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Analyse Grains et matières premières

La sécheresse aux États-Unis renforce l'emprise sur le marché du blé.

17 Avril 2026 - Jurphaas Lugtenburg

La sécheresse aux États-Unis exerce une pression à la hausse sur le marché du blé, tandis que des conditions météorologiques plus favorables en Europe revoient à la hausse les prévisions de récolte. Cette situation crée des tensions entre l'offre et la demande. Pour en savoir plus sur le marché du blé et les prévisions de récolte, consultez notre article.

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Le contrat à terme sur le blé de mai sur le Matif a clôturé inchangé hier à 194 € la tonne. Le premier contrat de la nouvelle récolte, celui de septembre, a progressé de 1,25 € pour atteindre 205,75 € la tonne. Sur le CBoT, le blé se rapproche à nouveau des 6 $ et a gagné 4 cents pour s'établir à 5.98 $ le boisseau. Le maïs a reculé de 2 cents à 4.48 $ le boisseau. Le soja a également clôturé en baisse, perdant 3 cents à 11.63 $ le boisseau.

Les conditions météorologiques, et notamment la sécheresse qui sévit dans les prairies du centre des États-Unis, ont été le principal facteur influençant le marché du blé lors de la dernière séance. Le contrat à terme sur le blé de juillet au Kansas a même clôturé en hausse de 17 cents à 6.55 dollars le boisseau, son plus haut niveau en treize mois.

D'après la carte du dernier bulletin de suivi de la sécheresse, on comprend aisément la forte augmentation des cultures de blé au Kansas. La majeure partie du blé est cultivée dans la moitié ouest de cet État, qui a été épargnée par les pluies du week-end dernier. L'automne dernier, selon l'USDA, 62 % du blé d'hiver du Kansas était en bon ou excellent état. Ce chiffre est tombé à 32 % dans le rapport sur l'état des cultures publié en début de semaine. Au sud du Kansas, dans l'Oklahoma, autre grand État producteur de blé, la sécheresse sévit également, tout comme au Nebraska et dans le nord-ouest du Pacifique.

En conséquence, le ministère américain de l'Agriculture (USDA) pourrait être contraint de revoir à la baisse ses estimations de rendement pour la récolte de blé. Le risque d'une récolte plus faible pèse davantage sur le commerce que les exportations américaines, quelque peu décevantes, de la semaine. Les ventes nettes de 100 000 tonnes pour la première semaine d'avril (dernier chiffre publié par l'USDA) sont inférieures de 39 % à celles de la semaine précédente. Sur l'ensemble de la saison, les États-Unis ont déjà exporté 99,5 % des estimations de l'USDA. Pour le reste de la saison, des exportations hebdomadaires de 6 000 tonnes suffisent à atteindre les prévisions de l'USDA.

Il existe cependant une demande de blé sur le marché mondial. L'Algérie a obtenu 400 000 tonnes de blé dur lors d'un appel d'offres, selon diverses sources. Les prix pratiqués lors de cet appel d'offres oscillent entre 322 et 334 dollars la tonne C&F (livré à bord). Le dernier achat important de blé dur par l'Algérie remonte à décembre, pour un prix d'environ 315 dollars la tonne.

Bonne année pour le blé jusqu'à présent 
LSEG a relevé de 0,5 % ses estimations pour la récolte de blé dans l'UE et au Royaume-Uni, les portant à 147,9 millions de tonnes. La récolte de blé tendre dans l'UE est estimée à 127,4 millions de tonnes. Cette légère révision à la hausse des prévisions s'explique par des conditions météorologiques relativement favorables, précise LSEG. De ce fait, la situation du blé en Allemagne, en France et en Bulgarie est encore meilleure que prévu. En moyenne, les températures ont été proches ou légèrement supérieures à la moyenne de long terme, tandis que les précipitations ont été inférieures à la moyenne. Dans certaines régions d'Europe centrale, l'humidité des sols est très faible. Il convient donc de surveiller de près la croissance du blé dans ces zones, indique LSEG. En France, la situation du blé est prometteuse. Selon le dernier bulletin de FranceAgriMer, 84 % des surfaces cultivées sont jugées bonnes ou excellentes, contre 75 % à la même semaine l'an dernier.

La surface cultivée en maïs en France devrait diminuer de 10 à 15 %. C'est du moins la prévision de l'AGPM (Association française des producteurs de maïs) et de l'institut de recherche Arvalis. Ce recul s'explique en partie par le développement des cultures de céréales d'hiver, favorisé par des conditions météorologiques relativement clémentes l'automne dernier. Toutefois, le principal facteur pesant sur le maïs est le coût élevé des engrais, conséquence de la guerre en Iran. Le tournesol représente la principale alternative au maïs. Par ailleurs, il semblerait qu'une partie des terres soit laissée en jachère. Les coûts de production élevés et la faiblesse des prix des céréales exercent une forte pression financière sur les agriculteurs. Selon certains experts, la mise en jachère de certaines terres, associée à un système de subventions, pourrait constituer l'option la plus responsable sur le plan économique.

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