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Analyse Grains et matières premières

Les agriculteurs russes sèment moins de blé

13 November 2025 - Jurphaas Lugtenburg

Le marché des céréales peine à trouver son équilibre. Les agriculteurs russes sèment moins de blé, mais il faudra encore environ un an avant que cela ne se répercute sur le marché physique. En Europe, les exportations de blé ne sont pas encore en plein essor, mais le déficit par rapport à la saison dernière se réduit quelque peu. Aux États-Unis, les fonctionnaires peuvent reprendre le travail après 43 jours de fermeture. Le fait que de nombreuses données, notamment sur les exportations et les récoltes, n'aient pas été publiées pendant cette période pourrait engendrer une volatilité accrue dans les prochains jours.

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Le contrat à terme sur le blé pour décembre sur le Matif a clôturé hier en hausse de 1 € à 190,25 € la tonne. Sur le CBoT, le blé est resté stable à 5.36 $ le boisseau. Le maïs a clôturé en hausse de 3 cents à 5.36 $ le boisseau lors de la dernière séance. Le soja a enregistré la plus forte hausse, progressant de 7 cents à 11.20 $ le boisseau.

D'après les premières prévisions de SovEcon concernant la récolte de blé 2026, la Russie devrait récolter moins de blé en 2026 qu'en 2025. La récolte est estimée à 83,8 millions de tonnes, contre 87,8 millions de tonnes l'an dernier. Cette baisse s'explique par une réduction attendue des surfaces cultivées en blé en Russie, premier exportateur mondial de cette céréale. Au total, la Russie a récolté 140 millions de tonnes brutes de céréales cette saison, a indiqué le vice-Premier ministre russe, Dmitri Patrouchev, via l'agence de presse russe Interfax. Interfax avait précédemment annoncé qu'au moins 135 millions de tonnes de céréales avaient été battues en Russie.

Le blé a été moins affecté par la sécheresse que le maïs.
Le ministère français de l'Agriculture a publié une mise à jour des chiffres de la récolte. La production de blé a diminué de 100 000 tonnes par rapport aux chiffres d'octobre, pour s'établir à 33,3 millions de tonnes. Cela signifie que la récolte de 2025 sera supérieure de 30 % à celle de 2024, et que la production totale de blé en France cette saison sera supérieure de 4,7 % à la moyenne quinquennale. La production d'orge d'hiver a légèrement diminué, passant de 8,4 millions de tonnes à 8,36 millions de tonnes. La récolte de colza reste inchangée à 4,6 millions de tonnes. Le maïs s'est moins bien comporté Les prévisions initiales concernant la récolte de maïs sont revues à la baisse. En octobre, le ministère estimait la production à 13,5 millions de tonnes, un chiffre désormais ramené à 13,2 millions de tonnes. En raison de la chaleur et de la sécheresse, la récolte française de maïs est inférieure de près de 10 % à celle de la saison dernière.

Les exportations européennes de blé restent inférieures à celles de la saison dernière, mais l'écart se réduit. Au cours de la campagne actuelle, jusqu'au 9 novembre inclus, l'UE a exporté 8,4 millions de tonnes de blé, selon les nouvelles données de la Commission européenne. La saison dernière, les exportations avaient progressé de 4 % sur la même période, pour atteindre 8,7 millions de tonnes. Le Maroc est le principal importateur de blé, avec 1,5 million de tonnes.

Les exportations d'orge ont plus que doublé par rapport à la saison dernière. L'UE a déjà exporté 3,9 millions de tonnes d'orge cette saison, contre 1,8 million de tonnes la saison dernière. Les importations de maïs sont inférieures de 25 % à celles de la saison dernière. À ce jour, l'UE a importé 5,6 millions de tonnes de maïs, contre 7,5 millions de tonnes la saison dernière.

Retour au travail
Après 43 jours, la paralysie des services gouvernementaux américains a pris fin. Tous les services interrompus en raison de cette paralysie ne sont pas encore pleinement opérationnels. Un rapport Wasde est attendu vendredi prochain. Cette publication avait déjà été annoncée, indépendamment de la fin de la paralysie. Face à plus d'un mois de données manquantes de la part du Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA), certains analystes prévoient que la volatilité des marchés autour de l'édition de novembre du rapport Wasde restera inchangée. L'USDA n'a pas été en mesure d'ajuster les exportations américaines entre-temps. Cela pourrait créer la surprise, notamment pour le soja, pour lequel Trump a fait des déclarations fortes concernant la demande chinoise.

D'après certaines sources, la Chine fait face à un excédent de soja après des mois d'importations record. Cette situation compromet les perspectives des exportations américaines, malgré un récent accord commercial qui, selon Washington, prévoit la reprise par Pékin de ses achats importants de soja américain. Les acheteurs chinois ont d'ailleurs privilégié l'Amérique du Sud en début d'année. Le soja américain a été délibérément évité par crainte d'une guerre commerciale avec Washington.

Si le rapport Wasde du département américain de l'Agriculture (USDA) envoie un signal positif pour le soja, cela pourrait avoir un impact négatif sur les exportations, préviennent certaines sources. Comparé au soja brésilien, le soja américain est déjà plus cher, et si le rapport Wasde déclenche une nouvelle hausse des cours sur le CBoT que le Brésil et l'Argentine ne suivent pas, les États-Unis se retrouveront encore plus hors de position sur le marché, selon certains analystes.

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