Bien sûr, la saison de croissance ne fait que commencer, mais Coceral a publié une estimation pour la récolte de céréales européenne de 2026. Malgré une bonne tenue de la culture du blé, l'association ne prévoit pas de rendements aussi élevés que la saison dernière. En Inde, les céréaliers ont également de bonnes raisons de se réjouir du début de la nouvelle saison, ce qui se traduit par une augmentation significative des surfaces cultivées en blé.
Le contrat à terme sur le blé pour livraison en mars au Matif a clôturé hier en baisse de 0,25 € à 190 € la tonne. Sur le CBoT, le blé a reculé de 5 cents à 5.31 $ le boisseau. Le maïs a clôturé en baisse de 6 cents à 4.34 $ le boisseau. Contrairement aux céréales, le soja a progressé. Le contrat à terme pour livraison en janvier à la Bourse de Chicago a clôturé en hausse de 4 cents à 10.91 $ le boisseau.
L'Association européenne des négociants en céréales (Coceral) a publié ses premières prévisions de récolte pour 2026. L'organisation prévoit une récolte de 143,9 millions de tonnes de blé dans l'UE cet été. À titre de comparaison, 147,5 millions de tonnes de blé ont été battues en 2025. La saison dernière, les rendements de blé dans l'UE ont été exceptionnels, selon Coceral. L'association anticipe des rendements à l'hectare plus faibles pour la saison à venir. Néanmoins, la situation de départ pour le blé d'hiver est favorable. « Les pluies de ces derniers mois ont permis une humidité du sol optimale, ce qui a favorisé le bon développement des cultures dans de nombreuses régions de l'UE à l'approche de l'hiver », indique Coceral.
Sécheresse
La production d'orge est estimée à 58,2 millions de tonnes pour la prochaine récolte, contre 63,2 millions de tonnes en 2025. La production de maïs attendue l'an prochain est estimée à 58,9 millions de tonnes, contre 57,1 millions de tonnes lors de la précédente récolte. Coceral prévoit une légère reprise des rendements après la sécheresse extrême de la saison dernière. Les agriculteurs, principalement en France et dans les Balkans, se désintéressent du maïs, les rendements ayant été plus décevants que positifs ces dernières années. Ils privilégient désormais les semis de tournesol et de soja, selon Coceral. La récolte de colza pour 2026 est estimée par Coceral à 21,8 millions de tonnes, soit le même volume que la récolte de l'été dernier.
En raison de récoltes abondantes, le blé est le maillon faible du marché des céréales, selon plusieurs analystes. Mardi dernier, le département américain de l'Agriculture (USDA) a revu à la hausse ses stocks de blé de clôture de 3,4 millions de tonnes, les portant à 274,9 millions de tonnes, dans son rapport Wasde. Bien qu'une augmentation fût attendue, l'ajustement a été plus important que prévu par plusieurs acteurs du marché. Cet effet se répercute sur le CBoT. Le contrat à terme sur le blé de mars, le plus échangé, a chuté hier à son plus bas niveau depuis un mois et demi.
Ce qui est particulièrement défavorable aux exportateurs américains, c'est la réduction par l'Argentine de ses droits de douane sur le blé, passés de 9,5 % à 7,5 %. Le blé argentin était déjà relativement bon marché sur le marché mondial, et un changement prochain de cette situation serait catastrophique. Selon plusieurs sources, le prix du blé fourrager argentin est actuellement au plus bas depuis huit ans en raison de problèmes de qualité.
Expansion majeure des surfaces cultivées en blé en Inde
Selon Reuters, qui cite des chiffres du ministère indien de l'Agriculture, les agriculteurs indiens ont semé cet automne des surfaces nettement supérieures de cultures d'hiver, telles que le blé, le colza et les pois chiches. Au total, 47,9 millions d'hectares de cultures d'hiver ont été semés, soit une augmentation de 6,1 % par rapport à l'année dernière. Plus de la moitié de ces surfaces sont consacrées au blé, avec 24,1 millions d'hectares. Cela représente une hausse de 10,8 % par rapport à la saison précédente. La superficie cultivée en colza, quant à elle, a augmenté de 4,5 % par rapport à la saison dernière, pour atteindre 7,8 millions d'hectares.
L'augmentation des surfaces cultivées s'explique par les pluies d'octobre dernier. Dans les principales régions agricoles du nord-ouest de l'Inde, les précipitations ont été jusqu'à 161 % supérieures à la moyenne en octobre. Grâce à l'humidité abondante des sols, des champs qui, les années précédentes, restaient souvent en jachère faute d'eau, sont désormais cultivés. Une grande superficie cultivée ne garantit cependant pas automatiquement une récolte abondante. Les rendements sont déterminés par la période allant de mi-janvier à mi-mars environ.