Les conditions hivernales aux États-Unis, et dans une moindre mesure en Russie, ont entraîné une hausse des cours du blé à la Bourse de Chicago la semaine dernière. Il faut toujours un certain temps avant que les dégâts du gel sur les céréales ne soient visibles. Si l'on ajoute à cela les importantes chutes de neige aux États-Unis, on comprend que le marché ait légèrement reculé hier. Un peu plus au sud, au Brésil, ce n'est pas l'hiver, mais les récoltes qui retiennent l'attention. Le battage du soja est légèrement en avance sur l'année dernière, tandis que celui du maïs est à la traîne.
Le contrat à terme sur le blé de mars sur le Matif a clôturé hier en baisse de 2 € à 189 € la tonne. Sur le CBoT, le blé a également clôturé en baisse, perdant 7 cents à 5.22 $ le boisseau. Le maïs a reculé de 2 cents, clôturant à 4.28 $ le boisseau. Le soja a suivi la même tendance, se négociant en baisse de 6 cents à 10.61 $ le boisseau.
Le temps s'est légèrement dégradé la semaine dernière, notamment sur le marché américain des céréales. Les inquiétudes concernant la vague de froid qui touche une grande partie du pays ne se concrétisent pas vraiment. Au Kansas, principal État producteur de blé d'hiver aux États-Unis, il est tombé entre 5 et 7,5 centimètres de neige le week-end dernier. Cette neige offre une protection raisonnable au blé d'hiver contre le gel, même sévère. Dans les régions moins enneigées, les dégâts du gel ne sont pas à exclure, mais il faudra attendre quelques semaines avant de savoir précisément où le blé a passé l'hiver, selon plusieurs analystes.
La neige présente un autre avantage pour le blé dans les prairies du sud. Le sud des États-Unis est sec, comme le montre le bulletin de sécheresse de la semaine dernière. La neige, bien sûr, apporte aussi de l'humidité.

Le blé russe est légèrement plus cher.
L'agence SovEcon a publié hier ses prévisions d'exportation de blé russe. Elle estime que la Russie exportera 3 millions de tonnes de blé en janvier. En décembre, 4,2 millions de tonnes ont franchi la frontière, tandis qu'en janvier de l'année dernière, les exportations étaient restées à 2,2 millions de tonnes. Le prix du blé russe a augmenté de 1,50 $ par rapport à la semaine précédente pour atteindre 229 $ la tonne FOB (rendu à bord), selon le bureau de marché Ikar. La deuxième semaine consécutive de mauvaises conditions météorologiques dans la région de la mer Noire soutient le marché, d'après les analystes.
L'Ukraine rencontre également des difficultés avec ses exportations de blé. Depuis le début de la saison, le pays a exporté 8,37 millions de tonnes de blé, contre 10,61 millions de tonnes l'année précédente.
Près de 5 % du soja et du maïs brésiliens ont été battus.
Le Brésil ne subit pas les ralentissements hivernaux fréquents en Amérique et dans la région de la mer Noire. Les moissonneuses-batteuses sont à l'œuvre dans les champs de soja. Selon AgRural, 4,9 % des surfaces cultivées en soja au Brésil ont été récoltées. L'année dernière, ce taux était de 3,9 % à la même période, et de 2 % la semaine précédente, toujours selon les données d'AgRural. Par rapport aux prévisions de décembre, AgRural a revu à la hausse son estimation de récolte, l'établissant à 181 millions de tonnes, soit une augmentation de 600 000 tonnes.
La récolte de maïs progresse légèrement moins vite que l'an dernier. À ce jour, 5 % du maïs a été battu, contre 8,6 % l'an dernier à la même période. AgRural estime la récolte totale de maïs (première et deuxième récoltes) à 136,6 millions de tonnes. Cependant, les semis de la deuxième récolte sont en avance sur la saison dernière. Sur la superficie prévue, 4,7 % ont été semés, contre 2,2 % l'an dernier.