Le marché européen du blé est légèrement plus calme qu'aux États-Unis. À la Bourse de Chicago, le blé a atteint son plus haut niveau en neuf mois. Le froid dans la région de la mer Noire et la sécheresse aux États-Unis ont accentué la prime climatique. Les tensions géopolitiques dans la région de la mer Noire et au Moyen-Orient ont également contribué à cette hausse. Parallèlement, Trump a déclaré que le glyphosate et le phosphate étaient essentiels à l'agriculture et à la sécurité militaire américaines.
Le contrat à terme sur le blé pour livraison en mars sur le Matif a progressé de 3 € hier, à 193,75 € la tonne. Sur le CBoT, le blé a gagné 12 cents, soit 2,3 %, pour s'établir à 5.59 $ le boisseau. Il s'agit du cours de clôture le plus élevé depuis juin. Le maïs a légèrement reculé, clôturant en baisse de 1 cent à 4.25 $ le boisseau. Le soja, en revanche, a progressé de 7 cents pour atteindre 11.14 $ le boisseau.
Le marché européen du blé est légèrement en retrait par rapport au marché américain, malgré une activité intense sur notre continent. Le froid fait son retour en Ukraine et en Russie après une période de douceur relative. Dans les régions où la neige a fondu et où l'eau est présente, le blé d'hiver est particulièrement vulnérable au gel, selon diverses sources locales. La prime climatique pour le blé est donc légèrement revue à la hausse.
Langage menaçant
Les tensions géopolitiques alimentent également les polémiques. taureaux Sur le marché. Les négociations de paix entre la Russie et l'Ukraine à Genève, en Suisse, ont échoué en début de semaine. Les négociateurs russes et ukrainiens ont reconnu la difficulté de ces négociations. L'absence d'accord n'est pas surprenante. Au Moyen-Orient, les relations entre les États-Unis et l'Iran suscitent l'attention. L'Iran a mené hier un exercice militaire annuel conjoint avec la Russie. Plus tôt cette semaine, l'Iran a également procédé à des tirs à munitions réelles lors d'un exercice dans le détroit d'Ormuz.
Parallèlement, un deuxième porte-avions américain fait route vers le Moyen-Orient. Trump accentue ainsi la pression sur l'Iran pour qu'il parvienne à un accord sur son programme nucléaire. Selon l'Associated Press, Trump estime que « 10 à 15 jours suffisent » pour conclure un accord avec l'Iran. Si l'Iran refuse, le président américain craint de graves conséquences pour le pays.
Intérêt national
Trump a également pris une décision pour le moins surprenante sur le plan intérieur. Le président américain a classé le glyphosate et le phosphore comme produits essentiels à la sécurité nationale en vertu de la loi sur la production de défense. Cela signifie que les producteurs américains qui respectent les directives nationales bénéficient d'avantages juridiques. Toutefois, si nécessaire, le ministère de l'Agriculture peut prendre en charge la production et la distribution. Selon Trump, les produits à base de phosphore et de glyphosate sont indispensables, non seulement pour l'agriculture, mais aussi d'un point de vue militaire. Une pénurie imminente de phosphore ou de glyphosate, affirme le président, rend les États-Unis vulnérables.
Bayer est le seul producteur de glyphosate aux États-Unis. Par ailleurs, d'importantes quantités de glyphosate sont importées de Chine pour l'agriculture américaine. Le Wall Street Journal estimait l'an dernier qu'environ 40 % de la production mondiale de glyphosate provenait des usines américaines de Bayer. Les entreprises d'engrais Mosaic et Nutrien détiennent à elles deux la grande majorité du marché du phosphore agricole.
Changement plus important
Hier, le département américain de l'Agriculture (USDA) a publié ses premières prévisions de superficies cultivées pour la campagne agricole 2026. Le passage du maïs au soja est légèrement plus important que prévu par le sondage Bloomberg. Bloomberg anticipait 3,8 millions d'acres supplémentaires de soja au détriment du maïs par rapport à la saison précédente. L'USDA, quant à lui, prévoyait une diminution de 4,8 millions d'acres de maïs et une augmentation de 4,8 millions d'acres de soja. La superficie cultivée en blé est inférieure de 300 000 acres à celle de la campagne 2025, pour un total de 45 millions d'acres.
La réaction des opérateurs aux chiffres du CBoT n'a peut-être pas été tout à fait conforme aux attentes, si l'on en juge par les données de l'USDA. Certains analystes attribuent la hausse des prix du soja principalement à l'anticipation (ou peut-être à l'espoir) que la Chine continuera d'acheter d'importantes quantités de soja américain dans les semaines à venir.
La culture du blé a connu un essor supplémentaire en raison de la sécheresse aux États-Unis. Sur les surfaces cultivées en blé d'hiver aux États-Unis, 46 % se situent dans des régions touchées par la sécheresse. Cela représente 1 % de plus que la semaine dernière et le pourcentage le plus élevé de blé affecté par la sécheresse depuis 52 semaines.
