Le marché des produits laitiers continue de surprendre. Après une reprise spectaculaire du lait écrémé concentré la semaine dernière, c'est le prix de la crème qui affiche cette semaine une hausse inattendue. Certes, il ne s'agit pas d'un doublement, mais une augmentation de 12,7 %, soit 385 € la tonne, représente tout de même une hausse significative. D'autant plus que peu d'observateurs l'avaient anticipée.
Ils ne sont pas les seuls à avoir accueilli cette bonne nouvelle (ou cette mauvaise, selon leur point de vue). Nombre d'autres acteurs du secteur laitier ont également connu des difficultés cette semaine, mais ont su s'adapter.
Le marché du lait et du lactosérum en poudre, par exemple, était lui aussi marqué par une tendance positive. Il ne s'agissait que de hausses de quelques pourcents, et les échanges ne semblaient pas particulièrement dynamiques, mais un vent d'optimisme soufflait tout de même sur le marché.
Cela pourrait être lié à un important salon professionnel dans la région du Golfe, qui génère de bons contrats, ou à un réapprovisionnement imminent nécessaire pour plusieurs fabricants de lait infantile touchés par une contamination à un ingrédient défectueux. Les spéculations vont bon train, mais peu semblent connaître les détails. Le fait est que les prix augmentent légèrement, et ce, de manière quasi généralisée. Par ailleurs, le renforcement de l'euro face au dollar suscite également des inquiétudes, car il pourrait freiner les exportations.
Le marché du fromage est le plus durement touché. Le cheddar, l'emmental et même les fromages naturels sont en difficulté, leurs prix étant sous pression. Le marché du cheddar souffre d'une production élevée, notamment en Europe de l'Est, où ce fromage (et son lactosérum) reste une meilleure alternative au lait en poudre, au beurre ou à la crème.
Parallèlement, les prix des fromages en papillote de Gouda et d'Edam, ainsi que de la mozzarella, augmentent légèrement. Il convient toutefois de noter que l'écart de prix reste assez important pour ces fromages.
On remarque souvent aussi que la production de fromage a considérablement augmenté en raison d'une demande accrue de lactosérum. Bien que cela soit indéniablement vrai, le prix moyen du fromage continue d'augmenter.
Parallèlement, l'évolution du marché du lactosérum se reflète en partie dans les tendances de prix du concentré de lactosérum liquide (dont le prix est resté constamment élevé ces dernières semaines) et des poudres de lactosérum plates. Là aussi, la tendance est légèrement positive.
Cependant, les évolutions les plus marquées se produisent sur les segments supérieurs et plus spécifiques des WPC et WPI. Le prix du WPC80 a fortement augmenté ces dernières semaines, passant d'environ 11 000 à 12 000 € la tonne à 13 000 à 14 500 € la tonne.
Pour revenir au marché des produits liquides, il convient de noter que non seulement le volume des échanges de crème est nettement supérieur cette semaine, mais que le concentré de lait écrémé reste également légèrement plus cher. Bien que la hausse de 8,7 % soit bien inférieure à celle de 85 % enregistrée la semaine dernière, elle représente tout de même une augmentation significative.
Dans la foulée, les prix de la crème, du beurre et du beurre concentré augmentent légèrement. Le marché au comptant du lait cru reste relativement stable malgré ces fluctuations. En pourcentage, certaines variations peuvent être importantes, mais un ajustement comme celui observé la semaine dernière pour le lait écrémé concentré n'est pas à prévoir pour le moment.
Parallèlement, la plupart des prix augmentent, mais cette hausse n'est pas encore suffisante pour couvrir le prix du lait perçu par le producteur laitier.