Le volume des exportations néerlandaises de marchandises a progressé de 7,1 % en décembre par rapport à l'année précédente. Pour l'ensemble de l'année 2025, une croissance de 3,3 % est attendue, après un recul de 1,8 % en 2024. Selon l'Institut néerlandais de la statistique (CBS), cette forte progression en décembre s'explique principalement par les exportations de machines et de produits pétroliers.
La forte croissance des exportations de produits pétroliers est probablement conjoncturelle, tandis que celle des machines me semble plus structurelle. Cette dernière est due en partie, voire principalement, aux machines liées à l'industrie des semi-conducteurs, notamment celles d'ASML, de BESI et d'ASM.
La vigueur actuelle de la croissance dans ce secteur se reflète également dans les chiffres des exportations taïwanaises. La valeur des exportations taïwanaises en janvier était supérieure de près de 70 % à celle de janvier 2025. Les exportations vers les États-Unis ont même progressé de plus de 150 % par rapport à l'année précédente. Bien que les chiffres des exportations taïwanaises de janvier soient sans doute gonflés par la date tardive du Nouvel An chinois cette année, ils n'en demeurent pas moins impressionnants. Par ailleurs, la croissance de la valeur des importations, à +63,6 % sur un an, n'est pas en reste.
Le volume de la production industrielle de notre pays n'a progressé que de 1,1 % en décembre par rapport à l'année précédente, une hausse modérée comparée aux exportations. On observe des disparités importantes entre les différents secteurs. Le graphique ci-dessous, publié par l'Institut néerlandais de la statistique (CBS), montre que le secteur de la construction mécanique a enregistré une production nettement supérieure à celle de l'année précédente, tandis que le secteur chimique a malheureusement connu une baisse considérable. Cette situation confirme une tendance amorcée en 2022 dans le secteur chimique.
Il existe manifestement une forte corrélation entre la production et les exportations. Tout bien destiné à l'exportation doit d'abord être produit. Les exportations accusent généralement un léger retard par rapport à la production, mais dans le contexte actuel, je pense que la production augmentera au cours de l'année en raison de la forte croissance des exportations.
Moins de faillites
Le nombre de faillites aux Pays-Bas a de nouveau diminué en janvier. On observe 12 % de moins d'entreprises en faillite qu'en janvier de l'année précédente. Même en comparant le nombre d'entreprises, la baisse est manifeste. Les secteurs de l'hôtellerie-restauration, de l'industrie manufacturière, des transports et de l'entreposage ont enregistré le plus grand nombre de faillites, proportionnellement au nombre d'entreprises de ces secteurs. Ce phénomène n'a rien de nouveau, notamment dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, où le nombre d'établissements qui ferment et ouvrent est relativement élevé.
Aux États-Unis, le marché du travail est au cœur des préoccupations. Pour certains membres du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, l'affaiblissement de ce marché, illustré par le ralentissement de la croissance mensuelle de l'emploi, justifie de nouvelles baisses de taux d'intérêt. Le problème réside toutefois dans les nombreuses distorsions qui rendent ces chiffres difficiles à interpréter. La modification brutale des flux migratoires et l'expulsion des immigrants sans papiers ont probablement un impact significatif sur les données du marché du travail. Cela a réduit l'offre de main-d'œuvre, ou, si l'on préfère, la demande d'emplois. Dans ce contexte, la baisse du nombre de nouveaux emplois pourrait ne pas être due à une diminution de la demande de main-d'œuvre, mais plutôt à une diminution de l'offre. Dès lors, le ralentissement de la croissance de l'emploi ne serait pas nécessairement le signe d'une faiblesse économique sous-jacente justifiant une baisse des taux d'intérêt.
Par ailleurs, la fermeture partielle et temporaire des services de l'administration américaine en octobre et novembre de l'année dernière a engendré des difficultés de collecte de données. Cette nouvelle fermeture récente a de nouveau perturbé le processus de collecte et de publication des données. De ce fait, certains économistes estiment que les chiffres pourraient ne pas refléter fidèlement la réalité.
Quoi qu'il en soit, l'emploi total aux États-Unis a progressé de 130 000 postes en janvier. Ce chiffre a largement dépassé les prévisions, même s'il reste relativement modeste par rapport à il y a quelques années.
La déréglementation comme moyen
L'administration Trump se concentre notamment sur la déréglementation et la réduction de la fonction publique. Des idées similaires se font parfois entendre aux Pays-Bas, mais elles ne sont pas mises en œuvre. Le problème pour l'administration Trump est qu'elle n'a d'influence directe que sur le nombre d'employés du gouvernement fédéral. Cela ne représente qu'environ 12 % de l'ensemble des employés du gouvernement américain. Les collectivités locales emploient 65 % de ces fonctionnaires et les États les 23 % restants.
Le graphique ci-dessous montre que l'emploi au sein du gouvernement fédéral a effectivement diminué sous la présidence de Trump. Les deux pics importants observés sur le graphique sont dus aux recensements, que le gouvernement américain réalise tous les dix ans en l'absence d'un registre d'état civil. Des centaines de milliers d'agents temporaires sont employés à cette fin. Le recensement initialement prévu pour 2020 a d'ailleurs été légèrement reporté en raison de la pandémie de coronavirus.
Le dernier graphique montre qu'au niveau global (gouvernement fédéral, États et collectivités locales confondus), le nombre de fonctionnaires a légèrement diminué. Il indique également que près d'un million et demi de fonctionnaires ont perdu leur emploi pendant la pandémie de coronavirus et qu'il a fallu près de quatre ans pour que ce nombre retrouve son niveau d'avant la pandémie.
Fermeture
Contrairement aux prévisions, la croissance de nos exportations de marchandises s'accélère. Ce phénomène n'est pas isolé ; on l'observe ailleurs dans le monde. Les investissements dans l'IA semblent en être la principale cause.
La croissance de notre production industrielle est modérée. Le nombre de faillites dans notre pays est en baisse.
La croissance de l'emploi aux États-Unis a dépassé les prévisions en janvier, mais l'interprétation des chiffres est plus complexe que d'habitude en raison de diverses perturbations. Ce qui est clair, en revanche, c'est que le nombre de fonctionnaires diminue. Comment est-il possible qu'ils y parviennent et pas nous ?
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