Le marché laitier montre des signes de faiblesse en avril, avec une baisse des prix sur le Global Dairy Trade (GDT), alors même que les prix du lait augmentent. Cette situation exerce une pression sur la dynamique du marché. Pour en savoir plus sur l'évolution des prix du lait et le GDT, consultez notre article.
Avec une baisse de 3,4 %, le prix moyen est retombé à 4 228 dollars la tonne. La matière grasse du lait, en particulier, et dans une moindre mesure les fromages, ont été fortement touchés. Le prix du lait en poudre a également diminué.
Le prix du beurre chute
Le prix du beurre a chuté de 8,1 % pour atteindre 6 181 dollars la tonne. L’écart de prix important entre le beurre néo-zélandais de Fonterra et celui du fournisseur belge Solarec, également présent sur la plateforme, est frappant. Le beurre belge est en effet 1 705 dollars la tonne moins cher. Cette situation s’explique par les stocks importants de beurre en Europe du Nord-Ouest. Ces dernières semaines, le cours de référence du beurre DCA avait déjà baissé après une hausse observée à Pâques.
Après quatre hausses consécutives, le prix de la mozzarella à la TVA a baissé de 6,2 % pour s'établir à 3 945 $ la tonne. Seuls les produits européens ont été commercialisés. Le cheddar a quant à lui reculé de 3,1 % à 4 766 $ la tonne. Cette baisse concernait exclusivement les produits néo-zélandais. À noter que le cheddar européen est nettement moins cher sur le marché physique.
Le marché du lait en poudre atteint son plafond.
Les prix du lait en poudre au GDT affichent de légères baisses. Le lait écrémé en poudre a augmenté de 50 % depuis le début de l'année pour atteindre son plus haut niveau depuis octobre 2022, avant de reculer hier de 1,6 % à 3 381 dollars la tonne. Le marché semble donc atteindre un plafond. Les produits européens sont par ailleurs nettement moins chers que les produits néo-zélandais, ce qui est un atout pour les exportations.
Le prix du lait entier en poudre a baissé de 0,7 % pour s'établir à 3 687 dollars la tonne, poursuivant ainsi sa tendance à la baisse. À noter que les produits européens sont légèrement plus chers ici que les produits néo-zélandais.
Hausse des prix du lait
Parallèlement, aux Pays-Bas, les prix du lait augmentent globalement ce mois-ci, conséquence de la hausse des prix des produits laitiers observée en début d'année. Après FrieslandCampina et A-ware, Lactalis Leerdammer a également relevé son prix de rachat. Cependant, de nouvelles hausses pour le mois de mai semblent moins probables.
Le physique marché laitier européen La semaine précédant Pâques, le marché a affiché une performance plus faible, avec une légère baisse des prix du beurre, du fromage et du lait en poudre. Cette situation a pesé sur la valeur du lait, comme l'indique l'outil d'évaluation DCA Market Intelligence.
La baisse des résultats du GDT devrait accentuer la morosité du marché. L'offre augmentera à l'approche du pic saisonnier de production laitière. Parallèlement, les stocks de beurre restent élevés. Le fromage est livré relativement frais et la demande pourrait faiblir après Pâques. Le marché du lait en poudre est pénalisé par la chute des prix du pétrole. Le Brent a perdu 15 dollars hier soir, passant sous la barre des 95 dollars le baril suite à la trêve au Moyen-Orient, même si la volatilité devrait persister dans un avenir proche.
Objectif de cours de 40 €
La hausse des prix du lait est actuellement sans lien avec le marché laitier sous-jacent, qui montre en réalité des signes d'affaiblissement. Avec la baisse des cours du lait brut, la hausse des stocks et l'approche d'un pic saisonnier, de nouvelles augmentations en mai sont incertaines.
Un prix d'environ 40 € les 100 kilos constitue un objectif réaliste pour le prix de base du lait. Ce prix est également acceptable pour les usines. De plus, les exportateurs européens conservent leur avantage concurrentiel sur le marché mondial, même après la réduction de la TVA.