L'élevage et l'industrie laitière suisses ont été fortement perturbés par le droit de douane de 39 % imposé par le président américain Donald Trump sur les importations. Seuls 15 % du fromage suisse sont exportés vers les États-Unis, pourtant les agriculteurs suisses sont en crise, les prix du lait se sont effondrés et un fonds d'urgence est prévu pour leur apporter un soutien jusqu'en juin 2026.
Les producteurs laitiers suisses ont déjà connu une année difficile, même sans Trump, car, comme dans de nombreux autres pays européens, la production laitière suisse est cette année considérablement supérieure à la normale. Les droits de douane imposés par Trump sur les importations suisses le 31 juillet ont aggravé le problème. Bien que seul un volume limité de fromage suisse soit exporté vers les États-Unis (15 % selon les autorités suisses), cette exportation était jusqu'alors très lucrative, les Américains étant prêts à payer cher le gruyère, l'emmental et autres fromages suisses de qualité supérieure.
De plus, ces exportations ont permis de maintenir l'équilibre du modèle de valorisation suisse. L'élevage et l'industrie laitière suisses, grâce à un modèle unique de prix du lait et à une répartition judicieuse des flux laitiers, coordonnent leurs efforts pour garantir l'équilibre du système de production et assurer aux producteurs laitiers des prix élevés.
Équilibre perturbé
Cet équilibre est rompu et tout part en vrille. À court terme, 25 000 des plus de 500 000 vaches suisses risquent l’abattage, et à long terme, peut-être jusqu’à 85 000. Le prix du lait s’effondre également, atteignant parfois seulement 30 centimes, un prix considéré comme très bas même dans les plaines de l’ouest.
Noodfonds
Pour rétablir un certain équilibre, l'Interprofession Lait a mis en place un fonds d'urgence doté provisoirement de 16 millions de francs (plus de 17 millions d'euros). Ce fonds permettra de soutenir l'exportation de 2 000 tonnes de beurre, 2 000 tonnes de crème, ainsi que de chocolat et d'autres produits laitiers. Des produits sont également stockés ou congelés temporairement, en attendant des jours meilleurs.
Le dispositif est en vigueur jusqu'en juin prochain. L'avenir reste incertain. Ce qui est particulièrement douloureux pour les producteurs suisses de gruyère, c'est que le gruyère français, fabriqué en Franche-Comté, n'est pas concerné par les droits de douane imposés par Trump.