On parle de paix entre la Russie et l'Ukraine, mais rien de concret n'a encore été réalisé. Cela est apparu clairement hier après la visite de Zelensky à Trump. Parallèlement, les attaques entre l'Ukraine et la Russie contre des navires et des infrastructures portuaires ont des répercussions sur le marché des céréales. La météo est un autre facteur à prendre en compte. Après un Noël relativement doux aux États-Unis, une vague de froid intense pourrait s'annoncer.
Le contrat à terme sur le blé pour livraison en mars sur le Matif a clôturé en hausse de 1,25 € à 190,25 € la tonne lors de la dernière séance. Sur le CBoT, le blé a clôturé en baisse de 2 cents à 5.19 $ le boisseau. Le maïs a également reculé, clôturant en baisse de 1 cent à 4.50 $ le boisseau. À l'instar des autres céréales, le soja a lui aussi baissé, perdant 4 cents pour clôturer à 10.58 $ le boisseau.
Le président ukrainien Zelensky a rencontré le président américain Trump en Floride le week-end dernier. Les deux hommes se montrent optimistes quant à la conclusion d'un accord mettant fin à la guerre en Ukraine. Selon Zelensky, les garanties de sécurité sont essentielles à une paix durable. Aucune déclaration concrète n'a été faite sur les modalités de mise en œuvre de ces garanties. L'autre point de désaccord majeur demeure le Donbass. La Russie revendique l'intégralité de cette zone de l'est de l'Ukraine, y compris les territoires non occupés. Zelensky semble désormais disposé à discuter de la création d'une zone démilitarisée dans le Donbass. Avant sa visite, Trump s'est entretenu par téléphone avec Poutine. En définitive, un accord de paix dans la région de la mer Noire reste largement incertain.
Nouveau quota
Les objectifs d'exportation de la Russie sont concrets. La semaine dernière, Moscou a annoncé les quotas d'exportation pour la dernière partie de la campagne en cours. Entre le 15 février et le 30 juin, 20 millions de tonnes de céréales pourront être exportées. La saison dernière, le quota pour cette période était fixé à 10,6 millions de tonnes. Il convient de noter, cependant, que le maïs et l'orge n'étaient pas inclus dans ce quota l'an dernier, mais le sont cette saison.
La Russie vise à exporter entre 53 et 55 millions de tonnes de céréales cette saison. Ses exportations céréalières sont restées modérées jusqu'à présent. Les marges sont faibles en raison de la faiblesse des cours mondiaux des céréales et de la vigueur du rouble. Les exportations de blé, principale céréale, sont lentes. Au cours des premiers mois de la saison, elles ont chuté d'environ 30 % par rapport à l'année dernière. La Russie espère une reprise des exportations céréalières dès que les cours mondiaux remonteront. Ces derniers ont légèrement augmenté ce mois-ci suite aux attaques contre des navires et des infrastructures portuaires russes et ukrainiennes. Ces attaques ont suscité de vives inquiétudes quant à la sécurité d'approvisionnement et aux risques liés aux exportations de céréales de la région de la mer Noire.
approche froide
Les conditions météorologiques constituent un autre facteur susceptible de perturber le marché des céréales dans les prochains jours. Selon les modèles météorologiques, une masse d'air froid devrait s'installer sur l'UE et la région de la mer Noire début janvier. Le blé ne pourra pas passer l'hiver immédiatement, notamment dans les zones enneigées. Plus loin en Russie, les dégâts causés par le gel sont une source d'inquiétude, d'après certaines sources.
Le froid inquiète également les analystes américains. La semaine dernière, des températures record ont été enregistrées aux États-Unis. Un front froid traverse actuellement le Canada. Si ce froid se déplace plus au sud, vers les prairies américaines, il pourrait causer des dégâts. En raison des températures relativement douces de la semaine dernière, le blé risque de geler pendant l'hiver, selon plusieurs sources locales.