Le marché des céréales est sous pression en raison de la baisse des prix à terme et des conditions de culture fluctuantes en Europe. Parallèlement, les coûts élevés et la disponibilité limitée du diesel et des engrais créent des tensions en Australie. Pour en savoir plus sur le marché des céréales et les coûts de production en Australie, consultez notre article.
Le contrat à terme sur le blé de mai sur le Matif a clôturé hier en baisse de 1 € à 202,25 € la tonne. Sur le CBoT, le blé a reculé de 7 cents à 5.87 $ le boisseau. Le maïs a clôturé en baisse de 6 cents, à 4.59 $ le boisseau. Le soja, contrairement aux céréales, a clôturé légèrement en hausse à la Bourse de Chicago, progressant de 2 cents à 11.63 $ le boisseau.
Les conditions de culture des céréales d'hiver au Benelux ont été favorables cet hiver, indique le JRC, bureau scientifique de la Commission européenne, dans la nouvelle édition du Bulletin Mars. Deux vagues de froid, la première en décembre et la seconde à la mi-février, avec des températures descendant jusqu'à -10 °C, n'ont causé aucun dommage au blé d'hiver. Les prévisions météorologiques annonçant un temps majoritairement sec et doux pour la région dans les mois à venir sont favorables aux travaux des champs de printemps, selon le JRC.
Le Sud est humide
La météo n'est pas aussi clémente partout en Europe. En Espagne, au Portugal et dans le sud de la France, des pluies persistantes ont causé des problèmes locaux. Certaines rivières sont sorties de leur lit et des champs sont ou ont été inondés. Selon le JRC, les dégâts aux céréales d'hiver semblent limités, mais ils ont considérablement entravé les travaux agricoles. Dans l'est de la Roumanie et en Bulgarie, la situation est comparable à celle du sud-ouest de l'Europe. Les dégâts aux céréales d'hiver semblent limités, mais les travaux agricoles sont pour le moment à l'arrêt.
Dans les pays baltes et certaines régions de Pologne, le manque de précipitations est préoccupant. Bien que les sols soient encore suffisamment humides, la persistance de la sécheresse pourrait avoir des conséquences sur la croissance future des cultures dans cette région, selon le JRC.

Le rendement moyen du blé dans l'UE pour la récolte 2026 est estimé par le JRC à 5,98 tonnes par hectare. Ce chiffre est inférieur de 5 % à celui de la récolte précédente, mais supérieur de 2 % à la moyenne quinquennale. FranceAgriMer confirme que le blé dans l'UE est en assez bon état général. En effet, 84 % du blé d'hiver en France est en bon ou excellent état, indique ce service, qui dépend du ministère français de l'Agriculture.
Décret par social
Le repli des prix des céréales sur les marchés à terme n'est évidemment pas uniquement dû aux conditions de culture relativement favorables en Europe. L'évolution de la situation au Moyen-Orient y contribue également de manière significative. Hier, Donald Trump a diffusé un message sur son compte de réseau social Truthsocial, affirmant que les États-Unis étaient en pourparlers avec l'Iran en vue d'un cessez-le-feu. Selon le président américain, les frappes américaines contre les infrastructures énergétiques iraniennes ont été suspendues pendant cinq jours. L'Iran a d'abord nié toute discussion avec les Américains, avant de nuancer légèrement ses propos. Il semblerait que les échanges avec les États-Unis se fassent par l'intermédiaire de pays amis.
Les troubles au Moyen-Orient se font sentir ici principalement au niveau des prix de l'essence et des engrais. Ce même problème, voire pire, se manifeste également en Australie. en bas Les agriculteurs s'apprêtent à semer les céréales d'hiver. Face à la flambée des prix du diesel et des engrais, et à la modération des prix des céréales, ils sont contraints de revoir leurs plans de culture. Le blé, en particulier, grand consommateur d'azote, est devenu une culture onéreuse pour les agriculteurs australiens.
Les coûts montent en flèche
Le prix de gros du diesel en Australie a augmenté, passant de moins de 1,70 AU$ le litre (environ 1 € le litre) à 2,45 AU$ (environ 1,50 €). Outre ce prix élevé, la disponibilité du diesel suscite également des inquiétudes. Selon les données du gouvernement australien, les stocks actuels permettent de couvrir trente jours de consommation. Le pire scénario pour l'agriculture australienne serait une pénurie de diesel suffisante pour toute la saison de croissance, comme le rapportent plusieurs médias australiens.
Le prix de l'urée est passé de 870 AU$ la tonne (environ 525 €) à 1 225 AU$ (737 €). Dans certaines régions plus isolées, où le transport influe naturellement sur le prix des engrais, on parle déjà de prix de 1 600 AU$ (environ 963 €) pour l'urée. En Australie, une grande partie de l'azote est apportée au blé d'hiver au moment des semis. Par conséquent, de nombreux agriculteurs disposent déjà d'un stock d'engrais avant les semis. Acheter des engrais supplémentaires maintenant représente un coût important. On trouve dans les médias australiens divers articles sur des agriculteurs qui réduisent leurs surfaces cultivées en blé et souhaitent semer des lentilles, des pois chiches ou de l'orge à la place.
En résumé, cela pourrait avoir des conséquences majeures sur la récolte céréalière en Australie. Dans le pire des cas, on évoque même une réduction de moitié de la récolte en raison d'une pénurie de diesel et d'engrais. Il est peu probable que cela se produise, mais il est réaliste de penser que les agriculteurs australiens devront surveiller de près leurs coûts, ce qui pourrait se faire au détriment des rendements.