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Analyse Grains et matières premières

Les coopératives allemandes sont un peu plus optimistes quant aux céréales.

7 November 2025 - Jurphaas Lugtenburg

La Chine s'apprêterait à acheter d'importants volumes de céréales et de soja aux États-Unis. Tel était, en résumé, le message de Trump après sa rencontre avec Xi. Plus d'une semaine s'est écoulée et les acteurs du marché des céréales constatent peu de preuves concrètes de ces achats massifs par la Chine. Cette situation était pourtant anticipée sur le marché à terme. L'Allemagne se montre plus optimiste. Selon DRV, un taux de change de l'euro plus favorable pourrait, avec un peu de chance, stimuler les exportations européennes.

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Le contrat à terme sur le blé pour décembre sur le Matif a clôturé hier en baisse de 2,25 € à 192 € la tonne. Sur le CBoT, le blé a subi une baisse plus marquée, perdant 19 cents pour s'établir à 5.35 $ le boisseau. Le maïs a vu son repli limité à 6 cents, clôturant à 4.28 $ le boisseau. Le soja a enregistré la plus forte baisse sur le marché, reculant de 28 cents à 10.91 $ le boisseau.

L'absence de données concrètes prouvant que la Chine achète effectivement des volumes importants de céréales et de soja aux États-Unis a semé la panique sur les marchés hier. Si la Chine achète activement aux États-Unis, le rythme de ces achats est loin d'être celui anticipé par le marché ces dernières semaines, à l'occasion du sommet entre Trump et Xi. Il a depuis été confirmé que la Chine a acheté deux cargaisons de blé aux États-Unis, pour un total de 120 000 tonnes, mais les 12 millions de tonnes de soja que Trump avait annoncées comme devant être achetées par Pékin cette année restent encore largement méconnues.

Des attentes élevées
En raison de la flambée des prix du soja, amorcée début octobre, le soja américain est devenu trop cher sur le marché mondial, selon plusieurs analystes. Pour les livraisons de décembre et janvier, le prix du soja expédié aux États-Unis est légèrement supérieur à celui pratiqué au Brésil. Et ce, avant même la prise en compte des droits de douane que les importateurs chinois doivent acquitter sur le soja américain. Après les négociations avec Trump, Pékin a abaissé ces droits de douane, sans toutefois les supprimer complètement. Les premières récoltes de soja seront de nouveau disponibles au Brésil en février. Le prix baisse généralement à cette période, et l'écart avec le soja américain risque de se creuser davantage.

La Chine n'a pas forcément besoin d'acheter du soja. Au cours des dix premiers mois de cette année, elle a importé 95,7 millions de tonnes de soja, contre 89,9 millions de tonnes sur la même période l'an dernier. Le Brésil est de loin le principal fournisseur de soja de la Chine.

La saison des semis au Brésil ne se déroule pas tout à fait comme l'espéraient les agriculteurs. Les semis ont pu être effectués tôt, mais l'humidité a été insuffisante pour assurer un bon démarrage et une croissance optimale. De ce fait, certaines parcelles de soja ont été sursemées. Plus au sud, en Argentine, les agriculteurs ont commencé les semis de soja, selon la Bourse des céréales de Buenos Aires. Suite aux récentes pluies, la bourse décrit des conditions optimales et prévoit une récolte de soja de 48,5 millions de tonnes en Argentine.

Malgré la sécheresse, les rendements du maïs en Allemagne sont bons.
Pour une perspective plus positive sur le marché des céréales, il est préférable de consulter nos voisins de l'Est. La Fédération allemande des coopératives (DRV) estime la récolte de maïs en Allemagne à 4,7 millions de tonnes. Cela représente une baisse de 3,5 % par rapport à l'année dernière, mais reste proche de la moyenne à long terme. En début de saison, le maïs a souffert de la sécheresse dans de nombreuses régions d'Allemagne, mais malgré cela, les rendements sont satisfaisants. La DRV estime la récolte totale de céréales en Allemagne à 45,6 millions de tonnes. Il s'agit de la plus importante récolte depuis 2017.

L'accord commercial entre la Chine et les États-Unis dynamise le marché international, explique Guido Seedler, expert de marché chez DRV, dans son analyse des chiffres. Cependant, il convient de ne pas surestimer la demande concrète émanant de cette source. Selon M. Seedler, le dollar fort offre de meilleures perspectives aux exportations de céréales européennes. Les exportations de céréales, principalement de blé, de l'UE vers les pays tiers ont été atones ces derniers mois, notamment en raison de la relative vigueur de l'euro. Avec le renforcement du dollar, le blé européen redevient plus compétitif et la demande des pays hors UE pourrait repartir à la hausse. « Cela simplifierait le marché intérieur et se traduirait par de meilleurs prix pour les agriculteurs », conclut M. Seedler.

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