Analyse engrais

Peu de marge pour une baisse rapide des prix des engrais

3 février 2026 - Jan Willem Veldman

Le prix du gaz n'a actuellement pratiquement aucune incidence sur le prix des engrais. C'est principalement le prix de l'urée qui détermine le marché. À l'échelle mondiale, les prix de l'urée sont actuellement élevés. On observe des prix avoisinant les 500 dollars la tonne dans les régions exportatrices d'Afrique du Nord.

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Depuis début 2026, le prix du gaz a fortement augmenté, atteignant un pic le 30 janvier, son plus haut niveau depuis fin juin de l'année précédente. Dès début février, il a de nouveau chuté brutalement, mais dans les deux cas, les prix des engrais n'ont pas réagi de manière significative. Par conséquent, le marché des engrais réagit différemment aux variations du prix du gaz. Dans les conditions actuelles, le prix des engrais est principalement déterminé par le coût de l'urée, et non plus par celui du gaz.

Les importations prudentes exercent une pression sur l'approvisionnement
Les importateurs limitent actuellement leurs positions longues et reportent leurs achats autant que possible. En raison de l'incertitude persistante entourant le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) et des sanctions en vigueur sur les produits russes, entre autres, le risque lié aux importations est difficile à maîtriser. Alors que l'Europe importe normalement entre 2 et 2,2 millions de tonnes d'urée, ce volume est actuellement nettement inférieur aux prévisions. Cette pénurie doit être compensée ailleurs sur le marché, ce qui entraîne une hausse des prix, selon les acteurs du marché.

Le marché des engrais est ainsi moins tributaire des coûts qu'auparavant et davantage dépendant de la demande et de la disponibilité. Cette situation est donc inhabituelle. Les prix sont moins sensibles aux coûts des intrants et plus sensibles aux flux commerciaux et aux comportements d'achat, ce qui rend le marché plus volatil et difficile à prévoir.

Une explication essentielle réside dans le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF), entré en vigueur le 1er janvier 2026. La taxe sur les importations de CO2 impose un surcoût aux engrais importés d'environ 40 à 60 € par tonne (selon les estimations actuelles). Conjuguée aux sanctions sur les produits russes, cette taxe a créé de facto une barrière à l'importation substantielle. Les producteurs européens en bénéficient et disposent d'une plus grande marge de manœuvre pour maintenir leurs prix. Ceci explique pourquoi le prix du gaz ne redeviendra pas automatiquement le prix de référence dans l'immédiat. Tant que le prix de l'urée restera élevé, sa fixation demeurera largement déconnectée de celle du gaz.

Nouvelle pression sur les prix pour les entrepreneurs agricoles
Pour les agriculteurs, cela signifie une pression accrue sur les prix. Avec l'approche de la nouvelle saison de culture et le niveau élevé des prix de l'urée, les spécialistes des engrais entrevoient peu de marge pour une baisse rapide des prix. Seule une difficulté des fabricants à écouler leurs stocks pourrait entraîner une certaine baisse des prix.

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