Il est quelque peu étrange que le sabotage du réseau ferroviaire polonais, possiblement lié au Kremlin, ait eu un impact plus important sur le commerce du blé à Chicago qu'à Paris. D'un autre côté, ce n'est pas la première fois qu'un incident se produit en Pologne depuis l'invasion russe de l'Ukraine. Cela pourrait expliquer la réaction plus mesurée observée en Europe. Les États-Unis ont publié leur premier rapport sur l'état des cultures depuis un mois et demi. Au Brésil, les conditions météorologiques instables empêchent les agriculteurs de semer les dernières parcelles de soja.
Le contrat à terme sur le blé pour décembre au Matif a clôturé hier en hausse de 1,75 € à 190 € la tonne. Au CBoT, le blé a également progressé, clôturant en hausse de 17 cents à 5.44 $ le boisseau. Le maïs a enregistré une hausse plus modeste de 4 cents, portant le contrat à terme sur décembre à 4.34 $ le boisseau. Le soja a atteint son plus haut niveau en six mois lors de la dernière séance, gagnant 32 cents à 11.57 $ le boisseau.
La prime de guerre sur les prix du blé remonte, notamment à la Bourse de Chicago. Cette hausse est liée à un possible sabotage d'une ligne ferroviaire en Pologne. Sur l'axe Varsovie-Lubin, axe majeur pour le transport de matériel militaire vers l'Ukraine, une portion de voie a été détruite à l'explosif près de la ville de Mika, et des dégâts ont également été constatés plus loin sur le trajet, a indiqué le Premier ministre polonais, Tusk, sur X (anciennement Twitter). Les autorités polonaises évoquent un sabotage perpétré par des services de renseignement étrangers.
Doigt accusateur
La Pologne ne cite aucun nom, mais l'implication du Kremlin est généralement admise. Les autorités polonaises affirment mettre tout en œuvre pour identifier le responsable. Si l'implication de la Russie dans le sabotage ferroviaire en Pologne est avérée, les tensions entre les deux pays et l'OTAN (dont la Pologne est membre) pourraient s'aggraver. Il semblerait même que les traders de Chicago soient plus préoccupés par cette affaire que leurs homologues parisiens.
Le prix du blé russe selon Ikar a également augmenté de 3 dollars pour atteindre 229 dollars la tonne. Ikar a maintenu ses prévisions d'exportation pour novembre entre 5,2 et 5,4 millions de tonnes. Son concurrent SovEcon a légèrement revu à la baisse ses prévisions d'exportation pour ce mois-ci, à 4,6 millions de tonnes.
Plus près de chez nous, en France, les agriculteurs ont presque terminé les semis de blé d'hiver. Selon les dernières informations de FranceAgriMer, 89 % des surfaces prévues pour le blé d'hiver sont semées, contre 76 % à la même période l'an dernier et 83 % en moyenne sur cinq ans.
Pour la première fois depuis le 28 septembre, nous disposons d'un rapport sur l'état des cultures aux États-Unis. Ce retard est dû, bien sûr, à la paralysie des services gouvernementaux, mais cela n'empêche pas la publication tardive du rapport hebdomadaire (normal). La plupart des travaux agricoles de la saison sont terminés. Au cours de la semaine se terminant le 16 novembre, 91 % du maïs a été récolté, contre 94 % en moyenne sur cinq ans et 98 % l'an dernier. Le battage du soja est également légèrement en retard, avec 95 % de la récolte effectuée cette saison, contre 96 % en moyenne sur cinq ans et 98 % l'an dernier. Sur les surfaces prévues pour le blé d'hiver, 92 % sont semées, contre 95 % en moyenne sur cinq ans. Le blé d'hiver est probablement en moins bon état que la saison dernière, sans doute en partie à cause de la sécheresse. 45 % des surfaces de blé d'hiver ont reçu une évaluation « bonne » ou « excellente », contre 49 % à la même période l'an dernier.
Correction concernant les exportations de soja
Le département américain de l'Agriculture (USDA) a publié hier une rectification quelque peu surprenante concernant les exportations de soja. Vendredi, il avait annoncé que la Chine avait acheté 232 000 tonnes de soja aux États-Unis. Hier, l'USDA a indiqué que ce chiffre était erroné. Le montant exact est de 132 000 tonnes, la Chine ayant annulé une commande de 100 000 tonnes.
Au Brésil, les semis de soja se poursuivent. Selon AgRural, 71 % de la surface prévue a été semée, contre 61 % la semaine dernière. Cependant, les agriculteurs accusent un retard dans leurs semis. La moyenne quinquennale est de 80 % des surfaces semées cette semaine. Toujours selon AgRural, les conditions météorologiques changeantes obligent les agriculteurs à travailler entre les averses pour semer le soja.