Les prix du blé sont soutenus par l'instabilité géopolitique et la sécheresse aux États-Unis, tandis que ceux du maïs restent à la traîne malgré les exportations et le niveau élevé des prix de l'énergie. Pour en savoir plus sur l'évolution des prix sur le marché des céréales, consultez notre article.
Le contrat à terme sur le blé de mai au Matif a clôturé hier en hausse de 0,50 € à 203,75 € la tonne. Sur le CBoT, le blé a également progressé légèrement de 2 cents pour atteindre 6.07 $ le boisseau. Le maïs a terminé la séance de Chicago en baisse de 6,5 cents à 4.55 $ le boisseau. Le soja est resté stable, progressant de 0,5 cent à 11.59 $ le boisseau.
L'instabilité au Moyen-Orient demeure un facteur majeur sur le marché des céréales. Le Wall Street Journal rapporte aujourd'hui, citant des sources, que le président américain Donald Trump souhaiterait mettre fin à la guerre en Iran. Il serait même prêt à y mettre fin si le détroit d'Ormuz reste fermé. Selon le quotidien américain, Trump aurait discuté de différents scénarios avec ses conseillers ces derniers jours, mais aucune décision n'a encore été prise.
Une fin rapide de la guerre ne semblait guère probable hier, à en juger par les déclarations du président américain. Trump a annoncé qu'il « raserait » les installations énergétiques iraniennes si aucun accord n'était conclu avec l'Iran à court terme. Selon lui, il accepte « la majorité » de son plan de paix en 15 points. Par ailleurs, l'Iran aurait accepté de laisser passer vingt navires dans le détroit d'Ormuz au cours des dix prochains jours. Le fait qu'un pétrolier battant pavillon koweïtien ait été touché par un projectile la nuit dernière au large des Émirats arabes unis ne contribue guère à rassurer les marchés quant à une fin rapide du conflit. Le Koweït a d'ailleurs affirmé qu'il s'agissait d'une attaque iranienne.
la sécurité alimentaire
D'après plusieurs sources internes, c'est principalement le blé qui bénéficie du soutien lié à la guerre en Iran. Les réserves stratégiques de blé jouent un rôle crucial pour garantir la sécurité alimentaire. Le maïs et le soja sont en partie influencés par le blé, et, en raison des prix élevés de l'énergie, ces cultures sont plus intéressantes pour la production de biocarburants, ce qui engendre une demande supplémentaire.
Le prix du blé russe chez Ikar est resté inchangé à 238 dollars la tonne FOB (livraison à bord du navire). Parallèlement, les exportations de blé russe se déroulent sans problème. Ikar prévoit que les exportations de mars se situeront dans le haut de la fourchette des prévisions, soit 4,6 millions de tonnes de blé.
Aux États-Unis, le commerce du blé suit de près les conditions météorologiques. Dans les prairies du sud, où l'on cultive principalement du blé dur rouge, les récoltes souffrent de la chaleur et surtout de la sécheresse. De la pluie est prévue pour les prochains jours, mais selon les modèles météorologiques, elle n'atteindra pas l'ouest du Kansas, l'Oklahoma et le Texas.
Le maïs est différent
Le maïs a quelque peu faibli lors de la dernière séance de bourse. Selon certains analystes, c'est surprenant. Après tout, le pétrole se maintient largement au-dessus de 100 dollars le baril, et le ministère américain de l'Agriculture a annoncé hier la vente de 145 000 tonnes de maïs vers une destination non divulguée. Ce léger retard du maïs pourrait s'expliquer par les prévisions de superficie cultivée que le ministère de l'Agriculture publiera ce soir, heure néerlandaise.
Un sondage Reuters indique que les négociants et les analystes anticipent une baisse des surfaces cultivées en maïs moins importante que prévu. Le maïs étant une culture relativement coûteuse pour les agriculteurs américains, et notamment en raison de la forte hausse des prix des engrais, plusieurs organismes de marché prévoient une préférence pour le soja dans un premier temps.
En Argentine, la récolte de maïs semble prometteuse cette année. La bourse des céréales de Buenos Aires maintient ses prévisions à 57 millions de tonnes, un chiffre nettement supérieur aux 52 millions de tonnes attendues par le département américain de l'Agriculture (USDA). À ce jour, 15 % des surfaces cultivées en maïs ont été récoltées.