Aujourd'hui marque le cinquième jour consécutif de hausse des cours du blé. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas vu une telle situation. Cependant, il faudrait des frappes aériennes russes massives sur les ports ukrainiens pour y parvenir.
D'ailleurs, il ne s'agit que de faibles augmentations qui font grimper les prix du blé. Même pour un marché céréalier, ces hausses sont loin d'être extraordinaires. En une semaine, le prix du blé sur le marché à terme de Paris a augmenté de 4 € pour atteindre 189 € la tonne. C'est à peine de quoi acheter deux pains.
Cela indique que le commerce du blé est difficile à réorienter. Sous l'effet des importants stocks mondiaux, une baisse est plus facile à gérer qu'une hausse résultant de bombardements massifs.
Sur le marché à terme CBoT de Chicago, les écarts ne sont certainement pas plus importants qu'à Paris actuellement. Le prix du blé pour livraison en mars sur le CBoT se rapproche des 5,2 dollars le boisseau. La bourse a clôturé à 5,17 dollars le boisseau mardi, soit 11 cents de plus que le plus bas de mercredi dernier.
Converti à 5,27 $ la tonne, le prix de clôture de mardi équivaut à 161 € la tonne. C'est 3 € de plus que le prix plancher de 158 € la tonne atteint en milieu de semaine dernière. Le contrat de mai présente une tendance similaire. Son prix a clôturé mardi à 5,27 $ la tonne, soit 164 € la tonne.
Parallèlement, la Russie accroît ses exportations de blé. Le cabinet d'études de marché russe SovEcon estime que la Russie exportera 3,9 millions de tonnes de blé ce mois-ci, soit 0,5 million de tonnes de plus que l'an dernier. Ce volume est par ailleurs proche du record de décembre 2022, qui s'élevait à 4,1 millions de tonnes. Cette hausse s'explique notamment par le retour à des marges positives à l'exportation, grâce à la baisse des prix locaux. L'Iran et la Turquie, en particulier, importent des volumes plus importants de blé russe cette saison.
Les marchés locaux néerlandais restent stables durant cette période. La bourse de Groningue s'est maintenue à 186 € la tonne en décembre et ne reprendra ses activités qu'en janvier. La bourse Zuid (Goes) est ouverte cette semaine. Le prix y baisse d'environ 1 €, se situant entre 172 € et 180 € la tonne. La demande est faible en ce moment, mais l'offre est également très réduite.