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Les grands exploitants agricoles devraient-ils bénéficier de subventions ou non ?

30 janvier 2026 - Jurphaas Lugtenburg

Greenpeace a récemment publié un rapport démontrant qu'un petit groupe de riches propriétaires terriens et d'exploitations agricoles industrielles accapare la part du lion des subventions agricoles européennes. Les Pays-Bas figurent parmi les pays pointés du doigt par l'organisation environnementale. Selon Greenpeace, 1 % des bénéficiaires néerlandais perçoivent 40 % des subventions agricoles de la Politique agricole commune (PAC). Il est précisé qu'il s'agit de paiements directs. Un examen plus approfondi des chiffres néerlandais révèle une situation bien plus nuancée que celle présentée par Greenpeace. Les coopératives, les organisations de protection de la nature et les agences (semi-)gouvernementales sont passées maîtres dans l'art d'obtenir des fonds auprès de Bruxelles. Il faut parcourir plusieurs pages du site web de l'Agence néerlandaise pour l'entreprise (RVO) avant de trouver la première entreprise agricole.

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Le principal bénéficiaire des fonds de la PAC en 2024 (année de référence du rapport de Greenpeace) était de loin la Coöperatie Harvest House UA, avec un montant précis de 50 594 787,73 €, comme on peut le constater dans le rapport. les chiffres du RVOEn deuxième position figure la coopérative Oxin Growers avec 37 millions d'euros, et en troisième position la coopérative Growers United avec 21 millions d'euros. Ces fonds proviennent du premier pilier de la PAC (EAGF), qui finance notamment les paiements directs et les mesures de régulation ou de soutien des marchés agricoles. L'objectif des subventions aux coopératives est de garantir un revenu agricole décent et la sécurité alimentaire (SO1) ainsi qu'une position renforcée dans la chaîne de valeur (SO3).

Climat et énergie durable
En quatrième position des principaux bénéficiaires de subventions figure la Coöperatie Natuurlijk Limburg UA avec 11 millions d'euros, et en cinquième position, le Drents Overijsselse Delta Water Board, également avec 11 millions d'euros. Ces organisations reçoivent des financements du deuxième pilier de la PAC (FEADER), notamment pour les programmes de développement rural. Elles ont toutes deux bénéficié de subventions pour le climat et les énergies renouvelables (SO4), la gestion efficace des ressources naturelles (SO5) et la protection de la biodiversité (SO6).

Parmi les principaux bénéficiaires des fonds de la PAC figurent de nombreuses associations agricoles de conservation de la nature, des coopératives régionales et des offices de gestion de l'eau. Il est relativement difficile de trouver le montant des subventions perçues par les exploitations agricoles dans la base de données de l'Agence néerlandaise pour l'entreprise (RVO). Greenpeace a probablement utilisé la méthode de sélection du dispositif de soutien au revenu de base pour la durabilité (la prime de base de la PAC). Cette méthode met en évidence les exploitations ayant la plus grande superficie cultivée.

La Koninklijke Maatschap de Wilhelminapolder (KMWP) sera alors le principal bénéficiaire de subventions. Selon les données de l'Agence néerlandaise pour l'entreprise (RVO), la KMWP a perçu un total de 538 000 € en 2024. D'après son site web, la KMWP gère plus de 1 500 hectares de terres agricoles et 500 hectares de terres louées, des parcs mytilicoles, des pâturages, des routes, ainsi que des réserves naturelles et des plans d'eau. Cela en fait sans doute la plus grande entreprise agricole des Pays-Bas.

En deuxième position se trouve un autre nom bien connu du secteur agricole, à savoir BV Exploitatie Reservegronden Flevoland (Erf), avec un total de 427 000 € de subventions de la PAC. La troisième place revient à Beheerboerderijen Het Drentse Landschap avec 365 000 € et la quatrième place revient à Landbouwbedrijf Limburgs Landschap BV, qui a reçu 351 000 € de subventions. La cinquième place revient à WPR, Praktijkonderzoek AGV (Practical Research AGV), également connue sous le nom de ferme expérimentale de Lelystad, avec 268 000 €.

Les paysages provinciaux sont de grands propriétaires fonciers
Le fait que la Fondation Drentse Landschap et la Fondation Limburgs Landschap, par le biais de sociétés à responsabilité limitée, figurent parmi les principaux bénéficiaires des paiements directs de la PAC aux Pays-Bas ne risque pas de déplaire aux sympathisants de Greenpeace. Il est également difficile de déterminer la part des fonds qui parviennent aux agriculteurs et aux organismes de gestion foncière via les associations et coopératives de gestion de la nature (agricole). De plus, on peut s'interroger sur la destination finale de ces fonds. Cela jette un éclairage différent sur l'affirmation de Greenpeace selon laquelle 40 % des financements de la PAC aux Pays-Bas sont alloués à seulement 1 % des bénéficiaires.

D'un autre côté, il est aussi un peu facile de balayer d'un revers de main le problème soulevé par Greenpeace concernant les subventions agricoles européennes. En liant les primes à la superficie cultivée, les grandes exploitations reçoivent automatiquement plus de subventions que les petites.

Les 1 % d'exploitations les plus importantes (aux Pays-Bas, les exploitations d'environ 200 hectares ou plus) devraient-elles bénéficier de la même prime à l'hectare que les 99 % d'exploitations plus petites ? Greenpeace s'y oppose. L'organisation environnementale propose un système de prime dégressive, où les paiements par hectare diminuent progressivement en fonction de la taille de l'exploitation. Il faudrait également plafonner les subventions de la PAC qu'une exploitation peut recevoir, en fonction du revenu agricole moyen ou de la taille moyenne des exploitations dans un État membre. Les exploitations présentant la plus grande valeur environnementale et/ou sociale devraient être prioritaires. Par ailleurs, Greenpeace souhaite consacrer une part importante du budget de la PAC à la lutte contre le changement climatique.

Restez attrayant
L'orientation des petites et moyennes exploitations agricoles vers la PAC relève, bien entendu, d'un choix politique. On peut avancer que les grandes exploitations, grâce aux économies d'échelle, ont des coûts par hectare inférieurs et peuvent donc se permettre de réduire leurs cotisations à la PAC. Par ailleurs, pour bénéficier des subventions de la PAC, les exploitations doivent satisfaire aux critères de « bonnes conditions agricoles et environnementales » (BCAE) et de bonne gestion. Ces critères étant identiques pour toutes les exploitations, on pourrait soutenir que chacune reçoive une compensation proportionnelle. Un gouvernement ou une organisation environnementale, en revanche, souhaite encourager les grandes exploitations pratiquant une agriculture extensive afin d'atteindre les objectifs environnementaux et de biodiversité.

La PAC est un outil important dont dispose le gouvernement pour gérer les exploitations agricoles. Si les seuils d'éligibilité aux financements de la PAC deviennent trop élevés, les grandes exploitations pourraient décider de ne pas y participer. Cette crainte était déjà présente au sein de l'Agence néerlandaise pour l'entreprise (RVO) lors de la mise en place de la PAC actuelle. Ce scénario ne s'est pas produit, mais il convient de ne pas exagérer.

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