Le marché européen du blé peine à trouver une orientation. Le bulletin Mars n'apporte que peu d'éclaircissements à ce sujet. Il met en garde contre la sécheresse en Europe centrale et orientale, mais les prévisions de rendement sont revues à la hausse. Pour en savoir plus sur l'impact de la sécheresse et des prix de l'énergie sur le marché des céréales, consultez notre article.
Le contrat à terme sur le blé de mai au Matif a clôturé hier en baisse de 0,25 € à 194,50 € la tonne. Le contrat de septembre, sur lequel se concentre actuellement la plupart des échanges, est resté inchangé à 209 € la tonne. À la Bourse de Chicago, le blé était en hausse et a clôturé en progression de 2,2 %, soit 13 cents, à 6.21 $ le boisseau. Le maïs a clôturé en hausse de 5 cents à 4.60 $ le boisseau. Le soja était également en territoire positif, gagnant 13 cents à 11.77 $ le boisseau.
Les opérateurs américains semblent légèrement plus sensibles à l'évolution de la situation au Moyen-Orient que leurs homologues européens. L'Iran a proposé de lever le blocus du détroit d'Ormuz et de mettre fin aux hostilités, selon le site américain Axios. Par la suite, l'Iran se serait déclaré disposé à négocier sur son programme nucléaire. Le président américain Trump refuse catégoriquement ces négociations et estime qu'elles devraient débuter immédiatement. En conséquence, le prix du Brent a atteint 108 dollars le baril hier. D'après certains analystes, cette hausse des prix de l'énergie a entraîné une baisse des prix des céréales.
Blé américain précoce dans l'épi
Un autre facteur soutenant le marché américain du blé est la sécheresse qui frappe une grande partie du pays. Cependant, le Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA) n'a pas modifié l'état du blé d'hiver par rapport à la semaine dernière dans son nouveau rapport sur l'état des cultures. 30 % des surfaces cultivées sont en bon ou excellent état. En termes de développement, le blé d'hiver est en avance sur la moyenne quinquennale. 34 % des épis sont en formation cette saison, contre 21 % en moyenne sur les cinq dernières années.
Les semis de blé de printemps accusent un léger retard : seulement 19 % des surfaces ont été semées cette semaine, contre 22 % en moyenne sur les cinq dernières années. Concernant l’orge de printemps, 34 % des surfaces prévues ont été semées, contre 29 % en moyenne sur les cinq dernières années.
La sécheresse n'a pas que des inconvénients
Les semis de maïs progressent rapidement. Un quart des surfaces prévues a été semé, contre 22 % la saison dernière et 19 % en moyenne sur cinq ans. Les semis lèvent également assez vite. Plus précisément, 7 % du maïs a été planté, contre 4 % en moyenne sur cinq ans. Les semis de soja progressent aussi sans encombre, avec 23 % déjà semés. À titre de comparaison, 17 % avaient été semés à la même période la saison dernière, et la moyenne sur cinq ans est de 12 %. On peut donc raisonnablement conclure que la sécheresse actuelle n'est pas défavorable à l'avancement des travaux de printemps. Cependant, de la pluie est prévue cette semaine, et les travaux pourraient être temporairement interrompus, selon diverses sources.
En Europe, le Centre commun de recherche (CCR), agence scientifique de la Commission européenne, met en garde contre la sécheresse en Europe centrale et orientale dans son Bulletin Mars de ce mois-ci. Bien que les sols contiennent encore une certaine humidité, ce qui signifie que la situation n'est pas encore critique, un apport d'eau supplémentaire sera nécessaire à mesure que les céréales se développent et approchent de la floraison. Le CCR a néanmoins revu à la hausse ses prévisions de rendement pour plusieurs cultures importantes par rapport aux estimations précédentes. Le rendement moyen du blé d'hiver est désormais estimé à 6,05 tonnes par hectare, contre 5,98 tonnes par hectare en mars. Le rendement de l'orge d'hiver a été augmenté de 0,1 tonne pour atteindre 5,23 tonnes par hectare. Quant au colza, l'estimation a été revue à la hausse, passant de 3,22 à 3,25 tonnes par hectare.
Selon diverses sources, l'Arabie saoudite a obtenu 985 000 tonnes de blé lors d'un appel d'offres. Le pays visait 710 000 tonnes, mais en a acheté une quantité nettement supérieure. Les prix de cet appel d'offres se situeraient entre 273 et 285 dollars américains la tonne, C&F (franco à bord). La majeure partie du blé, dont la livraison est prévue entre juin et août, proviendrait de la région de la mer Noire. Une partie serait également composée de blé européen. D'après certaines sources, des vendeurs d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud et d'Australie auraient également déposé des offres.
Le gouvernement égyptien a commencé à acheter du blé de la nouvelle récolte auprès des producteurs locaux. Selon le ministère égyptien de l'Agriculture, 363 000 tonnes de blé ont été achetées depuis le début du mois.
Rejeté
Les Pays-Bas ont arraisonné au moins deux navires transportant du tourteau de soja en provenance d'Argentine. Ce tourteau contient des traces de soja génétiquement modifié, non autorisé sur le marché européen. Il s'agirait du gène HB4, qui confère au soja une meilleure résistance à la sécheresse. Or, le soja porteur de ce gène est autorisé aux États-Unis et en Chine.