Shutterstock

Opinie Jan de Keyser

Capital-investissement : de la suspicion à l'opportunité

22 septembre 2025 - Jan de Keyser

L'horticulture sous serre est actuellement l'un des secteurs les plus innovants et les plus capitalistiques des Pays-Bas. Les nouvelles techniques de culture, la transition énergétique, la numérisation et l'internationalisation rendent les défis plus grands que jamais. Pour de nombreuses entreprises familiales, la même question se pose : comment financer ces investissements colossaux tout en assurant la pérennité de l'activité ?

Le secteur se tourne de plus en plus vers le capital-investissement. Autrefois perçu avec suspicion (« N'est-ce pas une simple question de prendre et de laisser ? »), on réalise aujourd'hui de plus en plus que le capital-investissement peut aussi être un allié précieux.

Le capital-investissement est avant tout synonyme de capital, mais il va bien au-delà. Les investisseurs apportent leur expertise stratégique, leurs réseaux internationaux et leur expertise en gouvernance. Ils encouragent les entreprises à professionnaliser leurs processus, à renforcer leurs positions sur le marché et à développer de nouvelles voies de croissance. Il ne s'agit pas seulement de financement, mais de créer un impact plus large que les entreprises familiales peinent souvent à atteindre seules.

Le besoin d'échelle et d'accélération
Le secteur de l'horticulture sous serre est au cœur de la transition climatique et énergétique. Le capital-investissement peut jouer un rôle moteur. Prenons l'exemple des investissements dans la géothermie, la gestion circulaire de l'eau, l'automatisation de pointe et l'agriculture verticale. Sans partenaires financiers et de gestion solides, la concrétisation de tels projets prendrait souvent des années. De plus, il ne s'agit pas seulement de ressources financières, mais aussi de capacité à s'adapter plus rapidement et à mieux diversifier les risques.

Le capital-investissement ouvre également des perspectives à l'export. L'expansion internationale requiert une taille, une puissance marketing et des canaux de distribution qu'une entreprise familiale peut rarement développer seule. Sur un marché européen de plus en plus concurrentiel, un bon partenaire d'investissement peut faire la différence entre un acteur régional et une référence internationale.

Voorbeelden uit de praktijk
Stoffels Tomaten (Belgique) est un excellent exemple proche de chez nous. En vingt ans, l'entreprise est devenue le plus grand producteur indépendant de tomates de Belgique, avec plus de 200 employés, un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros et des ventes dans quinze pays européens. Pour poursuivre sa croissance et se professionnaliser, elle a délibérément opté pour un partenariat avec des investisseurs privés en 2018. Outre sa solidité financière, son expérience sectorielle, son expertise en fusions-acquisitions et son soutien actif ont été des facteurs déterminants. Comme l'a déclaré son fondateur Paul Stoffels lui-même : « La vision commune qui sous-tend cette décision nous permettra de développer les activités de l'entreprise tout en faisant face aux inévitables processus de consolidation du secteur horticole. »

Cet exemple montre comment le capital-investissement, s’il est correctement intégré, peut agir comme un levier de croissance, d’innovation et de continuité.

Réflexion : partenariat plutôt qu'acquisition
Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque le capital-investissement est un partenariat, et non une acquisition. Les entreprises familiales soucieuses de préserver leurs valeurs et leur vision à long terme trouvent la perle rare auprès d'investisseurs qui privilégient le dialogue, la transparence et la durabilité. Il est crucial d'instaurer une confiance mutuelle : l'entrepreneur conserve un contrôle et une implication suffisants, tandis que l'investisseur peut exploiter sa valeur ajoutée pour pérenniser l'entreprise.

Cependant, cela exige également une ouverture d'esprit de la part de l'entrepreneur. Le capital-investissement impose souvent une orientation stratégique plus précise, un reporting amélioré et une prise de décision plus professionnelle. Pour certaines entreprises familiales, cela peut paraître inconfortable au départ, mais dans bien des cas, c'est précisément cette discipline qui les aide à franchir une nouvelle étape de croissance.

De la suspicion à l'opportunité
Le capital-investissement ne doit pas nécessairement représenter une menace. Au contraire : grâce à une collaboration équilibrée, il peut être le moteur qui allie le savoir-faire et la tradition familiale à des structures de capital modernes et à une expérience internationale.

Le secteur de l'horticulture sous serre est confronté à une décennie de choix fondamentaux : durabilité, transition énergétique, digitalisation et exportations. L'ampleur et la rapidité requises rendent souvent les méthodes de financement traditionnelles insuffisantes. Le capital-investissement peut jouer un rôle qui va au-delà des apports financiers : il sert de catalyseur, de partenaire d'entraînement et, dans bien des cas, de levier pour renforcer les entreprises familiales.

C’est précisément cette combinaison de tradition et d’innovation, d’enracinement local et d’ambition internationale, qui permet à l’horticulture sous serre d’affronter l’avenir avec confiance.

Jan de Keyser

Il est directeur Agri & Food de BNP Paribas Fortis en Belgique. Dans ses opinions, il réfléchit aux évolutions stratégiques du secteur agricole.

Appelez notre service client 0320 - 269 528

ou par courrier à soutienboerenbusiness. Nl

tu veux nous suivre ?

Recevez notre Newsletter gratuite

Des informations actuelles sur le marché dans votre boîte de réception chaque jour

login