Les prix du beurre, du fromage et du lait en poudre augmentent, tandis que le marché au comptant du lait cru est soumis à une forte pression en raison d'une offre abondante. Ce contraste met le marché laitier sous tension. Pour en savoir plus sur l'écart entre les prix du lait au comptant et les prix des produits laitiers, consultez notre article.
Ce qui est remarquable, c'est que ce marché en hausse semble quasiment déconnecté du marché au comptant du lait cru et du marché du lait concentré. L'abondance de l'offre laitière se fait sentir. En moyenne, la quantité de lait entrant dépasse la capacité de transformation de l'industrie. Par conséquent, depuis environ la mi-décembre de l'année dernière, d'importants volumes de lait cru sont commercialisés à des prix supérieurs à la moyenne. Le prix au comptant du lait aux Pays-Bas représente actuellement à peine le quart du prix de base moyen payé par les laiteries.
Pour trouver une situation comparable, il faut remonter à une dizaine d'années, jusqu'en 2016. Entre-temps, le prix du lait au comptant n'a été très bas que ponctuellement aux alentours du début de l'année, et même souvent pas à ce moment-là.
Le marché des produits semi-finis présente un tableau contrasté. Comme indiqué précédemment, le prix de la crème a considérablement augmenté, mais reste volatil. Parallèlement, le prix du lait écrémé et du concentré de lait écrémé suit une trajectoire similaire à celle du lait au comptant. Le lait écrémé, contenant entre 96 % et 97 % d'eau, n'a pratiquement aucun débouché. Son transport est trop coûteux. Le concentré de lait écrémé se vend un peu mieux, mais demeure très bon marché. Une partie de ce produit pourrait être exportée vers l'Europe du Sud pour y être transformée en lait frais, si les coûts de transport le permettent. La majeure partie devrait être déshydratée pour obtenir du lait écrémé en poudre.
Il existe actuellement un écart de près de 2 000 € entre le prix du concentré et celui du lait écrémé en poudre, mais cet écart ne peut être compensé que si une tour de séchage est disponible. Or, ces tours sont rares, car elles ont été démolies ces dernières années ou ne sont disponibles qu'en Europe de l'Est.
C'est un problème, certes, mais le marché des produits laitiers dans son ensemble n'en souffre pas de manière significative, tant que les prix du fromage, du lait en poudre, du beurre, de la crème et surtout du lactosérum continuent d'augmenter. Le lactosérum liquide est l'un des rares produits dont le prix est resté relativement stable (et élevé) ces derniers mois. Cela s'explique par la forte demande de lactosérum pour la production de concentrés de protéines de lactosérum (WPC) à haute teneur en protéines, utilisés comme source de protéines dans les aliments pour sportifs et les produits diététiques.