La hausse de l'inflation et la fluctuation des prix de l'énergie exercent une pression sur la politique monétaire de la BCE. Face à la hausse de l'Euribor et à l'incertitude croissante entourant les taux d'intérêt, le marché est en quête d'une orientation claire. Pour en savoir plus sur la politique monétaire de la BCE, consultez notre article.
Des rumeurs circulaient quant à une possible démission anticipée de la présidente de la BCE, mais elle les a démenties personnellement. Christine Lagarde, âgée de 70 ans, occupe son poste depuis novembre 2019 et le restera pour les années à venir, si elle le souhaite. Elle n'a pas besoin de distractions pour exercer pleinement ses fonctions.
La grande question qui se pose actuellement à Francfort est de savoir si la BCE doit relever ses taux d'intérêt dans les prochains mois. Au début de l'année, cela ne semblait pas être le cas, mais la guerre en Iran a bouleversé la donne. En raison de la flambée des prix de l'énergie, l'inflation pourrait encore s'aggraver.
L'inflation augmente
En France, son pays d'origine, l'inflation s'est établie à 1,7 % le mois dernier. Bien que ce taux soit acceptable par rapport à l'objectif européen de 2 %, il représente néanmoins une nette hausse. En janvier, une légère déflation persistait.
L'estimation rapide de l'Institut néerlandais de statistique (CBS) indique que l'inflation aux Pays-Bas a atteint 2,7 % en mars, contre 2,4 % le mois précédent. Ce taux est légèrement supérieur à la moyenne de la zone euro, qui s'établissait provisoirement à 2,5 % en mars.
L'énergie, en particulier, a été le principal facteur de cette hausse. Les prix dans d'autres catégories de produits pourraient également augmenter dans les prochains mois, les entreprises répercutant la flambée des prix de l'énergie. Parallèlement, cela pourrait également inciter la BCE à ne pas relever ses taux d'intérêt, afin d'éviter un ralentissement supplémentaire de l'économie. Une hausse des taux d'intérêt pourrait également d'euros pour renforcer encore davantage ce qui s'est déjà considérablement accru au cours des dernières semaines.
Ne réagissez pas trop tard.
La prochaine décision de la BCE concernant les taux d'intérêt aura lieu le dernier jour de ce mois. Fin avril, Christine Lagarde avait déjà indiqué qu'une hausse des taux pourrait se justifier si l'inflation dépassait légèrement l'objectif européen. Elle a réaffirmé cette semaine, lors d'un entretien avec Bloomberg, qu'elle entendait défendre avec vigueur l'objectif de 2 %.
Lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, il y a plus de quatre ans, l'inflation dans la zone euro a également connu une forte hausse. À l'époque, la BCE avait été critiquée pour ne pas avoir relevé ses taux d'intérêt à temps. Elle ne souhaite pas reproduire cette « erreur », du moins semble-t-elle sous-entendre.
Cependant, de nombreux économistes estiment que le taux directeur ne devrait pas augmenter dès avril, d'autant plus que les prix de l'énergie sont de nouveau en baisse suite à l'instauration d'un cessez-le-feu, certes fragile. Ce cessez-le-feu expire en début de semaine prochaine. Après l'échec des négociations entre les États-Unis et l'Iran le week-end dernier, les deux pays tenteront une nouvelle fois de résoudre le conflit dans les prochains jours.
Le prix du pétrole baisse à nouveau, l'Euribor continue de progresser.
Parallèlement, l'instabilité persiste sur les marchés financiers, malgré un repli du prix du pétrole sous la barre des 95 dollars le baril aujourd'hui, son plus bas niveau depuis un mois. L'Euribor à trois mois, quant à lui, poursuit sa progression et se négocie actuellement au-dessus de 2,2 %, son plus haut niveau depuis mai dernier.
Les contrats de financement et de crédit-bail à taux variable y sont souvent directement liés, ce qui signifie que les utilisateurs en ressentent rapidement les effets. L'Euribor est souvent considéré comme un indicateur de marché de l'évolution attendue du taux directeur de la BCE, qui s'établit actuellement à 2,15 % pour le refinancement. Pour la première fois depuis des années, l'Euribor repasse au-dessus de ce niveau. Les taux d'intérêt à long terme pour cinq et dix Le taux de repli en fin d'année revient après un pic fin mars, malgré une certaine volatilité.
Après une période de baisse et de stabilité des taux d'intérêt, il est clair que la guerre au Moyen-Orient a de nouveau introduit de l'incertitude dans la trajectoire des taux d'intérêt, sans que l'on sache si et quand la BCE interviendra réellement.