Opinie Hans de Jong

L'industrie allemande enregistre des gains encourageants.

9 janvier 2026 - Han de Jong

L'Allemagne, la France et l'Italie, qui représentent à elles trois plus de la moitié de l'économie de la zone euro, affichent des taux d'inflation inférieurs ou égaux à l'objectif de 2 % fixé par la BCE. En Allemagne, l'inflation mesurée par l'IPCH a reculé de 2,6 % en novembre à 2,0 % en décembre. Selon l'indicateur national, elle a quant à elle diminué de 2,3 % à 1,8 %. En France et en Italie, l'inflation a été plus souvent inférieure à l'objectif de la BCE ces deux dernières années. En décembre, elle s'établissait à 0,7 % en France et à 1,2 % en Italie. Les taux d'inflation les plus élevés sont enregistrés en Estonie et en Slovaquie, à 4,1 %. Parmi les économies plus anciennes et établies, l'Espagne et l'Autriche affichaient respectivement un taux d'inflation de 3,0 % et de 3,9 % en décembre.

Je ne veux pas minimiser l'importance des petits pays, mais je ne serais pas surpris si la faible inflation dans les trois plus grands pays diminuait encore cette année et entraînait ensuite des inquiétudes quant à la déflation au sein de la BCE.

Source : Macrobond

Notre taux d'inflation en décembre s'est établi à 2,8 %, légèrement inférieur aux 2,9 % enregistrés en novembre. Selon l'indice IPCH européen, notre taux d'inflation est passé de 2,6 % en novembre à 2,5 % en décembre. L'inflation dans l'ensemble de la zone euro a reculé de 2,1 % en novembre à 2,0 % en décembre. Notre taux d'inflation demeure donc supérieur à celui de la zone euro, même si l'écart est moins important qu'en 2024 et au premier semestre 2025. Si l'on considère l'ensemble des pays de la zone euro, nous nous situons globalement dans la moyenne. Dans huit pays, l'inflation en décembre est inférieure à la nôtre, et dans onze autres, elle est supérieure.

Source : Macrobond

À ce jour, l'Institut néerlandais de la statistique (CBS) n'a publié que l'« estimation rapide », qui ne fournit que des informations très limitées. La hausse des prix des services a légèrement ralenti : de 4,3 % en novembre à 4,1 % en décembre. Les services représentent environ la moitié du panier de l'inflation. L'énergie (gaz, électricité, carburants et lubrifiants) a un poids beaucoup plus faible, mais a également contribué à freiner l'inflation. En décembre, les prix étaient inférieurs de 0,4 % à ceux de l'année précédente. En novembre, ils avaient augmenté de 0,8 %. La hausse des prix des biens industriels s'est accélérée : de +0,5 % à +0,9 %. En moyenne, les prix ont augmenté de 3,3 % en 2025, soit le même taux qu'en 2024.

La consommation des ménages a progressé de 0,5 % en volume en novembre par rapport à l'année précédente. Ce chiffre, plutôt modeste, représente la plus faible croissance de l'année. En revanche, le chiffre d'affaires du commerce de détail a fortement progressé en novembre : de 3,9 % sur un an, soit l'un des pourcentages les plus élevés de l'année. Précisons qu'il s'agit d'une valeur nominale. En volume, le chiffre d'affaires du commerce de détail a augmenté de 2,6 %. Ce taux est nettement supérieur à la croissance de 0,5 % des dépenses totales de consommation, ce qui soulève la question de l'origine de cet écart. La réponse réside probablement dans les conditions météorologiques. En novembre, les températures ont été en moyenne supérieures de 0,7 degré à la normale. Par conséquent, les ménages ont eu moins besoin de se chauffer, ce qui a pesé sur les dépenses de consommation, mais pas sur le chiffre d'affaires du commerce de détail.

Source: CBS
Source: CBS

La production industrielle aux Pays-Bas a progressé de 0,9 % en novembre par rapport à l'année précédente. Comparée à octobre, elle a toutefois reculé de 0,5 %. De ce fait, l'indice a atteint son niveau le plus bas en quatre mois. Les entrepreneurs industriels se sont montrés moins pessimistes en décembre. L'indice de confiance des entreprises est passé de -1,7 en novembre à -1,1 en décembre, un niveau légèrement supérieur à la moyenne de long terme. Les entrepreneurs étaient particulièrement optimistes quant à leurs prises de commandes.

