Les céréales d'hiver ont donné de bons résultats en Australie. Abares estime que la récolte totale sera supérieure de 35 % à la moyenne décennale et prévoit la troisième meilleure récolte de blé jamais enregistrée dans le pays. En Ukraine, les agriculteurs ont semé davantage de blé d'hiver que l'automne dernier, selon les chiffres préliminaires du ministère ukrainien de l'Agriculture. Ces récoltes abondantes ont un impact sur les prix. Par ailleurs, selon certains négociants, le marché physique diffère à certains égards du marché à terme.
Le contrat à terme sur le blé pour décembre au Matif a clôturé hier en baisse de 0,50 € à 186,75 € la tonne. Au CBoT, le blé a également légèrement reculé, perdant 0,50 centime à 5.30¼ $ le boisseau. Le maïs a clôturé en baisse de 2¾ centimes à 4.32¾ $ le boisseau. La plus forte baisse à la Bourse de Chicago a concerné le soja, qui a perdu 9¾ centimes à 11.28 $ le boisseau.
D'après le rapport sur les récoltes de décembre d'Abares (Bureau australien de l'économie et des sciences agricoles et des ressources, qui relève du ministère australien de l'Agriculture), l'Australie est en passe de réaliser la deuxième plus importante récolte de cultures d'hiver au monde. La récolte totale est estimée à 66,3 millions de tonnes, soit 35 % de plus que la moyenne des dix dernières années.
Plus de la moitié de la récolte est constituée de blé, soit 35,6 millions de tonnes. Les estimations concernant la récolte de blé ont été revues à la hausse de 1,8 million de tonnes par rapport aux précédentes, ce qui en fait la troisième plus importante récolte jamais enregistrée. Les estimations concernant l'orge ont quant à elles été revues à la hausse de 18 %, pour atteindre un niveau record de 15,7 millions de tonnes.
La récolte de colza prévue a également augmenté de manière significative, de 13 %, pour atteindre 7,2 millions de tonnes. En Australie-Occidentale (la principale région productrice), le rendement moyen du blé est de 3 tonnes par hectare. Les agriculteurs de cette province récoltent en moyenne 3,8 tonnes d'orge et 2 tonnes de colza par hectare.

La récolte des cultures d'hiver progresse régulièrement et leur rendement peut être déterminé avec une assez grande précision, écrit Abares. Cependant, les services statistiques restent prudents quant aux rendements des cultures semées au printemps. Les conditions de semis étaient favorables en Australie au printemps, mais maintenant que l'été est arrivé, la pluie est encore nécessaire pour optimiser le rendement potentiel. Les cultures semées tardivement, en particulier, ont encore un long chemin à parcourir.
On a semé davantage de blé.
L'Ukraine a publié hier ses premières prévisions pour la récolte de blé de 2026. Selon le secrétaire d'État Taras Vysotskiy, la récolte pourrait atteindre 24 à 25 millions de tonnes l'été prochain. L'été dernier, 23 millions de tonnes de blé ont été récoltées en Ukraine.
L'abondance des récoltes est liée à l'augmentation des surfaces cultivées en blé. Cet automne, 4,7 millions d'hectares de blé d'hiver ont été semés, contre 4,4 millions d'hectares la saison dernière. Au total, 6,43 millions d'hectares de cultures d'hiver ont été semés, selon le ministère ukrainien de l'Agriculture. Cela représente 98 % de la superficie prévue.
Les exportations céréalières ukrainiennes de la dernière récolte sont décevantes. Selon le ministère ukrainien de l'Agriculture, 12,14 millions de tonnes de céréales et de légumineuses ont été exportées cette saison, soit une baisse de 32 % par rapport à la même période l'an dernier. En novembre, les exportations s'élevaient à 2,76 millions de tonnes, en recul de 23 % par rapport au même mois de l'année précédente.
Les producteurs offrent peu
Des estimations de rendement plus élevées, comme celles observées actuellement en Australie et en Ukraine, sont moins favorables aux prix. Certains négociants sur le marché physique le constatent. Plusieurs agriculteurs céréaliers ne sont pas pressés de vendre aux prix actuels.
On estime que la probabilité d'une nouvelle hausse des prix en fin de saison est supérieure à celle d'une nouvelle baisse. Selon certaines sources, cette situation crée des difficultés d'approvisionnement sur un marché où les céréales devraient être abondantes.