Des organisations environnementales affirment que les procédures d'approbation de Renure n'ont pas été respectées et exercent des pressions juridiques. Pour en savoir plus sur la plainte déposée contre la nouvelle réglementation relative à Renure, cliquez ici.
La réglementation adoptée en février autorise l'épandage de fumier supplémentaire sous forme de Renure, au-delà de la norme actuelle de 170 kilogrammes d'azote par hectare. En pratique, cela peut représenter environ 250 kilogrammes d'azote par hectare.
Selon le BEE, les nouvelles règles sont insuffisamment justifiées et ont été mises en œuvre trop rapidement. Par exemple, aucune situation d'urgence ne semble justifier une telle précipitation. De plus, une analyse d'impact complète fait défaut et les mesures anticipent l'évaluation en cours de la directive Nitrates. L'organisation qualifie cette approche de « préoccupante » et remet en question la validité juridique de la mesure.
La pression du fumier et la qualité de l'eau deviennent primordiales.
Le cœur du problème : selon le Bureau européen d’écologie (BEE), un plus grand volume de fumier exerce une pression accrue sur la qualité de l’eau et les écosystèmes. L’Europe est confrontée depuis des années à un excédent de nutriments. D’après le BEE, plus de 30 % des eaux de surface sont polluées et 14 % des eaux souterraines ne respectent pas les normes de potabilité.
La Commission défend l'utilisation du Renure, un substitut d'engrais, comme moyen de réduire la dépendance aux importations d'engrais. Le débat aborde ainsi l'orientation générale de l'agriculture européenne. Tandis que la Commission privilégie une utilisation accrue du fumier, le Conseil européen de l'agriculture (CEE) plaide pour une réduction du cheptel et une transition vers des systèmes d'élevage plus extensifs.
Selon cette organisation environnementale, l'Europe risque de s'enliser dans un modèle caractérisé par une pression structurellement élevée sur les déchets organiques, ce qui représente un risque pour la qualité de l'eau, la nature et la capacité de production agricole à long terme.
« La Commission a une fois de plus échoué à s'attaquer au problème de fond de la dépendance de l'Europe aux importations d'engrais. Autoriser davantage d'épandage de fumier dans les champs n'aide pas les agriculteurs ; l'UE doit apporter un soutien financier aux méthodes d'agriculture extensive », déclare Sara Johansson, chargée de mission principale en politique de l'eau au Bureau européen d'évaluation agricole (BEE).
Conséquences possibles
La plainte a été déposée auprès du Médiateur européen et risque d'alimenter davantage le débat politique. La question est de savoir si la Commission européenne maintiendra sa position ou si les pressions juridiques et politiques l'amèneront à revoir sa position.