À l'approche de Pâques, les prix des œufs en Europe du Nord continuent d'augmenter sensiblement. Les centres de conditionnement peinent toujours à satisfaire la demande. La pénurie est particulièrement criante en Allemagne. Pour en savoir plus sur le marché des œufs, cliquez ici.
Malgré les niveaux records, le prix des œufs a de nouveau augmenté. Lors de la 12e semaine de 2026, il s'établissait à 19,52 € les 100 œufs.
Le marché reste extrêmement tendu. Les responsables des stations de conditionnement sont confrontés à un défi majeur : éviter les ruptures d’approvisionnement. La pénurie sévit à tous les niveaux de la chaîne. Il est donc plus difficile que jamais de répondre à la demande attendue pour Pâques. Dans le contexte actuel, les stations de conditionnement ne peuvent honorer que les contrats en cours. Les œufs ne sont pratiquement plus échangés sur le marché libre. L’offre est affaiblie par les maladies animales, même si, dans les faits, ce sont principalement la grippe aviaire et la maladie de Newcastle qui alimentent les inquiétudes. Ce climat de tension entraîne presque immédiatement une hausse des prix des œufs.
L'Allemagne connaît une croissance encore plus marquée.
En Allemagne, les prix continuent également d'augmenter. Le cours du Weser-Ems indique une hausse, passant de 20,17 € la semaine 10 à 20,60 € la semaine 12.
La principale raison de la tension sur le marché allemand semble une fois de plus être la hausse continue de la consommation d'œufs malgré l'augmentation des prix. Selon les données du Centre national allemand d'information agricole (BZL), la consommation par habitant a progressé de 1,6 % en 2025, passant de 248 à 252 œufs. La consommation totale, incluant les œufs transformés, s'est élevée à 21 milliards d'œufs. L'Allemagne en a produit 15,3 milliards.
Parallèlement, la production en Allemagne a légèrement augmenté, malgré une diminution du cheptel avicole. En 2025, le nombre de poules pondeuses a légèrement diminué pour atteindre 51,1 millions d'animaux, soit environ 400 000 de moins qu'un an auparavant. Ce recul s'explique notamment par la mortalité due aux maladies animales. Dans le même temps, la productivité s'est améliorée : en 2025, une poule pondeuse a produit en moyenne 299 œufs, soit quatre de plus qu'en 2024. De ce fait, la production totale d'œufs destinés à la consommation a légèrement progressé, malgré la réduction du cheptel.
Les Pays-Bas dominent les exportations
Par ailleurs, l'influence considérable des prix des œufs allemands sur le marché néerlandais est une fois de plus manifeste. En 2025, les importations d'œufs ont légèrement diminué de 1,3 %, tandis que celles de produits ovoproduits transformés, tels que la poudre d'œuf, les jaunes et les blancs d'œufs, ont progressé de 6 %. Au final, cela a entraîné une hausse modeste des importations totales de 0,8 %.
Les Pays-Bas sont de loin restés le principal fournisseur, avec une part de marché de 69 %, suivis par la Pologne avec près de 16 % et la Belgique avec environ 3,4 %. Parallèlement, les importations se sont déroulées plus difficilement que les années précédentes, notamment en raison de la baisse des stocks aux Pays-Bas et des conséquences des épidémies de grippe aviaire dans plusieurs pays européens.