Le détroit d'Ormuz continue de jouer un rôle déterminant dans l'évolution des prix de l'énergie. Le blocus du détroit annoncé par Trump engendre de nouveaux risques. Selon Fatih Birol, directeur général de l'AIE, la crise d'approvisionnement ne se répercute pas encore pleinement sur le prix du pétrole. Cela laisse présager une nouvelle hausse des prix.
Le prix du baril de Brent a clôturé vendredi à 95,20 dollars. Lundi, il a progressé en raison du blocus américain, mais est resté inférieur à 100 dollars. Ces dernières semaines, des pics à plus de 112 dollars le baril ont également été observés. Au moment de la rédaction de cet article (mardi 14 avril après-midi), le prix du pétrole a légèrement baissé à 97,65 dollars. Il demeure toutefois élevé comparé aux 60 dollars attendus début 2026.
Le diesel recule également : de 184,91 € lundi à 176,30 € les 100 litres à partir de 4 000 litres (prix membre LTO) aujourd’hui.
Le cessez-le-feu de deux semaines a été annoncé il y a une semaine. Les négociations entre les États-Unis et l'Iran sur la marche à suivre sont pour l'instant au point mort. Pendant ce temps, l'Iran continue de décider qui est autorisé, et surtout qui ne l'est pas, à naviguer dans le détroit d'Ormuz. En réponse, Trump a décidé que les États-Unis bloqueraient eux-mêmes les ports iraniens et une portion du détroit à compter d'hier (lundi 13 avril).
Cependant, si l'on en croit les informations disponibles, cette stratégie ne semble pas très efficace pour le moment. La BBC rapporte qu'au moins quatre navires affiliés à l'Iran ont franchi le détroit d'Ormuz aujourd'hui. Deux d'entre eux auraient également fait escale dans un port iranien. L'Iran, de son côté, a menacé de bloquer tout port du Golfe si ses propres ports étaient bloqués.
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la demande de pétrole devrait diminuer de 80 000 barils par jour cette année en raison du conflit en Iran. La production mondiale de pétrole a chuté de 10,1 millions de barils par jour en mars pour s'établir à 97 millions de barils par jour, indique l'AIE dans son dernier rapport sur le marché pétrolier publié aujourd'hui.
Début avril, environ 3,8 millions de barils de pétrole brut, de gaz et de produits raffinés transitaient chaque jour par le détroit d'Ormuz, contre 20 millions de barils par jour en février. Une partie de ce trafic emprunte des routes alternatives. Au total, les exportations ont diminué de 13 millions de barils par jour. « La reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz demeure essentielle pour alléger la pression sur les approvisionnements énergétiques, les prix et l'économie mondiale », a déclaré l'agence.
Crise d'approvisionnement
Selon Bloomberg, le directeur général de l'AIE, Fatih Birol, a déclaré que les prix du pétrole ne reflètent pas encore la gravité de la crise d'approvisionnement sans précédent provoquée par la guerre avec l'Iran, mais que ce sera bientôt le cas. Il prévient que plus de 80 centrales électriques ont été endommagées et que la remise en état pourrait prendre jusqu'à deux ans.
Le prix du gaz est également influencé par les derniers développements liés à la guerre en Iran. Au moment de la rédaction de ce document, le prix s'établit à 44,35 € par mégawattheure sur le marché à terme TTF. Ce tarif est supérieur à celui d'avant le week-end (43,64 € par MWh), mais inférieur à celui de lundi (46,41 € par MWh). On observe également une baisse en dents de scie depuis le pic récent du 16 mars, où le prix du gaz atteignait 61,81 € par MWh.
La douceur des températures actuelles nous est favorable, entraînant une baisse de la demande de chauffage. L'Europe s'approvisionne principalement en gaz naturel liquéfié (GNL) auprès de la Norvège et en gaz naturel liquéfié (GNL) auprès des États-Unis, bien qu'une partie provienne également du Qatar. L'Inde et la Chine achètent beaucoup plus de GNL au Qatar et sont donc plus directement concernées. En fin de compte, le prix est aussi un facteur déterminant. Par conséquent, l'Europe doit rivaliser avec les pays asiatiques pour reconstituer ses réserves de gaz. Les stocks de gaz sont faibles en ce début de saison de remplissage. Selon les données de Gas Infrastructure Europe, le taux de remplissage de l'UE est actuellement de 29,5 %, tandis que les réserves néerlandaises sont remplies à 6,2 % (le taux le plus bas de l'UE).
Par ailleurs, depuis cette semaine, ICE a étendu les horaires de négociation des contrats à terme et des options sur le gaz sur le TTF de 10 à 22 heures par jour. L'objectif est d'harmoniser ces contrats à terme avec d'autres plateformes comme Henry Hub et JKM, qui fonctionnent déjà 22 heures sur 24.
électricité
Le prix moyen journalier de l'électricité sur le marché Epex Spot (contrat à terme) a fluctué la semaine dernière entre 59,11 €/MWh le 11 avril et 132,45 €/MWh aujourd'hui. Il n'y a actuellement aucun prix négatif de l'électricité par tranche de 15 minutes.
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