Le marché des produits laitiers se redresse lentement après la chute des prix fin décembre 2025. Cette reprise a eu un effet positif quasi général, mais uniquement par rapport à la situation antérieure. Les prix affichés restent toutefois bas.
Cela s'explique en partie par la lenteur de la reprise des échanges cette année. Le nombre de transactions reste relativement faible et les acteurs du marché font preuve de prudence, préférant attendre de voir comment la situation évolue. Le marché des produits laitiers liquides a été assez morose ces dernières semaines, malgré une offre de lait encore relativement abondante. Si la hausse du prix du lait au comptant, d'environ 200 % par rapport au prix précédent, peut paraître impressionnante, elle ne modifie pas significativement le marché. Le lait au comptant, qui se négocie entre 10,00 € et 11,50 € les 100 kilos, continue de peser sur le marché, même si son impact est moins marqué qu'auparavant.
Il en va de même pour le concentré de lait écrémé et la crème. Les prix se redressent, mais encore bien trop peu pour assurer un marché sain.
D'après les informations disponibles, la situation devrait encore évoluer. Le marché des protéines semble se stabiliser pour le moment. Le lait écrémé en poudre s'exporte bien, même si, du point de vue des producteurs laitiers, son prix est bien trop bas.
Ce prix, légèrement supérieur à 2 050 € la tonne, rend toujours attractif pour différents acteurs la production de poudre à partir de concentré de lait écrémé. Par conséquent, le prix du concentré devrait encore augmenter et le prix plancher du marché remontera progressivement (même si, pour l'instant, cela ne profite pas aux producteurs laitiers).
La demande de fromage semble se maintenir actuellement, d'autant plus que le fromage en papillote est relativement jeune, souvent âgé de seulement trois à quatre semaines. Cela n'indique pas de stockage excessif. Là aussi, les conditions semblent favorables à une lente remontée des prix. Selon plusieurs producteurs, l'offre de lait diminue progressivement, même si ce n'est pas le cas pour tous. Parallèlement, le marché des fromages naturels ne se porte pas bien.
On observe donc des signes de reprise des prix, mais les perspectives ne sont pas aussi claires ni aussi positives partout. Le marché des matières grasses laitières, qui avait atteint des sommets l'an dernier, demeure complexe. Les prix de la crème se sont bien redressés cette semaine, mais ceux du beurre n'ont progressé que timidement.
Certains segments du marché du beurre et de l'huile de beurre (AMF) restent affectés par les approvisionnements américains à bas prix, même si la pression semble s'être quelque peu atténuée actuellement. Ce produit, de par sa composition et sa qualité différentes, ne convient pas au marché de détail, mais il représente une alternative intéressante au produit européen plus onéreux pour les grands transformateurs industriels. Cela a un impact indirect sur le marché européen du beurre traditionnel.
Il reste cependant beaucoup à faire. Les échanges reprennent lentement, et de nombreux acteurs continuent d'explorer les perspectives et les opportunités.