Source: CBS

Le fait que les entrepreneurs néerlandais se soient montrés plus optimistes quant à leurs carnets de commandes en décembre semble concorder avec la situation en Allemagne. Au cours des trois mois précédant novembre, les industriels allemands ont fait état d'une hausse des prises de commandes. En novembre, le volume a augmenté de 5,6 % par rapport à octobre. Sur un an, cela représente une augmentation de 10,3 %. Ce résultat est très encourageant, même s'il est principalement dû aux commandes de biens volumineux. Ces commandes peuvent être volatiles et avoir un impact significatif sur le chiffre total. Si l'on exclut les commandes de biens tels que les trains, les navires, etc., le chiffre affiche tout de même une hausse de 0,7 % en décembre. Les commandes nationales ont augmenté de 6,5 %, celles provenant des autres pays de l'UE de 8,2 % et celles provenant des pays hors UE de 2,9 %. C'est de bon augure pour l'Allemagne, où les bonnes nouvelles économiques sont rares.

Source : Macrobond

La production industrielle allemande a également progressé en novembre, de 0,8 % par rapport à octobre. Le secteur manufacturier, hors industrie minière et production d'énergie, a même enregistré une hausse de 2,0 %. Destatis, l'institut allemand de la statistique et des statistiques (CBS), indique que cette augmentation de la production a été particulièrement marquée dans le secteur automobile. Le graphique montre que cette hausse de la production ne constitue pas encore une nouvelle tendance haussière, mais que les pertes des mois précédents ont été plus ou moins compensées. Sur un an, la production industrielle a progressé de plus de 1 %. Le graphique révèle également que les secteurs énergivores n'affichent pas encore de performances optimales. Cette situation est très préoccupante, car les cinq secteurs les plus énergivores sont essentiels à l'économie allemande.

Source : Macrobond

Parallèlement, le chômage en Allemagne continue de progresser. En décembre, 2,98 millions de personnes étaient sans emploi, un chiffre supérieur au pic atteint lors de la crise du coronavirus. En pourcentage de la population active, le chômage se maintient à 6,3 % depuis plusieurs mois, contre 5,0 % à la mi-2022. Le chancelier Friedrich Merz a récemment adressé une lettre urgente à tous les membres de sa coalition gouvernementale au Bundestag, les exhortant à agir sans délai. Une telle lettre est justifiée en soi, mais son caractère apparemment nécessaire, alors que l'urgence ne semble pas faire l'unanimité, est extrêmement préoccupant.

Un tableau incertain de la confiance des entreprises américaines
Que devrais-je écrire sur les États-Unis cette semaine ? Le Venezuela, le Groenland… Je m’arrête là. Selon l’indice ISM (Institute for Supply Management), la confiance des entreprises dans le secteur manufacturier a encore diminué en décembre. De 48,2 en novembre, l’indice est tombé à 47,9 en décembre. À l’exception d’une brève période au début de 2025, cet indice est resté longtemps sous la barre des 50. Cela suggère une contraction du secteur. Les chiffres de la production, quant à eux, ne le confirment pas. Ils font état d’une croissance modérée. S&P Global publie mensuellement un indice concurrent, le PMI (Purchasing Managers Index). Celui-ci est nettement supérieur à 50, ce qui indique une forte croissance. Or, l’économie américaine ne connaît pas une croissance aussi soutenue. Je ne comprends pas bien ce qui explique l’écart important entre les deux indices. La réalité semble se situer quelque part entre les deux.

Source : Macrobond

Fermeture
L'inflation dans les trois plus grands pays de la zone euro est inférieure ou égale à l'objectif de la BCE. L'inflation dans l'ensemble de la zone euro s'établissait également à 2,0 % en décembre. En France, elle était de 2,8 % selon l'indice national et de 2,5 % selon l'indice européen des prix à la consommation (IPC). Il est probable que l'inflation dans la zone euro et en France continue de diminuer progressivement.

La croissance de la consommation des ménages a été quelque peu décevante en novembre, à 0,5 % en glissement annuel, mais je soupçonne que ce chiffre a été freiné par des températures supérieures à la normale, ce qui a entraîné une moindre demande de chauffage. Les consommateurs ont toutefois dépensé beaucoup plus dans les magasins.

Notre production industrielle a légèrement progressé en novembre par rapport à l'année précédente, mais est restée inférieure à celle d'octobre. L'industrie allemande connaît une légère reprise. Les commandes augmentent et la production est en hausse. Il n'y a toutefois pas lieu de s'alarmer pour le moment. Nous verrons si cette tendance se confirme.

Hans de Jong

Han de Jong est un ancien économiste en chef chez ABN Amro et maintenant économiste résident chez BNR Nieuwsradio, entre autres. Ses commentaires peuvent également être trouvés sur Crystalcleareconomics.nl

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