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Analyse Lait

Comment les prix du lait peuvent devenir incontrôlables

30 December 2025 - Wouter Baan - Commentaires 3

Que se passe-t-il dans le secteur laitier ? L’été dernier, le seuil des 60 € pour 100 kilos de lait semblait à portée de main, mais la dure réalité est que 2026 débutera avec un producteur de trente ans qui, de surcroît, prévoit de réduire encore son activité. Le marché reste marqué par un pessimisme généralisé dû à un excédent de lait, tant en Europe qu’ailleurs. La question est : où est-ce que tout a dérapé ? Après tout, on ne pouvait pas s’attendre à ce que les prix de rachat descendent en dessous de 40 €, n’est-ce pas ?

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Les semaines entourant les fêtes sont souvent catastrophiques pour les prix du lait au comptant, mais cette année, la situation est particulièrement grave. Le prix du lait au comptant aux Pays-Bas, selon la DCA, a chuté à un nouveau plancher de 4,50 € les 100 kilos. À titre de comparaison, durant la même période l'an dernier, le marché au comptant s'était maintenu au-dessus de 50 €. En Allemagne, les prix sont encore plus bas. Certains transformateurs ont même dû payer des prix négatifs pour écouler leurs excédents. Une nouvelle tendance se dessine sur le marché. 

Un « trois » pour le prix du lait
Entre-temps, les prix de rachat sont retombés sous la barre des 40 €. FrieslandCampina C'est la première brebis à passer le barrage. Et une fois qu'elle aura franchi le barrage, d'autres suivront. Dans ce cas précis, les autres transformateurs s'alignent volontiers sur le leader du marché. Car même si les prix du lait ont déjà fortement baissé ces derniers mois, ils restent tendus. Dans le scénario le plus favorable, la valeur de la matière première du lait sera légèrement supérieure à 35 €. Autrement dit : de nouvelles baisses sont probables au premier trimestre. Ce niveau a déjà été atteint en Irlande. 2026 s'annonce déjà comme une année difficile pour l'élevage laitier, avec des prix de vente bien inférieurs aux coûts.

La question est : où est-ce que tout a dérapé ? N'était-il pas plus probable que le prix du lait atteigne un euro que de chuter à 30 centimes ? On pensait que les prix au comptant du lait dépasseraient durablement les prix de rachat dans les années à venir. Ou bien le marché a-t-il été surestimé par une pénurie de lait imminente ou un surplus d'acier inoxydable ? Peut-être que le secteur laitier est devenu trop convaincu que plus rien ne pouvait mal tourner.

Pas de garde-corps
Quoi qu'il en soit, les producteurs laitiers européens ont produit à un rythme effréné. Les chiffres records de production laitière en témoignent. Le prix élevé du lait ces dernières années a entraîné une hausse drastique de la production. La baisse significative du prix des aliments pour animaux et une saison de croissance productive ont fait le reste. À cela s'ajoute la perturbation des vêlages due à la fièvre catarrhale ovine, qui a retardé le pic de production. Aucun mécanisme de protection ne vient amortir cette flambée de la production laitière européenne. Après tout, les quotas laitiers ont été abolis en 2015, laissant le marché libre aux seules règles.

Il est clair que la volatilité du marché laitier s'est considérablement accrue depuis la pandémie de coronavirus. La guerre en Ukraine a aggravé la situation, faisant presque doubler le prix du lait, qui a atteint 60 € en 2022, avant de retomber sous la barre des 40 € six mois plus tard. L'histoire s'est ensuite répétée et, début 2026, le prix du lait était revenu à son niveau initial. Atteindre le sommet est une chose, s'y maintenir en est une autre. En réalité, ce n'est pas si simple. Des prix plus élevés entraînent inévitablement des prix plus bas, comme l'ont démontré les marchés agricoles depuis des siècles.

Comme une balle rebondissante
Le prix du lait est très fluctuant. Les négociants en produits laitiers subissent également cette volatilité accrue. Auparavant, une hausse de 10 centimes se répercutait sur le prix du Gouda en près de six mois. Désormais, ces fluctuations peuvent parfois survenir en une semaine. Comment est-ce possible ? La peur de rater une opportunité est très forte, ce qui entraîne l’apparition rapide de primes d’incertitude sur le marché. Celles-ci peuvent disparaître tout aussi rapidement en cas de retard du ferry. Le rôle des négociants en produits laitiers dans ce contexte ne doit pas être sous-estimé. Ces entreprises prospèrent grâce à la volatilité et peuvent influencer considérablement le marché. Par exemple, l’été dernier, en raison d’importants volumes de beurre… importer de Nouvelle-Zélande et des États-Unis.

Peu de soutien extérieur
Quelles sont les perspectives ? ​​L’excédent de lait en Europe et sur le marché mondial devrait persister jusqu’au premier semestre 2026. Le marché devra tenir compte des conséquences d’un euro structurellement plus fort, ce qui n’est pas favorable aux exportations. Les exportateurs européens ont retrouvé leur compétitivité grâce à la récente chute des prix. Les droits de douane chinois constituent également une menace importante. Les droits provisoires devraient être convertis en droits définitifs, plus faibles, en février 2026.

Si le marché du porc évolue comme prévu, cela devrait durer au moins cinq ans. Heureusement, les exportations ne seront pas brutalement interrompues. La Chine ignore actuellement le lait et le lactosérum en poudre, qui représentent de loin les plus importants flux d'exportation européens. Le prix du pétrole n'a pas non plus d'impact sur les prix du lait. De nouvelles baisses de prix sont attendues en 2026, en raison d'une offre excédentaire et d'une faible demande, conséquences du ralentissement économique.

Toucher le fond
Pour que les producteurs laitiers puissent à nouveau percevoir des prix couvrant leurs coûts, le prix du lait doit remonter. Or, pour l'instant, le marché laitier est toujours au plus bas et ne montre aucun signe de reprise. Seuls les prix au comptant du lait, fortement déprimés, pourraient se redresser légèrement en début d'année prochaine, sans toutefois dépasser les prix de rachat pour le moment. Pour que cela se produise, il faut d'abord retirer du lait du marché. 

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