumping modifient de plus en plus les routes commerciales mondiales des produits agricoles. Par exemple, la Chine instaure un nouveau quota pour le bœuf brésilien. Les volumes dépassant ce seuil sont soumis à des droits de douane importants, ce qui pourrait impacter les flux d'exportation plus tard cette année. Parallèlement, Rabobank entrevoit des opportunités pour les exportateurs brésiliens, les États-Unis exerçant des pressions sur leurs partenaires commerciaux. Le Brésil pourrait ainsi devenir un fournisseur de soja, entre autres produits de base, plus attractif.
La banque entrevoit également des opportunités pour le porc. La Chine entrave l'agrément des abattoirs américains et impose des droits antidumping temporaires sur le porc européen. Cela offre davantage de possibilités aux fournisseurs brésiliens sur le marché asiatique. Ce changement est déjà visible au Mexique : les importations de poulet brésilien ont fortement augmenté, notamment parce que les tensions commerciales avec les États-Unis rendent les alternatives plus attractives.
Le coût des aliments pour animaux diminue, les exportations de viande restent dynamiques
Rabobank prévoit que les exportations brésiliennes de viande resteront dynamiques en 2026. Un facteur clé réside dans la baisse du coût des aliments pour animaux. Selon la banque, les prix des céréales et des oléagineux ne devraient augmenter que légèrement, maintenant ainsi les aliments pour animaux à un prix relativement bas. Cette situation est avantageuse pour les filières avicole et porcine. L'augmentation de la production d'éthanol de maïs fournira également davantage de sous-produits riches en protéines pour l'alimentation animale, ce qui permettra de réduire encore les coûts. Par ailleurs, le recours accru au biodiesel stimulera la transformation du soja, augmentant ainsi la disponibilité des matières premières et des sous-produits.
Pour de nombreux producteurs de céréales et d'oléagineux, la situation demeure difficile. Rabobank souligne la faiblesse des marges et les taux d'intérêt élevés au niveau local, ce qui fragilise financièrement les entreprises fortement endettées. Bien que les taux d'intérêt puissent légèrement baisser, la banque prévoit que l'allègement qui en résultera sera limité. Néanmoins, la croissance devrait se poursuivre : Rabobank anticipe une augmentation de 2 % des surfaces cultivées en soja pour la campagne 2025/26.
Sous pression, la production de sucre et d'éthanol à base de maïs continue de croître.
Dans d'autres secteurs, cependant, des pressions sur les marges pourraient apparaître à l'échelle mondiale. Rabobank prévient qu'une importante récolte de canne à sucre dans la région Centre-Sud en 2026 pourrait impacter négativement les prix du sucre et de l'éthanol. Ceci place les transformateurs face à un dilemme : orienter davantage de canne vers la production de sucre ou vers celle d'éthanol. Selon Rabobank, l'industrie brésilienne de l'éthanol de maïs semble peu affectée par ces perspectives et devrait poursuivre sa croissance en termes de capacité et de production.