Le marché des produits laitiers poursuit sa progression. Hier, lors du Global Dairy Trade (GDT), le prix du lait écrémé en poudre a atteint son plus haut niveau depuis plus de trois ans. Le lait entier en poudre, le beurre et la mozzarella sont également en hausse. Cette augmentation des prix est indissociable de la flambée des prix du pétrole.
Ces signes indiquent que l'Asie est redevenue un acheteur sur le marché mondial des produits laitiers. Par ailleurs, cette hausse des prix ne peut être dissociée de la flambée des prix du pétrole.
Le GDT continue d'augmenter fortement
L'indice GDT a progressé de près de 6 % pour atteindre 4 301 $ la tonne. Les prix ont ainsi enregistré une hausse significative pour la cinquième vente aux enchères consécutive. Le lait écrémé en poudre a mené la danse, avec une augmentation de 9,1 %, dépassant largement le seuil psychologique des 3 000 $ la tonne.
Les produits néo-zélandais de Fonterra se sont vendus aux prix les plus élevés, mais les produits européens d'Arla et de Solarec se sont également écoulés à des prix nettement supérieurs au cours actuel. La hausse des prix ne se limite pas aux protéines. Le beurre, la mozzarella, le cheddar et le lait entier en poudre ont également connu des augmentations significatives. Un peu moins de 20 000 tonnes ont été échangées hier sur le marché GDT. Bien que ce volume soit relativement faible par rapport au commerce mondial total, les marchés réagissent souvent fortement aux résultats des ventes aux enchères.
Les hausses de prix sont frappantes et semblent contredire les fondamentaux du marché. L'offre est abondante en Europe et aux États-Unis, et en Nouvelle-Zélande, les chiffres sont également supérieurs aux niveaux de l'année dernière. Pourtant, le GDT progresse significativement début 2026, à la surprise de nombreux acteurs du marché. Une explication possible réside dans le retour de la Chine sur ce marché. Les Chinois utilisent fréquemment le GDT pour pallier les pénuries internes, notamment de lait en poudre. La Nouvelle-Zélande, en particulier, en bénéficie.
Le prix du lait écrémé en poudre suit celui du pétrole.
La hausse des prix du pétrole soutient également le marché. Depuis mi-décembre, les prix du pétrole sont en hausse, alimentés par les tensions croissantes au Moyen-Orient. Le sentiment sur le marché du lait écrémé en poudre a également évolué depuis. On observe souvent un soutien sur le marché du lait en poudre lors des périodes de hausse des prix du pétrole. Bien qu'il n'y ait pas de corrélation parfaite, la convergence des tendances est frappante. Dans les pays producteurs de pétrole, le pouvoir d'achat augmente avec la hausse des prix du pétrole, ce qui renforce la capacité d'importation de produits laitiers.
La situation au Moyen-Orient a désormais un impact direct sur le commerce des produits laitiers. Suite au blocus du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'Irak, le Koweït, Bahreïn, le Qatar et les Émirats arabes unis ne sont plus accessibles par voie maritime. L'UE exporte chaque année pour 410 millions d'euros de produits laitiers vers ces pays, soit environ 2 % du total des exportations laitières européennes, selon Rabobank.
Les chiffres des exportations européennes indiquaient déjà une demande croissante en provenance du Moyen-Orient fin 2025. Depuis octobre, les ventes à l'Algérie, principal importateur, sont supérieures à leur niveau annuel. En novembre et décembre, l'UE a exporté respectivement 13 904 et 11 095 tonnes, soit les niveaux les plus élevés pour ces mois depuis 2017 et 2018. Pour l'ensemble de l'année 2025, les ventes à l'Algérie restent toutefois inférieures de près de 20 % au niveau de 2024, année record.
Les perspectives sont diffuses
Pour l'instant, la situation reste à préciser. La Chine est-elle véritablement redevenue un acheteur structurel ? Comment le conflit au Moyen-Orient va-t-il évoluer et quelles seront les conséquences sur les prix du pétrole ? Ces questions continuent de peser sur le marché, malgré l'abondance persistante de l'offre de lait en Europe.
De prix du lait Le marché semble avoir atteint son point le plus bas à la mi-mars, plus tôt que prévu. Cependant, la hausse des prix du lait n'est pas encore perceptible, malgré la forte augmentation des échanges laitiers mondiaux. Les stocks de produits laitiers en Europe restent importants, notamment pour le beurre. Cette situation, conjuguée à une offre de lait abondante, incite les entreprises à la prudence.