Le marché européen du blé présente un tableau contrasté, avec des différences de rendement et d'évolution dues aux aléas climatiques. La sécheresse et les précipitations engendrent des tensions et une incertitude régionales. Pour en savoir plus sur les rendements du blé en Europe, consultez notre article.
En Europe occidentale, notamment en France et au Benelux, les cultures de blé bénéficient d'un démarrage précoce et d'une biomasse supérieure à la moyenne. Des températures douces et une humidité du sol suffisante ont favorisé leur développement. Les perspectives sont également favorables en Espagne et au Portugal, notamment grâce à des réserves d'eau importantes après un hiver pluvieux. Dans ces régions, le blé semble se diriger vers une récolte supérieure à la moyenne, selon le système de suivi des cultures Mars de l'institut de recherche JRC de la Commission européenne.
En Europe centrale et orientale, la situation est toutefois différente. Depuis la fin de l'hiver, une grande partie de cette région souffre d'un déficit pluviométrique. Bien que les réserves d'humidité du sol soient encore suffisantes pour le moment, la sécheresse commence à se traduire par un ralentissement du développement et des inquiétudes croissantes quant aux phases de croissance critiques du blé, comme la formation des épis. La situation est particulièrement préoccupante en Allemagne, en Pologne et dans certaines régions d'Ukraine. Sans pluie supplémentaire, l'état des cultures pourrait se détériorer rapidement.
Par ailleurs, la température joue un double rôle. D'une part, des températures supérieures à la moyenne dans de nombreuses régions ont accéléré la croissance ; d'autre part, des épisodes de froid en avril provoquent des retards locaux et des dégâts mineurs. Ces fluctuations de température entraînent un développement inégal du blé à travers l'Europe, certaines parcelles étant plus avancées que d'autres.
En Europe du Sud, l'eau pose un problème d'une autre nature par endroits. Les pluies excessives dans certaines régions d'Italie et d'Europe du Sud-Est ont entraîné l'engorgement des sols et la verse des cultures, notamment du blé dur. Bien que la saison de croissance offre encore une marge de redressement, le potentiel de rendement est déjà affecté localement.
Globalement, la situation du blé en Europe s'annonce plutôt favorable. Dans la plupart des régions, les prévisions de rendement se situent autour ou légèrement au-dessus de la moyenne, grâce à un bon début de saison. Toutefois, la sécheresse persistante qui sévit dans certaines parties de l'Europe pourrait avoir un impact déterminant sur le rendement final dans les semaines à venir.
Selon le rapport Mars d'avril, le rendement moyen du blé dans l'UE-27 cette année est estimé à 5,83 tonnes par hectare. Cela représente environ 4 % de moins que l'année dernière, mais 3 % de plus que la moyenne quinquennale. Des différences marquées par rapport aux années précédentes sont particulièrement visibles en Roumanie, en Finlande, en Espagne et en Belgique.

En Roumanie, les rendements à l'hectare semblent être jusqu'à 11 % supérieurs à la moyenne quinquennale, pour atteindre environ 5 tonnes par hectare, selon les conclusions du JRC basées sur l'état actuel des cultures. Cependant, ce rendement est également inférieur de 11 % à celui de l'année dernière. Une situation similaire est observée en Finlande (3,8 tonnes par hectare) et en Espagne (3,56 tonnes par hectare).
En Belgique, en revanche, tous les indicateurs laissent présager une meilleure récolte. Le JRC estime le rendement cette année à 8,36 tonnes par hectare, soit 5 % de plus que la moyenne et 13 % de plus que l'an dernier.
Aux Pays-Bas, l'institut de recherche de la Commission européenne prévoit provisoirement une récolte de blé de 9,25 tonnes par hectare. C'est près d'une tonne de moins que l'an dernier, mais 0,5 tonne de plus que la moyenne quinquennale.