Les cours du blé sur le marché à terme de Paris ont subi des pressions hier, principalement en raison du renforcement de l'euro face au dollar. À Chicago, la journée a été plus morose, les prix restant quasiment stables.
À Paris, le contrat à terme sur le blé pour mars a chuté de 1,75 € à 187,25 € la tonne. Le prix passe ainsi encore plus bas sous la barre des 190 € la tonne, après être déjà tombé en dessous de ce seuil lundi. Les livraisons de décembre (c'est-à-dire la nouvelle récolte) sont à peine rentables si l'on part du principe que les prix du blé ne deviendront intéressants qu'à partir de 200 € la tonne. Les perspectives sont actuellement très limitées. Il faudrait acheter pour une livraison en mars 2028 pour espérer des prix avoisinant les 220 € la tonne.
La vigueur de l'euro freine actuellement les ventes de blé européen. Son taux de change a même dépassé 1,20 dollar, entravant considérablement les échanges. Le blé européen s'en trouve renchéri par rapport au blé concurrent libellé en dollars.
Les échanges à Chicago ont été plus calmes que les jours précédents. Le temps hivernal y a suscité de vives inquiétudes, mais son impact s'atténue quelque peu. De plus, il reste à voir si les basses températures ont réellement causé des dégâts. On ignore si la journée d'hier n'était que le calme avant la tempête. Les prix sont restés quasiment inchangés. Les prix pour les livraisons de mars ont légèrement augmenté, ceux de mai sont restés stables et ceux des livraisons ultérieures ont légèrement baissé.
Aux Pays-Bas, les prix des céréales sont restés globalement stables cette semaine. À Groningue, le prix du blé a légèrement augmenté pour atteindre 190 € la tonne, mais sinon, aucun autre changement n'a été constaté. Le comité de cotation de la bourse des céréales de Groningue note que les prix restent sous pression en raison de la baisse des offres en provenance des pays du sud.
Le renforcement de l'euro complique les exportations au sein de l'Union européenne, exerçant une forte pression sur le marché intérieur. En revanche, les ventes intra-UE sont beaucoup moins affectées cette année par les importations de blé ukrainien. Ces dernières restent inférieures à 500 000 tonnes, alors qu'il y a un an, environ 3,3 millions de tonnes de blé ukrainien avaient été importées dans l'UE durant la même période.
Par ailleurs, les importations de blé tendre en provenance du Canada et de Serbie sont légèrement supérieures à celles de l'UE. Au total, les importations de blé tendre cette saison restent limitées à un peu moins de 2,3 millions de tonnes, soit 2,7 millions de tonnes de moins qu'à la même période la saison dernière.