Les acteurs du marché américain des céréales sont légèrement plus optimistes que leurs homologues européens. La fin prochaine du blocage budgétaire aux États-Unis, qui a duré plus d'un mois, y contribue. Du point de vue des prix, l'Europe bénéficie d'un léger avantage sur le marché mondial. Cependant, une importante commande de blé égyptienne n'a pas entraîné de reprise des échanges européens de blé.
Le contrat à terme sur le blé pour décembre au Matif a clôturé hier en baisse de 0,75 € à 190,75 € la tonne. Sur le CBoT, les céréales ont terminé la dernière séance en hausse. Le blé a gagné 8 cents à 5.35 $ le boisseau. Le maïs a clôturé en hausse de 2 cents à 4.29 $ le boisseau. La plus forte hausse à la Bourse de Chicago a été enregistrée par le soja, qui a progressé de 14 cents à 11.16 $ le boisseau.
La fin imminente du blocage budgétaire aux États-Unis est l'un des facteurs qui ont stimulé la confiance à la Bourse de Chicago. Sept démocrates et une élue indépendante du Congrès américain ont rejoint les républicains, assurant ainsi une majorité au projet de budget et mettant fin au plus long blocage budgétaire de l'histoire. Cependant, il y a un hic : le projet de budget actuel ne couvre les dépenses publiques que jusqu'au 30 janvier. Il faudra également du temps pour que la Chambre des représentants et le président l'approuvent et que l'administration fédérale soit de nouveau pleinement opérationnelle. Néanmoins, le Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA) publiera un rapport WASDE ce vendredi soir (heure néerlandaise), le premier depuis septembre. Les opérateurs et les analystes espèrent également recevoir prochainement des chiffres sur les exportations américaines. Ces données confirmeront les informations concernant les achats chinois de soja et de blé aux États-Unis.
La hausse des prix des céréales observée à la Bourse de Chicago ne s'est pas encore véritablement répercutée en Europe. Pourtant, le blé européen, ainsi que celui de la région de la mer Noire, sont proposés à des prix relativement compétitifs sur le marché mondial. Une commande égyptienne constitue un élément positif à cet égard. Selon diverses sources, l'Égypte a acheté 500 000 tonnes de blé, qui seront livrées en décembre et janvier. Sur ce total, 200 000 tonnes proviennent de Russie, tandis que la Bulgarie, la Roumanie et l'Ukraine fournissent chacune 100 000 tonnes.
Le prix du blé russe selon Ikar a augmenté de 1,50 $ pour atteindre 232 $ la tonne. Ikar prévoit que la Russie exportera entre 5,2 et 5,4 millions de tonnes de blé en novembre. Ce chiffre est légèrement supérieur aux prévisions de SovEcon, qui tablent sur des exportations de 4,7 millions de tonnes pour novembre.
Au Brésil, les agriculteurs ont déjà semé plus de la moitié des surfaces de soja prévues. Selon AgRural, 61 % du soja est en terre, contre 47 % la semaine dernière. Dans le Mato Grosso, principal État producteur de soja, 86 % des surfaces sont semées, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne historique, indique AgRural. D'après l'agence, les semis ont été effectués suffisamment tôt pour permettre le début de la récolte du soja dans la seconde moitié de janvier.
Les nouvelles concernant le secteur du soja américain sont moins favorables. Le soja brésilien est déjà moins cher suite à la hausse des cours sur le CBoT, et si la récolte au Brésil peut effectivement commencer plus tôt, l'écart de prix risque de se creuser. Le fait que la Chine n'ait pas encore confirmé officiellement ses achats de 12 millions de tonnes de soja l'année prochaine et de 25 millions de tonnes au cours des trois prochaines années inquiète certains analystes.