Le blé demeure la culture de base de la rotation des cultures pour l'agriculteur moyen, mais cette stabilité s'est avérée peu rentable ces dernières saisons. Le marché se concentre actuellement davantage sur la manipulation des marges que sur l'obtention de rendements structurels. Dans ce contexte, le blé n'a affiché qu'une performance légèrement supérieure à celle d'autres cultures arables, comme le colza, traditionnellement considéré comme plus risqué, mais qui a pourtant profité la saison dernière d'une offre plus restreinte et d'une forte hausse de la demande.
Selon l'Institut néerlandais de statistique (CBS), le rendement moyen par hectare en 2025 était de 10,2 tonnes pour le blé et de 4,5 tonnes pour le colza. Compte tenu des prix moyens du matif, respectivement de 200 € et 485 € la tonne pour le blé et le colza, le rendement du colza par hectare est légèrement supérieur à celui du blé. Cet écart est d'autant plus marqué que les coûts de culture du colza sont souvent inférieurs à ceux du blé.
Les accords commerciaux entre le Canada et la Chine font grimper les prix du colza
Plus tôt cette semaine, il a été annoncé que le Premier ministre canadien se rendrait en Chine à la mi-janvier, l'ordre du jour portant notamment sur la question des droits de douane réciproques. Selon les spéculations du marché, le Canada reporterait d'un an l'imposition de droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques chinoises. En contrepartie, la Chine pourrait lever les droits de douane de 100 % sur l'huile de canola et les tourteaux de colza canadiens. Cette nouvelle a fait grimper les prix du colza et du canola, qui ont atteint environ 620 dollars la tonne, leur plus haut niveau depuis plus d'un mois. Par ailleurs, il est probable que, dans ce cas, aucune nouvelle importation de semences génétiquement modifiées (OGM) ne soit autorisée dans l'Union européenne.
Outre les développements politiques, le marché a été soutenu par une forte demande et des risques persistants d'approvisionnement, qui ont contrebalancé les signaux indiquant des stocks mondiaux suffisants d'oléagineux. En Europe, de nouvelles mesures relatives aux biocarburants et des politiques publiques stimulent la demande à court terme d'huiles végétales. Un durcissement de la réglementation sur les biocarburants devrait accroître encore la consommation d'huile de colza.
Le dernier rapport WASDE du département américain de l'Agriculture (USDA) a revu à la hausse ses estimations de production mondiale d'oléagineux, tout en prévoyant qu'une part plus importante de ces graines sera transformée en huile et en produits dérivés. Cette situation soutient la demande d'huiles végétales. Parallèlement, les estimations de production de colza en Russie ont été revues à la baisse. De plus, les conditions hivernales dans la région de la mer Noire exercent une pression supplémentaire sur la disponibilité à court terme, malgré des récoltes plus abondantes dans l'hémisphère Sud.
Allons-nous maintenant cultiver davantage de colza ?
Bien que le colza ait un meilleur rendement que le blé, il est peu probable que cela entraîne des changements majeurs dans la rotation des cultures. Aux Pays-Bas, le colza est une culture mineure. Son rendement est optimal avec une rotation d'au moins un quart. De plus, la présence prolongée de colza dans le sol peut nuire aux cultures suivantes, comme les pommes de terre et les oignons, ce qui rend son intégration difficile dans toutes les rotations.