À l'instar de l'Union européenne, les États-Unis ont également conclu des accords commerciaux avec des pays d'Amérique du Sud et l'Inde, à la fois pour stimuler leurs exportations et en partie pour contrebalancer les actions de l'UE. De plus, les États-Unis tirent parti de l'ACEUM, l'accord conclu avec le Mexique et le Canada, pour obtenir des avantages encore plus importants, mais le succès ne s'obtient pas toujours par la force.
Le secteur agricole fait souvent l'objet d'une attention particulière dans les accords, avec toutefois un succès variable. Ces accords ont naturellement des conséquences pour les parties directement impliquées, quant à parties qui en sont exclueset qui pourront alors réagir en conséquence. Le président américain Donald Trump et son entourage semblent surtout désireux d'obtenir des conditions favorables pour eux et de soutenir davantage leur propre agriculture, mais d'autres facteurs entrent parfois en jeu.
Protection géographique
Un élément clé pour l'UE dans l'accord avec les pays du Mercosur est la reconnaissance par ces derniers de l'indication géographique protégée européenne. C'est précisément ce à quoi s'opposent les États-Unis, qui insistent sur la protection des médicaments génériques dans les accords. C'est également le cas des récents accords avec l'Argentine et l'Inde.
Drêches de distillerie
Dans l'accord commercial conclu entre les États-Unis et l'Inde, cette dernière semble avoir fait peu de concessions aux États-Unis sur les questions agricoles. Les frontières indiennes restent quasiment fermées aux produits étrangers et les droits de douane demeurent élevés, à l'exception de produits comme l'huile de palme et de tournesol. L'Inde souhaite protéger ses agriculteurs à tout prix.
La seule concession que l'Inde a faite aux États-Unis est un meilleur accès au marché pour les drêches de distillerie (DDGS) destinées à l'alimentation animale, mais même cette concession se heurte à une résistance interne en Inde.
Viande hachée bon marché de Milei
L'accord entre les États-Unis et l'Argentine a fait la une des journaux principalement en raison de l'approbation par les États-Unis de l'importation, à tarif réduit, de 800 millions de dollars de bœuf argentin. Cette mesure semble s'écarter du programme de Trump, car elle ne sert pas les intérêts des agriculteurs américains. De plus, elle ne semble pas apporter d'avantages concrets à l'agriculture américaine. Si les États-Unis peuvent exporter davantage de produits vers l'Argentine à faible tarif, le pouvoir d'achat dans ce pays reste limité.
Cependant, il y a un autre élément en jeu. Le président Trump pourrait très bien utiliser la viande argentine bon marché pour appuyer sa promesse de rendre la vie abordable pour les citoyens américains. Il a promis l'accessibilité financière, mais les résultats sont loin d'être à la hauteur. Le bœuf haché bon marché, fabriqué à partir de viande argentine, produit un résultat concret. Parallèlement, il favorise son allié politique, Javier Milei.
Tirer sur les accords de l'ACEUM
Pour soutenir ses agriculteurs, le gouvernement de Washington s'apprête à rendre l'accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada (ACEUM) encore plus favorable aux États-Unis. Selon Trump et ses alliés, ces deux pays voisins doivent ouvrir davantage leurs frontières aux produits américains. À défaut, de nouveaux droits de douane pourraient être imposés.
De nombreuses organisations agricoles américaines observent la situation avec appréhension. Elles craignent que cela n'ait un effet contre-productif, même si l'industrie laitière estime que le Canada, en particulier, doit faire davantage. Selon les Américains, les Canadiens font preuve d'une trop grande ingéniosité pour contourner les accords existants.
Chinois intelligent
Ces dernières semaines, l'agriculture américaine a constaté que le succès n'est pas toujours facile à obtenir par la force, même lorsque des engagements fermes sont débloqués de la part des partenaires commerciaux. Le président Trump avait déjà, au début de son second mandat, contraint la Chine à acheter davantage de soja américain.
La Chine ne semblait pas pressée de le faire, mais avec le temps, il s'est avéré que le pays avait très habilement acheté la totalité du volume promis pour cette année grâce à toutes sortes de transactions douteuses, mais sans stimuler de manière significative le marché (relativement faible), selon les médias économiques américains.