Les efforts diplomatiques non conventionnels du président américain pour mettre fin à la guerre en Ukraine se sont jusqu'à présent avérés largement infructueux. De fait, les tensions dans la région de la mer Noire s'accentuent légèrement. Un appel d'offres algérien pour la transformation du blé a également contribué à une légère amélioration du climat des marchés. Au Brésil, les pluies ont exercé une certaine pression à la baisse sur les cours du maïs et du soja lors de la dernière séance de bourse.
Le contrat à terme sur le blé pour décembre sur le Matif a clôturé hier en hausse de 2 € à 193 € la tonne. Sur le CBoT, le blé est resté stable à 5.37 $ le boisseau. Le maïs a légèrement reculé, clôturant en baisse de 6 cents à 4.31 $ le boisseau. Le soja a perdu 9 cents à 11.15 $ le boisseau.
La visite de l'envoyé américain Witkoff à Moscou cette semaine n'a pas permis de réaliser d'avancée significative dans le processus de paix en Ukraine. Des sources russes ont qualifié les discussions d'utiles et constructives, mais les territoires occupés demeurent un obstacle majeur. Point positif, les parties poursuivent les pourparlers. Cependant, cela est loin d'avoir apaisé les tensions. Poutine a déjà proféré plusieurs menaces à l'encontre des pays européens qui oseraient « provoquer » la Russie.
Soutien extérieur à l'OTAN
L'engagement de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande à contribuer financièrement à l'équipement militaire ukrainien constitue un atout majeur pour l'Ukraine. Ces deux pays sont ainsi les premiers non-membres de l'OTAN à soutenir financièrement l'effort de guerre ukrainien. Le fait que l'Australie et la Nouvelle-Zélande aient également placé sur liste noire plusieurs navires soupçonnés d'appartenir à la flotte secrète russe est un sujet sensible pour le Kremlin. Poutine a laissé entendre qu'il pourrait perturber le trafic maritime ukrainien en guise de représailles, ce qui aurait des conséquences directes sur les exportations de céréales.
Les nouvelles en provenance de Bruxelles sont moins réjouissantes pour l'Ukraine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, souhaite transférer à l'Ukraine les avoirs russes gelés détenus par les institutions européennes. La Belgique s'oppose désormais à ce projet. Il s'agit d'un total d'environ 210 milliards d'euros d'avoirs russes gelés en Europe, dont 185 milliards sont détenus en Belgique. La Belgique craint des représailles si le Kremlin engage des poursuites judiciaires contre le plan de la Commission européenne. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, affirme que les risques sont évidents : « Si la Russie nous assigne en justice, elle a toutes les chances de gagner, et nous, la Belgique, ne pourrons pas rembourser ces 200 milliards d'euros, car cela équivaut à un budget fédéral annuel entier. Ce serait la faillite pour la Belgique. »
Guerre des prix
Outre les tensions entre l'Ukraine et la Russie, un appel d'offres algérien a également insufflé un vent d'optimisme, notamment sur le marché européen du blé. Ce pays d'Afrique du Nord a acquis une quantité encore indéterminée de blé meunier. Les estimations varient, mais selon certaines sources, l'Algérie aurait obtenu jusqu'à 900 000 tonnes de blé. Les prix n'ont pas encore été officiellement annoncés, mais certaines sources évoquent un cours d'environ 256 dollars la tonne C&F (transport à terme). Le blé proviendrait de la région de la mer Noire et d'Argentine.
L'Argentine a pris le relais de la Russie en matière de compétitivité sur le marché mondial. Selon SovEcon, le prix du blé russe a baissé d'environ 4 dollars depuis la mi-novembre, pour se situer entre 228 et 230 dollars la tonne. Les exportateurs argentins de blé pratiqueraient désormais des prix inférieurs d'environ 20 dollars à ceux de la Russie. Cette compétitivité n'est pas un luxe. D'après les dernières prévisions, le pays enregistre une récolte de blé record. Cependant, diverses sources font état d'une qualité médiocre du blé, contraignant ainsi les exportateurs argentins à baisser leurs prix pour attirer les acheteurs.
Le maïs et le soja ont légèrement baissé lors de la dernière séance, selon diverses sources, en raison des prévisions météorologiques pour le Brésil. De la pluie est attendue dans le centre et le nord du pays, ce qui devrait permettre de reconstituer les réserves d'humidité des sols.