Le marché des céréales s'est arrêté lors de la dernière séance de bourse. Toutefois, les pluies tombées dans certaines parties de la ceinture de blé américaine ont apporté un certain soulagement au marché. Mais les inquiétudes concernant les conditions de croissance décevantes dans diverses régions productrices n’ont en aucun cas disparu.
Le contrat blé de mai sur le Matif a gagné 2 € hier (lundi 2,25 mai) pour clôturer à 403 € la tonne. Les contrats pour la nouvelle récolte ont pris un peu de recul. Le contrat de septembre a clôturé à 2,50 € à 377,50 € la tonne et celui de mai 2023 à 364,75 € la tonne. C'est 3,25 € de moins que le cours de clôture de vendredi dernier. Sur la CBoT, les contrats de blé de mai et juillet ont clôturé en légère baisse et le prix du contrat de septembre est resté inchangé. Le maïs a clôturé en baisse de 0,6% à la bourse américaine. Le prix du soja a été le plus volatil et a chuté de 2 %.
Selon les experts, le déclin du soja est étroitement lié à l'avancée des travaux de printemps aux États-Unis. Seulement 14 % de la superficie prévue en maïs a été plantée, selon le rapport sur les progrès des récoltes du Département américain de l'Agriculture (USDA). La moyenne quinquennale pour cette période est de 33 %. La date idéale de semis du maïs est avant le 10 mai. Cette date approche à grands pas et il sera difficile pour les producteurs de semer à temps. Le soja peut être semé plus tard sans sacrifier le potentiel de rendement. De plus, les besoins en engrais (artificiels) du soja sont inférieurs à ceux du maïs. Plusieurs experts s’attendent donc à ce que les agriculteurs américains abandonnent une partie de leurs superficies en maïs et optent plutôt pour le soja.
Le marché du blé domine à nouveau
L’état du blé d’hiver reste préoccupant sur le marché céréalier. Le blé se porte globalement bien en Europe, comme l'a confirmé la semaine dernière le bulletin JRC Mars de la Commission européenne. Dans l’ensemble, le blé aux États-Unis est en moins bonne forme. L'USDA attribue à 43 % des superficies en blé d'hiver le statut de pauvre ou très pauvre. La saison dernière, ce pourcentage était de 19 %. Les pluies ont apporté un certain soulagement dans certaines régions des États-Unis ces derniers jours, mais - comme l'a dit une source - il est trop peu, trop tard pour que le blé d'hiver en profite réellement. En Inde non plus, la saison ne se déroule pas comme prévu. Dans le nord du pays, les agriculteurs sont confrontés à des chaleurs extrêmes. Après cinq années consécutives de récoltes record, la récolte de céréales sera probablement inférieure cette année.
Pour déterminer le prix de la nouvelle récolte, les acteurs du marché examinent les attentes de récolte et de consommation des institutions gouvernementales et des agences de marché renommées. Le rapport Wasde de l'USDA est peut-être celui qui fait le plus autorité. Selon certains analystes, les éditions récentes ont clairement tenté de minimiser les conséquences de la guerre en Ukraine sur le marché mondial des céréales. L’USDA a en partie raison et le rôle de l’Ukraine ne doit pas être surestimé. La sous-estimation constitue l’autre extrême et, selon certains analystes, elle se cache dans une tentative de garder le marché sous contrôle. Il y a beaucoup d’incertitude parmi les commerçants et les spéculateurs. Cela va des problèmes liés à l'exportation des céréales de la région de la mer Noire aux rendements décevants et aux mesures protectionnistes prises par les pays. Selon certains experts, ces incertitudes ne se reflètent pas suffisamment dans les prévisions, par exemple de l'USDA.